Etre le réflecteur

Nous possédons tous notre part de lumière et notre part d’ombre, notre potentiellement bon et notre potentiellement moins bon. Malheureusement, beaucoup n’ont pas réalisé ou que trop peu, leur bon potentiel parce que personne ne leur a révélé leur part de lumière lorsqu’ils en auraient eu besoin.

Ils n’ont pas eu la chance de rencontrer leur réflecteur. 

Un ami est quelqu’un qui connaît le chant de ton coeur et te le chante lorsque tu en as momentanément oublié les paroles.

Auteur tibétain 

J’ai trouvé cette parole sublime; en y réfléchissant j’ai pensé qu’elle s’appliquait merveilleusement bien à l’éducation, tout particulièrement aux parents.

Qui d’entre vous a pu rencontrer cette personne qui a su, dans un de vos moments sombres, où rien ne vous semblait positif, ou possible,  voir la lumière en vous, le meilleur de vous et vous le refléter, vous sauvant ainsi d’une déprime encore plus profonde? Qui a eu la chance d’avoir à ses côtés, cette personne  qui vous a aidé à voir votre propre beauté et rallumer votre lumière intérieure, quoique vous ayez fait ou dit?

Personnellement j’ai eu cette chance là, et plus d’une fois, car l’ombre m’a envahie bien des fois avant que je puisse ressentir le bien-fait et l’utilité d’avoir ma lumière intérieure toujours allumée, pour éclairer mon propre chemin de vie.

Nous avons tous besoin d’une telle personne- quelqu’un qui nous reflète ce que nous sommes de bon et de bien afin que  nous puissions le voir à notre tour.

Chaque parent peut et se doit, d’être cette personne pour ses enfants; un réflecteur; un réflecteur de lumière; LE réflecteur de la lumière intérieure de son enfant, de ses enfants.

Il est important et inestimable pour eux, que nous puissions toujours savoir voir leur lumière intérieure, leurs forces, leurs compétences, l’infiniment bon qui les habite, et le leur montrer, chaque jour et particulièrement lorsqu’ils traversent des moments plus sombres, ou qu’ils ont des comportements moins brillants.

Chaque fois que nous leur montrons leur propre lumière, ils sont capables de trouver leur propre chemin. Rachel Macy Stafford, auteure américaine à succès, auteure du blog « Hands Free Mama », parle magnifiquement bien de cela en disant : « gardons des mains protectrices autour de leur lumière intérieure »

Pourquoi cette phrase a retenu toute mon attention?

Parce que souvent, malgré toute notre bonne volonté, nous restons souvent fixés sur les points négatifs.

Nous sommes très souvent focalisés sur ce que nous souhaiterions voir changer dans l’attitude de nos enfants plutôt que sur ce que nous souhaiterions voir grandir en eux.

C’est un état d’esprit, c’est comme cela que nous sommes éduqués à considérer le monde.

Se focaliser sur les aspects positifs de la nature de l’enfant, c’est décider de regarder les choses sous un autre angle, au travers d’une autre focale;  

c’est croire que, en cultivant les aspects positifs de notre personnalité, nous sommes automatiquement amenés à abandonner les aspects plus négatifs de notre personnalité. 

En pratique cela signifie “simplement” de changer la façon d’interpeller l’enfant sur ses comportements:

Exemples 

 » j’en ai marre de ton attitude ce soir; tu n’as pas arrêté de râler depuis que tu es rentré de l’école » reflet de l’attitude négative.

« tu es d’habitude drôle et positif; quelque chose a dû vraiment te frustrer cet après-midi à l’école; tu veux m’en parler? Je peux faire quelque chose pour toi? » reflet d’une attitude positive.

« je ne peux pas croire que tu aies pareillement dégringolé tes notes en math ce trimestre; t’as certainement pas été appliqué! » reflet d’un résultat et comportement négatifs

« tu t’es prouvé plus d’une fois que tu es capable d’être un élève appliqué qui obtient de bons résultats; je suis un peu surpris de ce carnet; tu peux me l’expliquer? » Reflet d’une attitude ou aptitude positive.

Cette pratique est difficile j’en conviens;

elle demande une volonté parentale de mettre de côté la frustration engendrée par le comportement et se concentrer sur l’efficacité des propos tenus à l’enfant.

Autrement dit: « ok ça m’énerve, je suis déçu(e) de la situation cependant: qu’est-ce que je pourrais dire pour qu’il, elle soit motivé à modifier le comportement ». Autrement dit encore: « comment pourrais-je mobiliser ses points forts pour qu’il, elle dépasse son moment difficile ». 

Pensons toujours à nous-mêmes pour mieux ressentir cela:

Exemple

Vous êtes en retard sur la rédaction des rapports semestriels au travail, ou vous avez oublié une commande importante; à juste titre votre patron réagit.

« j’ai vu que vous n’avez pas encore fini ces rapports. Vous faites quoi?  faudrait voir pour vous accélérer un peu parce qu’on ne peut pas se permettre de faire attendre le client. » Reflet négatif

“d’habitude vous qui êtes si ponctuel avec les délais et précis dans votre travail, je suis surpris que votre retard; est-ce que tout va bien? Dites-moi si vous avez besoin de quelque chose, car nous avons besoin de les avoir aujourd’hui encore ». Reflet positif

Si l’impact des mots est important sur vous, imaginez ce que cela peut être sur le mental de votre enfant.

Le but ici est de mettre le focus, la lumière sur leurs compétences, leur points positifs, les points forts de leur personnalité, même lorsque les comportements négatifs momentanés sont les plus évidents

C’est comme chasser un nuage qui serait devant le soleil; en faisant cela, vous les aidez à les ramener à ce qu’ils sont de bons, à en garder la conscience et la confiance. Cela ne change en rien votre frustration du moment; cela change en tout, le résultat sur le comportement immédiat de votre enfant, qui va pouvoir ajuster son comportement plutôt que réagir encore plus fort; et

sur le long terme, cela forge en lui la conviction que même quand il, elle n’est pas au top, au fond de lui, il, elle possède les qualités nécessaires pour sortir d’un mauvais moment ou corriger une erreur. 

En continuant inconditionnellement de croire en leur compétences et leur beauté intérieure (quoiqu’ils fassent), les parents aident les enfants à croire en eux, en leurs compétences, en leur bonté et beauté intérieures.

Certains me diront: « et comment vont-ils faire  lorsqu’ils seront face à la réalité du monde du travail? ou dans leur vie d’adulte? le monde ne les prend pas par la main ou les sentiments pour les guider ».

Vrai! Cependant,

en étant des réflecteurs de leurs points positifs, nous les entraînons à les percevoir et à les développer. Lorsqu’ils seront alors confrontés à un patron un peu rude, ils sauront se rappeler: « il a raison, j’ai pas été terrible sur ce coup là, mais je sais que sais faire mieux; c’est ce que Papa me répétait sans cesse »: toi qui cherches en principe à faire de ton mieux, …. toi qui d’habitude es un joueur fairplay… je sais comme tu aimes donner satisfaction…. toi qui es si souriant… toi qui est si compatissant etc etc…

Cette façon de recadrer par la positive, peut être utilisé pour beaucoup de traits de caractère jugés négatifs. 

Ainsi un enfant têtu peut être vu comme un enfant déterminé. Un enfant qui aurait tendance à diriger les autres, peut être vu comme un leader. Un enfant hyper sensible peut être perçu comme possédant une grande force intérieure.

“je t’ai observé à l’entraînement; tu sais comment faire courir ton équipe. T’es un vrai leader. Tu es sûr qu’ils ont toujours envie de faire ce que tu dis? un bon leader s’assure toujours que tout le monde est partant avec les idées proposées tu sais ».  au lieu de, “t’as de nouveau commandé tout le monde dans l’équipe! Faut écouter aussi un peu, pas seulement faire le chef ».

“je suis impressionnée de voir comme tu es déterminé à faire les choses de cette manière; si tu veux mon aide, je te montrerai comment moi je ferais”  au lieu de,  “qu’est- ce que tu peux être borné; va, fais ce que tu veux, tu ne viendras pas te plaindre si ça marche pas”.

“tu es très doué pour ressentir ce qui se passe je sais; peux-tu me dire ce que tu ressens?; que pourrait-on faire pour que tu puisses quand même garder ta joie (un enfant qui serait facilement blessé ou touché par son environnement) au lieu de, “mais pourquoi tu pleures? tu ne vas pas pleurer pour cela, c’est rien. T’es trop sensible. »

Rien de nouveau ici, encore et encore tout est question de langage et d’intentions.

Le plus nous utilisons de mots affirmatifs, positifs et constructifs, le mieux les enfants se sentent confiants et valeureux.

Les enfants se perçoivent et se jugent premièrement au travers du regard de leurs parents. Soyons donc sûrs que ce que nous reflétons sur eux est ce qu’ils ont de bon en eux.

Garantissons-leurs que, ce que nous voyons d’abord en eux, et inconditionnellement est le meilleur d’eux-mêmes. Rappelons-leurs leurs forces lorsqu’ils sont faibles, rappelons-leur bonté quand ils se sentent mal, ou se déprécient.

Soyons, nous adultes, des réflecteurs positifs pour nos enfants; que nous soyons parents, enseignants, éducateurs, ou quelconque professionnels en charge d’enfants.

N’hésitez pas à laisser vos commentaires.

L’EQUILIBRE FAMILIAL EST A LA PORTEE DE TOUS

MHM

Comment devenir les réflecteurs de la lumière intérieure de nos enfants

par | 25 Mai, 2016 | blog | 0 commentaires

Accompagnant une de mes cliente et ses enfants dans une activité récréative, j’écoutais d’une oreille d’autres parents parler à leurs enfants. Bien que ce ne soit pas la première fois que j’entende cela, j’ai été surprise de la façon dont beaucoup s’adressent aux enfants: « viens ici, fais pas-ci, fais pas-ça, arrête, bouge pas, lève-toi, prends pas-ça, non pas maintenant, arrête ça! »

En toute bonne foi et même sans crier. Mais pourquoi utilisons-nous si souvent des phrases d’injonction pour parler à nos enfants.

C’est comme si la longueur des phrases dépendait de la hauteur de la personne. Plus on est petit, plus les phrases qui nous sont adressées sont courtes.

A qui d’entre nous, viendrait l’idée de parler comme cela à son collègue par exemple, ou à un ami?

Pourquoi à mon voisin je dis: « pouvez-vous me tenir la porte svpl » et à mon fils je dis: « tiens la porte stpl?! »

Bien sûr lorsque l’enfant est dans un mauvais jour ou qu’il ne semble rien entendre de ce que nous lui disons ou attendons de lui, il est très probable que nous passions de la formule gentille douce et  patiente à la formule autoritaire et directive.

Nous sommes nous déjà demandé combien de phrases d’ordre un enfant pouvait recevoir par jour.

Je vais  maintenant spontanément écrire celles qui me viennent à l’esprit pendant 30s:

  • Réveille-toi
  • Dépêche-toi
  • Habille-toi
  • Mange
  • Oublie pas ton carnet
  • Mets tes chaussures
  • Parle moins fort
  • Mettez-vous en rang
  • Ouvrez vos livres à la page
  • Taisez-vous
  • Criez pas
  • Va me chercher un stylo
  • Ne courez pas
  • Va corriger ton exercice
  • Dis bonjour
  • Sois sage
  • Recommence
  • Echauffez-vous
  • Mets pas les coudes sur la table
  • Mange proprement
  • Réponds moi autrement
  • Met ton bol dans le lave-vaisselle
  • Va faire tes devoirs
  • Baisse le son de la télé
  • Range ta chambre
  • Va te brosser les dents
  • Dors maintenant

……………………………………………………………..En 30 secondes

Ramenons tout cela à quelque chose de fondamental: l’échange, la communication. C’est à dire ce que nous disons, et comment nous le disons.

Les scientifiques l’ont démontré maintenant: le cerveau développe des compétences en fonction des stimulations qu’il reçoit.

Les mots, les paroles reçues, les réponses à nos actes que nous recevons sont tout autant de stimulations qui vont impacter sur le développement du cerveau  et donc impacter sur la faculté de l’enfant à développer ses facultés d’apprentissage, à développer la gestion de ses émotions, à développer ses compétences relationnelles et sociales.

Sans être un neuro psychologue averti, on peut facilement imaginer que, un cerveau qui ne reçoit que des ordres, perd progressivement ses capacités à faire ses propres choix, c’est-à-dire à analyser la situation et y trouver un comportement adéquat.

Nous comprenons donc aisément que parler aux enfants principalement sous forme d’ordres n’est pas une façon idéale pour eux d’apprendre à adapter leurs comportements aux situations, d’apprendre à faire des choix ou encore à développer ses façons d’être en relation avec les autres.

Nos mots produisent des  effets et donc des réactions sur l’enfant qui sont très importants; les ordres ont la particularité de stresser la personne qui les reçoit, de la mettre en situation d’alerte: « aïe il est attendu de moi de faire quelque chose impérativement« .

Même si nous ne le faisons pas systématiquement, il se trouve que bien souvent, l’ordre accompagne une menace: « range ta chambre sinon… dépêche-toi sinon…. Faîtes signer vos carnets! Ceux qui oublient….. etc.

L’ordre couplé de la menace décuple le stress. Même si en apparence l’enfant ne semble pas stressé ou que nous n’avons pas le sentiment de le stresser (car c’est nous qui le sommes à ce moment! ). Les spécialistes du développement cognitif démontrent clairement que le stress bloque les capacités d’apprentissage.

S’adresser ou présenter des demandes  à l’enfant que sous forme d’ordres, l’empêche à la longue

  1. d’intégrer les demandes, ce qui oblige l’adulte à répéter des millions de fois la même chose,
  2. de comprendre le sens et les raisons des demandes
  3. d’ apprendre à faire les choses de façon autonome.

Nous comprenons donc aisément que la formulation des phrases que nous utilisons pour s’adresser à nos enfants est primordiale pour son développement et ses capacités à devenir responsable et autonome.

Si cela est vrai à tout âge, cela est primordial pour les tous petits, qui forment leur cerveau tout frais avec de nouvelles connexions chaque jour.

Alors comment transformer ces ordres? Que penseriez-vous d’en faire des invitations ou des propositions ou suggestions?

Je me souviens d’un professeur au Collège que je trouvais bizarre au début car il commençait toutes ses phrases par : « Je vous invite. Je vous invite à prendre place, je vous invite à ouvrir vos livres à la page, je t’invite à lever la main avant de parler,  je t’invite à venir me parler de cela à la fin du cours etc »….à chaque fois je me faisais la réflexion: c’est sympa de m’inviter au lieu de m’imposer… bien que parfois mon esprit d’adolescente poursuivait en disant… « en principe une invitation peut se décliner; là je ne suis pas sûre que ce soit une option. »

Quelques exemples

  1. il est 7 heures. Je viens te réveiller.  Que penses-tu de te lever maintenant et de t’habiller pendant que je prépare ton petit déjeuner.
  2. Tu as préparé tes habits hier soir. Je t’invite à t’habiller maintenant car il est l’heure.
  3. Ici on utilise que des mots gentils. Tu veux bien?
  4. Si chacun veut bien prendre son cahier de vocabulaire, nous avons des nouveaux mots à découvrir aujourd’hui.
  5. J’ai une requête à vous faire: je souhaiterais que l’on fasse tous silence pendant 3 minutes afin qu’on repose nos oreilles et nos têtes. Vous êtes prêts?
  6. Je vous invite à demander à vos parents de signer vos carnets ce soir afin que nous puissions les remettre demain
  7. il est temps de faire la chenille comme nous avons appris tous ensemble. Vous voulez bien?
  8. Je vois que tu as mis de la sauce plein ton menton et ton tshirt. As tu ta serviette pour t’essuyer ?
  9. Aujourd’hui tu sembles être très fatigué et un peu irrité. Je te propose d’aller te coucher maintenant. Je t’accompagne pour passer un moment avec toi.
  10. Tu sais que c’est le moment dédié aux devoirs.  Es-tu prêt à t’y mettre?
  11. Je sais que c’est pas le plus motivant à faire mais je souhaite que tu ranges ta chambre maintenant afin que nous puissions passer à autre chose. Si tu as besoin d’aide appelle-moi ok?

Vous noterez que dans chacune de ces propositions, il y a

  • un préambule, j’attire l’attention de l’enfant sur le fait que je vais faire une demande,
  • la demande en elle-même, puis
  • l’objectif de la demande, le pourquoi je te demande de faire ceci ou cela.
  • parfois l’avantage est nommé, comme cela nous pourrons..
  • et que parfois, la demande est plus impérative: je souhaite que tu fasses cela maintenant!

Vous pensez que c’est trop long à dire?  Ca prend certes 12-15 secondes de plus qu’un ordre. Un ordre de 3 seconde répété 10 fois….

Vous pensez que c’est trop de chichi ou trop de manières?

Imaginez-vous en face de patron qui vous dit:

A. Sortez les dossiers pour la prochaine séance svpl.

B. Nous avons une séance dans 10 min. Certainement l’avez-vous fait mais puis-je vous demander de vérifier que tous dossiers utiles soient sortis svp?

Quelle formulation préférez-vous?

Les enfants à caractère indépendant ou autonome ou encore communicatif sont très résistants aux ordres, car leur personnalité exige de comprendre le pourquoi des choses, et surtout la possibilité de pouvoir choisir de faire ou ne pas faire ou quand le faire.

Ce n’est pas être capricieux ou caractériel que de vouloir choisir, c’est humain.

L’être humain est par essence un être de libre arbitre. Un enfant en qualité d’être humain, possède ce libre arbitre et en a besoin.

Nous y reviendront de façon plus approfondie dans un autre article.

Avec les ordres viennent les NON, STOP, FAIS-PAS!!

Ecoutons, pour le plaisir

Je lis dans beaucoup de forum qu’il est préférable de dire STOP que de dire NON à un enfant sur le point de faire quelque chose d’inapproprié, ou non désirable sur le moment.

Le problème c’est que si vous remplacez UN mot, par UN autre, la question n’est pas réglée.

Votre enfant assimilera le STOP de la même manière qu’il aurait assimilé le non: quand vous dites cela, c’est que vous n’êtes pas content avec lui, elle. Maintenant que signifie STOP….? ben j’en sais trop rien…mais quand Maman le répète 3-4 fois d’affilée, toujours plus fort et que ses yeux s’arrondissent, ben je m’arrête. Et là elle retrouve le sourire et son ton de voix tout doux. Pourquoi? je n’en ai pas la moindre idée non plus !

Alors quoiqu’il en soit: NON n’est susceptible être utilisé que pour répondre à une question fermée. Comme les petits ne posent pas de question tant qu’ils ne parlent pas, il n’y a aucune raison de leur dire non. C’est vite dit, je vous l’accorde.

Le STOP et le NON d’urgence Noooon pas dans les toilettes!! C’est irrépressible. Ca sort du coeur. C’est bien et indispensable d’expliquer votre état émotionnel juste après votre cri!

Stop ça! revient au même que dire arrête cela! Si le STOP vise uniquement à arrêter l’enfant comme on tirerait la poignée d’arrêt d’urgence dans le bus, il est bien plus valable d’appeler votre enfant par son prénom ce qui attira mieux son attention; ou alors de vous déplacer rapidement pour l’arrêter dans ce qu’il, elle fait.

STOP pour tenter de faire cesser les cris ou des chamailleries de frères et soeurs… vous pouvez répondre par vous-mêmes! C’est assez peu la solution!

Le propos ici est que le STOP ne remplace pas idéalement le non et devrait être utilisé qu’en cas d’urgence et de danger immédiat avec des enfants qui en comprennent le sens. Utilisé souvent, il perd tout son sens et donc tout son effet.

Nommez ce qui se passe, dites ce que vous voulez et assurez-vous que votre petit(e) a compris. 

Exemples:

« Tu as pris la farine et tu l’as mis partout! C’est joli je te l’accorde. Mais tu sais, la farine c’est pour faire des gâteaux. au lieu de : Nooooon pas la farine ! Ah c’est pas de la farine? 

« Regarde, hmmm c’est joli et ça sent bon. Mais cela ne se mange pas. C’est pour jouer avec les mains ». La pâte à modeler….au lieu de  Stop ! pas à la bouche!

Comment remplacer les : FAIS PAS !

Une autre subtilité du cerveau est qu’il ne fait pas de différence entre l’affirmation (forme positive) et la négation (forme négative)

Si je dis : ne lâche pas l’assiette, les mots qui sont captés par mon cerveau sont lâcher, et assiette.  Le petit “ne pas” qui  précède “lâche” n’a pas d’impact. Donc les images qui vont se former dans mon cerveau sont une assiette qui tombe de mes mains, ainsi qu’une assiette cassée. Peut-être va-t-il même extrapoler et former les images du visage de Maman pas contente car l’assiette est en mille morceaux.

Quel boulot! Et tout pendant que mon cerveau fait ce travail, je ne suis pas concentré sur le fait de tenir cette assiette suffisamment fermement pour l’apporter entière à la table.

Donc dire : « tiens fort l’assiette dans tes mains », est beaucoup plus efficace dans le résultat, car vous expliquez à l’enfant ce qu’il faut faire au lieu de ce qu’il ne faut pas faire.

Pensons donc à dire à nos tous petits ce que nous souhaitons qu’ils fassent, plutôt que, ce que nous ne voulons pas qu’ils fassent. Et à nos plus grands aussi. Et de manière générale! 

Rappelons dans le même instant, que, de façon générale, il est beaucoup plus productif de penser et  de parler de ce que nous souhaitons plutôt que de ce que nous voulons éviter. Le cerveau y pense avec la même intensité.

Quelques exemples de traduction:

  1. s’il vous plaît pensez à faire signer vos carnets afin que je puisse les récupérer demain au lieu de n’oubliez pas de faire signer vos carnets.
  2. Je vous invite à réfléchir, chacun pour vous, à un moyen de penser à faire signer vos carnets pour demain.
  3. Je préfère que tu restes debout à côté de la chaise au lieu de Ne monte pas sur la chaise:
  4.  Utilisons des mots gentils stpl.  C’est beaucoup plus agréable au lieu de Ne dis pas gros mots.
  5. Dehors est l’endroit idéal pour crier, viens on sort un peu: au lieu de Ne crie pas comme ça à l’intérieur, ça me casse les oreilles.
  6. Et si tu lui demandais si tu peux utiliser son crayon quand elle a fini au lieu de N’ arrache pas les choses des mains, ça se fait pas!
  7. Oh ! je crois que le bébé préfère tes mains toutes douces au lieu de  Nooon, ne sers pas le bébé fort comme ça tu vas lui faire mal
  8. Prends soin des murs de notre maison stpl on en a besoin au lieu de arrête de taper les murs avec tes jouets.
  9. Souviens toi d’utiliser tes mains toutes douces au lieu de Arrête de taper. Tout en lui prenant doucement les mains.
  10. As-tu essayé de lui demander gentiment s’il peut te prêter son jouet: au lieu de Arrête de crier sur ton frère, c’est son jouet.
  11. La fourchette c’est pour porter la nourriture dans ta bouche tu te souviens ? au lieu de Tape pas sur la table avec ta fourchette.

Wahou! Quel programme me direz-vous! Oui ! quel magnifique programme!

La bonne nouvelle c’est que c’est possible et que, avec un peu de méthode et d’exercice, vous allez apprendre à modifier vos habitudes pour les remplacer par d’autres plus efficaces, plus agréables pour votre enfant et donc plus satisfaisantes pour vous aussi car assez rapidement, vos enfants vont répondre différemment à vos demandes.

Je me répète souvent mais la conviction et le ton que vous utilisez sont primordiaux.

C’est très important de vouloir apprendre à parler différemment à nos enfants; cependant, l’intention de suffit pas et plusieurs d’entre vous me diront: je dois avoir le seul enfant avec lequel la bienveillance et l’empathie ne fonctionnent pas. Oui j’entends cela plus souvent que vous ne l’imaginez et je ne suis pas étonnée.

Votre enfant n’est pas résistant à la bienveillance ou à vos efforts.  L’enfant a besoin d’un temps d’adaptation si vous avez décidé de changer de façon de lui parler.

L’enfant  est réactif aux émotions qui vous trahissent malgré vous, lorsque vous “tentez” de lui parler gentiment alors qu’il, elle vous agace profondément et sincèrement.

Donc l’important est d’être très au clair avec ce que l’on ressent, et distancé de ce qui se passe. Votre enfant est en colère, ou votre enfant fait quelque chose qui ne correspond pas à vos attentes. Dans l’absolu il ne VOUS arrive rien! Et lui ne VOUS fait rien! Il réagit ou justement il ne réagit pas.

Donc, Vous le parent, qui voyez cela, vous décidez d’offrir une option pour apprendre à votre enfant à adapter son comportement à ce qui vous semble important.

Il s’agit donc d’être

  1. compréhensif: il fait cela pas pour m’embêter, c’est sa façon de me dire ou de réagir
  2. responsable: si je ne lui en montre pas il ne peut pas apprendre, donc c’est à moi de lui montrer ;
  3. patient: il ne peut pas apprendre en une fois ce que j’ai moi-même mis des années à apprendre; je répète ou je trouve d’autres phrases
  4. convaincu: je sais pourquoi je fais cela comme cela et je sais que cela portera ses fruits.

Petit trucs pratiques pour se motiver et constater les changements:

Si vous penser tout changer dès demain matin c’est tout à votre honneur! Vous prenez le risque d’être déçu de vous.

  • Dans le calme, repérez les 5 phrases sous forme d’ordres que vous répétez le plus souvent.
  • Cherchez à les reformuler de façon affirmative ( sans négation) et sous forme de proposition ( au lieu de l’ordre).

Ensuite écrivez ces nouvelles formulations sur une feuille, avec des couleurs, des stickers, des dessins etc… Exposez cela sur votre frigo ou votre porte ou n’importe où, de façon à les voir régulièrement.

Prenez la décision d’utiliser ces 5 nouvelles phrases à chaque fois que cela se présente.

Expliquez à vos enfants que ce sont les phrases que vous allez désormais dire au lieu de les bousculer avec vos ordres. Dîtes leur que vous ferez le point avec eux dans quelques jours pour savoir si vous avez réussi.

Vos enfants vous soutiendront d’une façon que vous n’imaginez pas maintenant.

Ce qu’il est important de retenir:

Les attentes et demandes que l’on exprime à nos enfants sont plus porteuses si on utilise  des mots et des phrases qui soient positifs, affirmatifs et constructifs.

Constructif dans le sens

  •  qui leur apprennent quelque chose au delà de notre volonté qu’il cesse ce qu’il, elle fait,
  • qui leur apprennent des façons variées de dire les choses,
  • qui forgent un sentiment de confiance et de pouvoir sur lui-même au lieu de créer des sentiments de soumission.

Des habitudes ne se changent pas en un instant. Soyez patients et bienveillants avec vous-mêmes. Vos meilleurs supporters seront vos enfants qui se réjouiront du changement.

L EQUILIBRE FAMILIAL EST A LA PORTEE DE TOUS

MHM