Alors que je m’apprêtais à poster l’article suivant sur le thème du non, cette fois du point de vue du parent, voilà que je tombe sur un article sur dire Oui. Je n’ai pas hésité! Par ce beau dimanche, dire OUI est bien plus réjouissant.

L’article est un témoignage touchant et magnifique, d’une Maman qui a accédé à la demande de sa petite fille de 6 ans. Ce qu’elle retire de cette expérience, sublime toute théorie! Alors bonne lecture et bon dimanche!

Megan Conley et sa fille

Megan Conley et sa fille

La petite fille, qui venait de passer l’après-midi chez sa GrandMère dit à sa mère:

« Maman j’ai eu une super idée.  Je regardais Disney Junior et j’ai vu des enfants qui racontaient avoir eu un “Yes Day”; C’est une journée où les parents disent “OUI” à tout ce que les enfants demandent. Nous? on pourrait faire ça aussi ? »

La première réaction de la Maman fut: “voilà  pourquoi on a pas le câble!!”

Sa deuxième pensée fût : « et finalement pourquoi pas? « 

La Maman a écrit son récit après son premier « JOUR OUI »

« On a décidé que sa demande devait inclure sa petite soeur qui ne comprend pas encore le concept mais qui pourrait aussi bien profiter de l’aventure. On a organisé cela en posant 4 règles:

  1. pas de voyage plus loin que à 1 heure de la ville,
  2. pas de teinture de cheveux,
  3. pas d’achat de plus de 25$ et
  4. rien qui puisse nous blesser ou quiconque.

Finalement nous avons fixé une date pour la grande expérience.

Bon, dit-elle,

« j’aurais dû prévoir une semaine de régime vitaminé intensif avant cette journée, car j’avais oublié que les idées folles et loufoques des enfants dépassent tout ce qu’on peut imaginer et terme de dépense d’énergie physique!« 

A part une grosse grosse fatigue, voilà les 5 choses principales ce que cette maman a retenu de cette expérience:

1.Mes enfants ne sont pas des petits monstres 

Ca a l’air un peu dramatique, mais parfois c’est comme cela que je le ressens. Et pourtant j’ai de bons enfants. Des enfants faciles. Qui s’occupent beaucoup par eux-mêmes et qui me remercient pour le repas.

Malgré tout parfois je me ressens comme : « Eux contre Moi. » Se battre pour les devoirs, laver les mains, garder l’ordre que j’ai passé 2 heures à mettre, milles excuses pour prolonger le moment du dodo etc..

Mon droit de dire non est alors mon moyen le plus sûr de garder le contrôle sur mon domaine et de ne pas me faire envahir par la horde. Oui bon… 2 enfants! vous me direz!  c’est pas une horde mais des fois oui! ils ressemblent à une horde; quand la petite de 3 ans ne fait pas sieste et que ma grande de 6 ans fait une crise d’hypoglycémie et que tout devient chaotique, ils m’apparaissent comme une horde!!

Etonnement j’ai abordé ce JOUR OUI assez relaxe. Parce que nous étions à égal, dans le même bateau. J’étais supposée les suivre plutôt que les chaperonner. C’était extraordinaire.

De notre concours de beignets (1ère demande) et la location d’un film (dernière activité) j’ai dû me rappeler que nous étions autant « alliés », que « mère et enfants ».  Il y a la place pour ces 2 positions même si parfois les 2 ne peuvent pas co-exister.

2. Ce que nos enfants veulent vraiment est le plus souvent totalement adorable.

Certaines demandes ne m’ont pas surprise: course de beignets, l’école buissonnière, ou encore manger au fastfood.

Elles ont formulé des demandes tout simplement adorables: descendre la rivière sur un canoë pour aller voir les derniers morceaux de neige qu’on voit au loin, le bonbon favori pour sa petite soeur, ou encore un costume de super héros fait tout en papier.

Ce qui m’a le plus surprise c’est tout ce qu’elle ne m’a pas demandé: des jouets, des trucs pour elle… en fait tout ce qu’elle voulait c’était faire des expériences et si possible dans lesquelles sa soeur et moi étions impliquées.

Elle a passé sa journée à nourrir son coeur, pas sa boîte à jouets.

J’ai dû me poser la question… à quand remonte la dernière fois que j’ai consacré une journée à nourrir mon coeur à la place de mon FB, Instagram ou mon désir d’avoir une maison propre, ou encore ma boîte déjà archi pleine de : tu devrais- t’aurais dû-t’aurais pu….??

3. Tu n’as pas besoin de toujours dire “non”. Tu sais dire “non”

Mon adorable fillette, a mémorisé sans aucun problème mes 4 dérisoires règles et a su les déjouer pour accéder à quelques demandes qui ne les respectaient pas.

La meilleure a été celle là:

« Maman, est-ce qu’on peut faire des dessins de Super Héros au marqueur sur le mur de notre chambre pour décorer. » 

Grand moment de solitude pour la Maman: » je ne voulais pas rompre le contrat par un … EXCLU! je ne pouvais pas faire cela! Je ne voulais pas non plus devoir regarder ce beau mur blanc fraîchement repeint tout bariolé de 32 Super Héros comme ma grande aime les faire, ornementés par les super  gribouillis de la petite…Ca, non, je ne pouvais pas non plus! »

Donc nous avons opté pour la discussion: comment faire?

Nous sommes tombées d’accord sur le fait que ce serait une décision semi-permanente, que elle-même n’aimerait peut-être plus dans quelques semaines voir tous ces dessins de Super Héros sur le mur. Par contre que c’était très intéressant qu’elle pense à décorer sa chambre par ses propres oeuvres. Finalement c’est elle qui a trouvé la solution: elle a décidé de prendre des grandes feuilles, de les coller au mur et de dessiner dessus. « Comme cela Maman, ça laisse le mur blanc et moi je pourrai changer la décoration quand ça me plaît plus. » 

Et la Maman de réfléchir en son fort intérieur, consciente de l’apprentissage que sa fille venait de faire: j’espère vraiment qu’elle se souvienne de notre conversation sur « l’impossibilité de dessiner ses super Héros contre le mur », et que cela la motivera sur sa route, quand les choses lui paraîtront impossibles. Et à moi de me souvenir qu’elle n’a pas toujours besoin que je lui dise non.

« Elle a juste besoin que je lui explique le contexte de mon raisonnement, et la stimuler à la réflexion jusqu’à ce que la solution vienne-t-à elle. »

Nous sommes devenues partenaires pour un moment et nos potentiels ensemble ont été tellement plus forts que mon potentiel tout seul. Celui de dire non et de me faire respecter. 

4. Dire oui a sa propre part de négation.  Autrement dit dans mon « oui » il y a mon « non ». 

« Dire oui n’a pas été l’acte d’indulgence suprême, l’acceptation du chaos comme je pensais que ce serait. » 

En la voyant décider ce qu’elle allait demander, je me rendais compte qu’elle décidait aussi de ce qu’elle allait lâcher. En prévision de ce JOUR OUI, elle a eu à choisir entre ce qui lui faisait envie, et ce qui était vraiment important pour elle; elle a fait ses choix dans le cadre posé pour ces OUI, afin d’en profiter pleinement.

C’est une option que je lui refusais avec tous mes NON, l’empêchant également d’apprendre à  mieux se connaître. C’était fascinant et réconfortant à la fois de voir les désirs qui ont été choisis. Elle a voulu faire compter chaque OUI à sa pleine valeur; ainsi elle a formulé ses demandes avec le plus grand soin.

C’est une grande leçon pour moi aussi. Presque tout dans notre vie de femme: du souci de notre apparence à la façon dont nous utilisons notre temps, en passant par la nourriture que nous mangeons ou encore les habits que nous portons, ou ce que nous disons… tout est motivé par le mot “non”.

« Nous nous concentrons tout le temps sur ce que nous voulons éviter au lieu de nous concentrer sur ce que nous voulons adopter. Lorsque vos bras sont pleins de chaleureux “oui” il n’y a plus de plus place pour les « non » auto-destructeurs. » 

5. Dire oui peut révéler une compréhension de notre valeur personnelle. 

Alors y a -t-il  un temps, une place pour dire non ? Oui, bien sûre il y en a! Presque chaque heure de chaque jour renferme une raison légitime de donner une réponse négative. Il est important d’enseigner à nos enfants ( et à nous-mêmes!!) que si le bon “oui” nous fait avancer les “mauvais oui” nous font reculer. Cela étant dit, confie encore la Maman, je commence enfin à comprendre la puissance du oui. J’ai vu ses effets sur ma fille: cela l’a fait grandir en autonomie de manière spectaculaire. Et pour nos enfants c’est magnifique de se savoir digne de notre OUI.

C’est de manière générale magnifique de se savoir digne d’un oui maintenant et plus tard encore.Nous devrions tous le faire plus souvent car, vous savez, nous le méritons tous. 

La journée c’est très bien terminée: l’heure du bain, de l’histoire et le moment de la prière du soir, puis…. alors que je la serrais dans un bisou-bonne nuit….cette dernière demande glissée à mon oreille:

« Maman, on peut refaire un JOUR OUI très bientôt? » 

Oui! Oui on peut. Oui nous le referons!

Lire l’original en anglais.

Traduit par MHM de Family Coach&Pro