L’ultime leçon que nous devons tous apprendre est l’amour inconditionnel, ce qui inclut non seulement les autres aussi  nous-mêmes. E. Kubler-Ross.

aimerenfant

J’ai choisi cette citation pour aujourd’hui car, je trouve intéressant et très important de noter que l’Amour inconditionnel s’apprend et surtout qu’il commence par soi-même.

Il est attendu de tout parent d’aimer inconditionnellement ses enfants. Et pourtant combien d’entre nous, s’en sentent vraiment capables?

Combien d’entre-nous se sent réellement aimé inconditionnellement ?

Peut-on réellement donner ce que l’on a pas reçu?

J’ai entendu beaucoup de parents me dirent: j’essaye mais je dois dire franchement que c’est difficile. 

« J’aime tellement ce petit et je sais je ne devrais pas penser cela mais des fois… je le déteste. »  

A l’heure de la bienveillance et de la lutte contre la violence éducative ordinaire  (VEO), je rencontre beaucoup de parents en difficulté, plus coupables que jamais, ne pas se sentir capables d’être 24H/24H bienveillants, patients, inlassablement plein de compassion. 

Certains d’entre eux de me dire:  « moi j’abandonne, je n’ai pas été élevé comme cela et je ne sais pas parler comme cela, je n’y arrive pas. »  Je ressens une souffrance dans de telles paroles, un profond sentiment de culpabilité et pourtant il n’y a aucune raison de se sentir coupable, car en effet, c’est très difficile d’aimer toujours et de façon inconditionnelle.

Faut-il alors abandonner l’idée de devenir des parents aimant inconditionnellement ? Non! Au contraire. 

L’amour et la compassion passent par sa propre capacité à gérer ses propres colères et frustrations. Cependant la gestion de ses émotions s’apprend. Et tout le monde a la capacité d’apprendre de nouvelles choses, de nouveaux comportements. Donc aimer mieux, les autres, ses enfants, ça s’apprend. Faut-il peut-être commencer par soi-même.

Des études montrent qu’il est toujours possible de grandir émotionnellement. Quel meilleur moteur que la parentalité pour apprendre de nouvelles façons d’aimer?

Les parents sont plus prêts à faire des sacrifices et à travailler dur  pour le bien-être de leurs enfants que pour leur propre bien-être. Et si le bien-être de nos enfants passait justement par notre façon de « s’aimer soi-même »?

Dur labeur? Certes! Mais bonne nouvelle: c’est possible et c’est à la portée de tout le monde.

Aujourd’hui j’ai envie de dire: prenons la résolution de nous aimer mieux, plus et si possible, inconditionnellement. 

En 6 points.

1. Soyez bienveillants avec vous. Pardonnez-vous de ne pas être parfaits. Je lis si souvent dans les forums: je n’ai pas été bienveillant(e), je suis désolé(e), je sais que c’est pas bien, mais là, j’ai laissé tombé ma bienveillance; oh je sais, vous me direz que c’est pas bien, aidez-moi, help!…. Le fait est que le parent parfait n’existe pas et heureusement ! Car nous apprenons de nos erreurs, et nos enfants apprendront de notre capacité à accepter nos erreurs et à les réparer. Donc des erreurs, nous avons faites, nous en faisons et nous en ferons encore. Le but dans la parentalité n’est pas la perfection, mais l’Amour. Aussi longtemps que vous saurez vous pardonner, vous saurez trouver des solutions pour faire différemment. Cela consolidera votre relation avec votre enfant ainsi que sa résilience. Présenter ses excuses à son enfant quand on agit injustement est parfait et je dirais, indispensable. L’enfant pardonnera toujours à son parent honnêtement désolé. Le pardon le plus important reste celui que vous-vous donnez.

Commençons donc par changer notre façon de nous parler à nous mêmes; chaque fois que vous- vous surprenez à vous auto-critiquer, rappeler vous que votre but n’est pas la perfection mais l’amour et l’acceptation. L’amour et la compassion pour  vous- mêmes, et l’amour des autres. 

2. Exercez-vous. L’amour inconditionnel est comme un muscle, il a besoin d’exercice journalier. Les couples mariés s’en souviennent… « je t’aimerai dans les bons comme dans les mauvais jours. » Cela paraît si évident les premiers temps, puis nettement moins dans la durée.

La compassion, c’est  le plus gros challenge de la vie. A ce titre, la compassion nécessite une pratique journalière. Dr Laura Markham

J’entends beaucoup de parents me dire comment ils s’efforcent d’être compréhensifs et plein de compassion avec leur enfant, puis de rajouter: « j’essaye mais je ne suis assez nul, ou je fais encore beaucoup trop d’erreur. »

En quoi votre coeur est différent de tous les autres pour ne pas mériter votre propre compassion?

Prenez l’engagement de traiter les personnes qui vous entourent comme vous-mêmes avec compassion.

Comment? Chaque fois que vous faites face à une parole trop dure, un comportement “violent-ordinaire”, une attitude agressive, arrêtez-vous 3 secondes et rappelez vous quelque chose de positif sur cette personne. Ce sera relativement aisé avec vos proches, pas trop compliqué avec vos amis, plus ardu avec vos collègues, et carrément difficile avec les parents rencontrés dans le préau. Je lis très souvent dans les forums, des paroles de colère, parfois véhémentes à l’encontre des parents moins bienveillants ou qu’on hésite pas à catégoriser de “pro VEO”. Chaque fois que l’on fait cela, on perd en crédibilité sur sa propre bienveillance.

Et avec vous? Comment cela sera-t-il? Exemple: je sais que je suis très fatigué aujourd’hui et que cette fatigue me rend plus vulnérable face aux cris des enfants. C’est ok et normal d’être fatigué; j’ai le droit de baisser ma limite de tolérance et de demander aux enfants de parler moins fort, ou d’arrêter de courir partout. Je suis plutôt tolérant car je sais que les enfants ont besoin de se défouler,  mais ce soir je dois admettre que j’ai besoin de calme et c’est ok. 

3. Prenez soin de vous et de votre réserve d’énergie. On le sait bien, et les Mamans souvent encore plus: notre état d’esprit déborde sur nos enfants. En pleine forme, joyeuse et motivée et toute la maisonnée va super bien. La réalité est que nous vivons tous des stress permanents et intenses: travail, déplacements, activités des enfants, attentes scolaires, tâches parentales, tâches ménagères, vie de couple… tout autant de domaines d’activités dans lesquels il est attendu de chacun de nous d’être “au top”! Du moins c’est ce que nous pensons et pour cela nous sommes prêts à nous détruire en étant constamment stressés et sous pression.

Quelle est notre capacité individuelle à prendre soin de nous-mêmes et à rester centré sur l’essentiel? Pourquoi est-ce important?

  • Premièrement parce que nous le méritons TOUS et la vie est trop courte pour en passer les ⅔ sous pression.
  • Deuxièmement parce que cela nous permet d’être mieux disposés à être des parents patients, heureux, encourageants, motivants, bienveillants et cela, nos enfants le méritent.

En fin de compte, nous sommes tous responsables de notre état d’esprit et de la place que nous laissons à ce qui nous est toxique.

Prendre soin de soi,  c’est aussi poser des limites claires sur ce que nous acceptons de supporter. Prendre soin de soi c’est chaque jour se souvenir de ce qui est important pour nous-mêmes et notre famille et de préserver nos forces pour atteindre ces objectifs là. 

4. Guérissez-vous de votre propre enfance. C’est un gros chapitre et je ne voudrais pas ici, banaliser ou faire de la psychologie du dimanche. Nous le savons tous; beaucoup de nos réactions vis-à-vis de nos enfants, viennent de constructions que notre psychisme à créé durant notre enfance. Il est important de  se donner les moyens de guérir nos blessures si nous voulons avoir un coeur totalement libéré. Nous avons reçu des tonnes de messages dans notre enfance, et certains de manière tellement récurrente qu’on en a fait nos croyances et nos caractéristiques: tu es colérique, tu es impatient, tu es peu ambitieux, tu es vraiment un flemmard, trop égoïste, trop exigent, pas studieux, pas scolaire, etc… Alors à chaque fois que nous voyons ou ressentons ces mêmes caractéristiques chez nos enfants, nous réagissons: j’ai été traité de fainéant toute ma vie, tu ne vas pas toi aussi être un fainéant: c’est mauvais d’être un fainéant! Et sans vous en rendre compte vous allez vouloir corriger le comportement de votre enfant, mais avec toute la colère et la frustration que vous ressentiez enfant ou adolescent face aux remarques de vos parents.

Marshall Rosenberg, Maître de la communication non violente est très clair à ce sujet et déclare:

tout comportement violent est le résultat de gens qui se trompent eux-mêmes,  croyant que leur peine vient d’autres personnes et que ces personnes méritent d’être punies. M. Rosenberg

Donc lorsque nous sentons mal face aux comportements de nos enfants, ils nous arrive de penser qu’ils méritent d’être punis pour le mal qu’ils nous occasionnent. Et pourtant cette peine vient d’ailleurs.

Aussi bien intentionnés étaient-ils, nos parents eux-mêmes, n’ont certainement pas appris à

laisser et répéter le seul message qui soutienne l’être humain la vie entière: tu es tellement aimé, adoré, dans tout ce que tu es, comme tu es.

Si nous voulons cesser de souffrir et donc de réagir à ces messages négatifs ancrés dans nos têtes et dans nos coeurs,

il est important de se donner les moyens de guérir, de faire le point sur notre réelle nature et la beauté de celle-ci;  on peut le faire en faisant une nouvelle photo de nous-même, en listant nos qualités afin de se les rappeler tous les jours, tout en acceptant nos points moins brillants. 

Alors ces “déclencheurs” s’en iront comme par enchantement et vous pourrez à votre tour regarder et accepter vos enfants tels qu’ils sont vraiment, sans peur, sans colère, ni ressentiment.

Je le dis souvent aux adolescents: « si vous n’êtes pas responsables de la manière de vos parents  vous ont traités, ou des messages qu’ils vous ont laissés, ni de l’enfance que vous venez de traverser,  vous êtes dès aujourd’hui, alors que vous êtes devenus conscients, responsables de ce que vous allez en faire. »

Notre enfance de doit pas forcément déterminer notre niveau de bonheur dans la vie.

5. Soignez votre vie de couple et prenant du temps à 2.

Combien de couples de parents sont à la limites de l’explosion et pensent ne plus s’aimer à cause des problèmes liés à l’éducation des enfants?

En êtes-vous?

Prenez soin de votre équipe, soignez-la en lui accordant des temps de détente, des moments sans les enfants, durant lesquels vous vous remémorez vos plus beaux souvenirs, et vos désirs de créer une famille. Laissez ces sensations remonter à la surface et revivez-les.

Puis chacun votre tour, énumérez à l’autre ses qualités en tant qu’homme ou femme, et ses qualités en tant que père ou mère. Recevez pleinement ces compliments, notez les, et chaque fois que vous vous sentez moins bons, ou que vous avez l’impression que l’autre vous fait sentir moins bon, relisez les. Partagez les. Dans le calme. Pas dans la tourmente.

А happy couple in love with painted smiley and hugging

Nos qualités sont toujours vraies. Parfois elles sont cachées par les peurs, les colères ou les frustrations. Mais nous sommes à vie, ce que nous sommes de positifs.

6. Acceptez-vous inconditionnellement tel que vous êtes. 

Pour cela il est important de se regarder avec franchise et sans peur.

Vous êtes, votre personnalité, vos points forts comme vos points vulnérables. C’est l’ensemble de toutes vos caractéristiques qui font de vous un être unique et un parent à nul autre pareil.

Le mieux on accepte ce que l’on est, le mieux on peut accepter ce que l’autre est. Donc le mieux nous pourrons accepter nos enfants tels qu’ils sont, inconditionnellement, dans ce qu’ils nous ressemblent comme dans ce qu’ils nous sont totalement différents. 

En cette St Valentin, je souhaite à tous de pouvoir prendre l’engament de

  • laisser tomber la liste des choses parfaites à faire pour être un parent parfait
  • lister tous les aspects positifs de notre personnalité et de se les répéter chaque jour
  • lister 1 point positif (au moins) de la personne, à chaque fois que l’on fait face à un comportement négatif de quelqu’un d’autre ou de soi-même
  • lister les messages négatifs de notre enfance et les remplacer par des messages encourageants liés à nos qualités
  • prendre soin de notre niveau d’énergie positive en refusant un tant soit peu, le stress inutile
  • dire ET demander à son conjoint(e) les qualités qu’il, elle perçoit chez nous, et celles que vous percevez chez l’autre, de les lister et de ne plus les oublier.
  • chaque jour , avant de s’endormir, se pardonner pour les choses “ratées” et considérer avec joie et reconnaissance les choses que vous avez « réussies », les actes d’amour que vous avez donné à vos enfants.

L’EQUILIBRE FAMILIAL EST A LA PORTEE DE TOUS