L'éducation positive

 

Parfois,  malgré les efforts des parents pour éduquer différemment en optant pour l’éducation positive, en appliquant des méthodes bienveillantes, certains restent démunis devant la résistance de leurs enfants, qui, eux, restent dans des comportements de défiance. d’arrogance, cherchant constamment à être en conflit ou en opposition avec le parent.

Comme les parents de Marion (6 ans) & Eliot (3 ans)  qui, Maman désemparée, Papa en colère déclarent : « l’éducation positive ne fonctionne pas avec nos enfants! »

La Maman: « ma grande se moque littéralement de moi, ça me blesse tellement, car j’ai vraiment décidé de faire le mieux pour elle en appliquant l’empathie et l’éducation non punitive. Mais j’ai l’impression qu’elle me prend pour une marionnette et profite de moi. Je suis complètement abattue. » 

Le Papa: « je veux soutenir ma femme dans ses idées, bien que moi je n’y crois pas trop. Les enfants ont besoin qu’on soit ferme et qu’on leur face comprendre quand ils font faux sinon c’est la porte ouverte à tout et n’importe quoi. Ils sont encore petits alors c’est maintenant qu’ils doivent apprendre. Maintenant je vois que cela ne fonctionne pas et ça me fait de la peine de voir ma femme souffrir de cette situation. Je suis pour revenir à des méthodes plus strictes. » 

Les raisons des sentiments d’échec avec l’éducation positive, sont  liées à chaque situation particulière, à chaque enfant, à chaque parent, et le plus souvent à l’histoire de la relation parent-enfant.

Donc bien qu’il soit difficile de donner des raisons générales du « pourquoi parfois l’éducation positive ne semble pas fonctionner« , je vais ici donner quelques pistes possibles, dans lesquelles vous pourriez vous reconnaître si vous êtes dans ce cas de figure.

  1. Le changement n’a pas été expliqué ou annoncé. Si vous étiez un parent qui éduquait durement, ou selon des principes reçus par votre propre éducation ou les croyances collectives (les fameux il faut que: « il faut que les enfants obéissent, il faut leur apprendre, il faut qu’ils apprennent la frustration, il faut qu’il apprenne que tout n’est pas un dû » etc..) et que, pour une raison ou une autre, vous avez décidé de changer votre façon d’aborder votre enfant, il est important que vous l’en avertissiez et que vous lui expliquiez. Le changement de ton éducatif, le changement de type de communication, votre changement d’attitude peut être un énorme moment de déséquilibre pour l’enfant. Il n’est pas dans votre tête, il ne sait pas le chemin qui vous a amené à cette résolution, et surtout il est habitué à un type de relation qu’il considère comme vraie et immuable. Cela prend du temps de recréer un autre type de relation. Alors la première chose à faire est d’expliquer: « écoutez mes chéris, j’ai beaucoup pensé ces derniers temps à nous tous. Je trouve que je crie beaucoup, que parfois je ne suis pas juste avec vous et que ça vous rend triste et en colère. Moi aussi ça me rend triste et en colère. Alors j’ai décidé de faire autrement: de mieux vous écouter, d’essayer de faire pour que vous soyez bien, heureux et pas en colère. Je veux qu’on soit tous heureux ensemble. Je vais avoir besoin que vous m’aidiez car je ne sais pas encore très bien comment faire. Premièrement, je vais plus crier et on va trouver ensemble des trucs pour que plus personnes ne crie ici ok ? «  Ensuite, acceptez d’avance que, les enfants ne vont pas répondre présent dès le premier jour et qu’il vous faudra de la patience et de l’autodiscipline pour rester sur vos nouvelles décisions. Le résistance de Marion dans notre exemple, est sa façon à elle de s’assurer que, ce que sa Maman fait de nouveau, est là pour de bon. Elle s’assure que ces nouveaux standards sont vrais et immuables car l’enfant, encore plus que nous, a besoin de stabilité dans la relation, a besoin de savoir à quoi s’attendre. Dans ce cas répéter à l’enfant: «  ta façon de réagir me fais penser que tu ne crois pas que Maman a décidé de changer. Je te comprends, et je comprends que tu trouves cela un peu bizarre tous ces changements. Je peux t’assurer que c’est vrai, je veux vraiment plus te crier dessus. Même si tu es en colère, je ne vais pas le faire. Mais tu as le droit de me tester un peu. Tu verras on va s’entendre toi et moi car on s’aime très fort, et toi aussi tu as envie qu’on soit heureux ensemble. » Autant de fois qu’il faut, jusqu’à ce que l’enfant ait lâché prise.
  2. Vos attentes sont trop élevées. Outre le temps, vous avez aussi besoin d’adapter les attentes. Les vôtres, celles que vous avez vis-à-vis de vous-mêmes, comme celles que vous avez vis-à-vis de vos enfants. La perfection n’existe pas, et n’est pas souhaitable. L’éducation positive n’est pas une méthode qu’on apprend et qu’on applique mécaniquement avec des résultats immédiats.  C’est un état d’esprit, quelque chose qui fait sens; c’est une façon de penser, et une façon d’approcher et de construire la relation parent-enfant. Cela impacte l’ensemble de la famille puis l’ensemble de vos relations. Si vous avez le sentiment que cela ne marche pas, c’est que peut-être vous avez des attentes trop élevées, et que le fait que votre enfant ne réponde pas exactement comme vous l’attendiez, vous-vous mettez une pression inutile, pensant que vous ne contrôlez pas la situation. Il n’en est rien. Peut-être votre enfant n’est pas là, au niveau où vous l’attendez. Peut-être n’utilisez-vous pas les vrais points forts de votre enfant pour l’amener à collaborer avec vous. Quel que soit son âge, l’humour, la douceur et le jeu sont toujours des bons moyens de les atteindre.

L’important n’est pas d’y arriver tout de suite, l’important est de voir la relation évoluer vers quelque chose qui fasse du bien à tous et qui apporte le bonheur d’être ensemble dans votre foyer.

3.  Vous « prêchez » plus que vous ne délivrez un message. Dans l’idée de faire « juste » ou « de dire les choses qu’il faut » vous en oubliez que avant tout, l’éducation est une question de comportement. Pour les enfants, ce qui importe, le plus est ce que nous faisons bien avant ce que nous disons. Surtout lorsqu’ils sont petits. (jusqu’à l’âge de 6 ans) et que leur développement intellectuel (cerveau) ne leur permet que peu, de faire des liens entre ce que vous dîtes et ce qu’ils font, ou, qu’incomplètement. Oui les enfants comprennent ce que nous leur disons, cependant ils comprennent tout d’abord nos intentions, notre ton, notre attitude extérieure, nos expressions faciales. L’enfant comprendra ce que vous faites et cherchera à copier ce que vous faites bien avant de faire ce que vous dites. Montrer soi-même « comment gérer ses émotions, comment exprimer ses insatisfactions, comment être compréhensif, comment collaborer, comment aider l’autre, comment parler gentiment, parler avec respect, comment patienter, comment faire soi-même » enseignera 90% de ce que vous souhaitez voir chez vos petits. Il reste 10% pour les explications verbales.

4.  Vous êtes permissif (ve). Etre permissif comme être contraignant résulte de la même peur: celle de perdre le contrôle. Le contrôle de la relation. Le parent strict et contraignant a peur que l’enfant n’obéisse pas et ainsi que l’enfant prenne le contrôle sur lui, qu’il domine la relation; le parent permissif a peur que l’enfant le rejette ou s’oppose, donc que l’enfant prenne le contrôle sur les décisions, donc sur la relation. La réalité est tout ailleurs. Personne n’est susceptible de contrôler ou de dominer la relation entre les enfants et les parents. La relation est basée sur la connexion intense. Connexion de coeur et des sentiments. Un enfant connecté, qui sent le coeur de son parent totalement avec lui, fera n’importe quoi pour le satisfaire. Les enfants sont ainsi, leur plus grand bonheur est de faire plaisir à Papa et à Maman.

Le parent est à la fois guide, coach et protecteur. Le guide montre le chemin et les limites, le coach aide à avancer et à évoluer, le protecteur s’assure de la sécurité et du confort de l’environnement.

Les 3 créent des liens solides afin que l’enfant se sentent aimé et libre dans ses mouvements, dans ses expressions et assuré de son droit au libre arbitre.

Mon message intense: n’ayez jamais peur de perdre la relation en mettant des limites là où elles doivent être instaurées pour la sécurité, le confort et le bon apprentissage de l’enfant.

N’ayez jamais peur que votre enfant vous domine; l’enfant a seulement un besoin vital de lien et de sécurité physique et affective ainsi que d’un puissant besoin de faire des choix.

5. Vous n’êtes pas en accord avec votre conjoint. Choisir de changer d’attitudes parentales ou opter pour une éducation qui est différente de ce que vous croyiez jusque là, n’est pas toujours le choix des 2 parents. Le risque dans ce cas est que, vous et votre partenaire, donnent des messages contradictoires aux enfants. Cela met les enfants dans un inconfort tel, qu’ils ne trouvent d’autres solutions, que de s’opposer à votre façon de faire. Pas tellement qu’il s’oppose à ce que vous changez mais plutôt au fait que vous n’êtes plus en accord. L’enfant ne sait plus qui suivre, quoi modéliser. Il ne sait plus quel comportement opter pour satisfaire les 2 parents alors il choisit ce qu’il connaît en plus de s’atteler à vous faire savoir que cela ne lui convient pas. Il est important dans une telle situation, de prendre le temps de s’asseoir ensemble et de partager sur vos valeurs; « qu’est-ce qui est important pour moi, qu’est-ce qui est important pour toi. » Puis de voir comment vous pouvez, ensemble, influencer vos enfants positivement dans le sens des valeurs qui vous tiennent à coeur. Il se trouve que, bien trop rarement, les parents parlent ensemble, en s’écoutant attentivement, sur ce qui tient à coeur dans l’éducation, sur les valeurs que l’on souhaite vraiment transmettre, sur quels points on est prêt à lâcher et sur lesquels on est prêt à faire un mi-chemin. Le problème est que, souvent, le parent qui n’a pas décidé ouvertement, d’opter pour l’éducation positive, se sent jugé et discrédité par l’autre. « si j’ai bien compris, toi tu as la bonne façon de faire et donc moi j’ai la mauvaise ». De tels sentiments sont très dommageables au sein du couple tout d’abord, puis à l’efficacité de l’éducation des enfants. Les parents deviennent compétitifs au lieu d’être collaboratifs. Commencez par « si je t’ai bien compris(e), ce qui tu dis c’est que…. » et peut-être découvrirez-vous, que vous ne vous êtes pas compris et que, surtout, vous points de vue sont bien moins éloignés que vous l’imaginiez.

6. Vos enfants subissent des influences négatives en dehors de la relation avec vous.  Souvenons-nous: les enfants sont de grands imitateurs, des parents d’abord, puis de leur entourage en général. Tous les enfants ne sont pas égaux devant l’aptitude à ne pas se laisser influencer. Lorsqu’ils grandissent, ils cherchent de la diversification dans les modèles à suivre. Ainsi un camarade de classe ou de jeu, à qui votre enfant s’est attaché, peut avoir une influence sur lui, elle; un personnage de dessin animé que votre enfant apprécie mais qui, peut-être, a une attitude agressive; un parent chez qui il, elle passe du temps. Vous ne pouvez pas changer les autres,

vous ne pouvez que rester clair et constant sur les valeurs et les attitudes que vous jugez être les bonnes à adopter pour vos enfants.

Avec patience et conviction, dans de tels cas vous pouvez dire à votre enfant « j’entends que tu imites ton copain qui parle parfois sans respect; je comprends que tu le trouves super et que t’aimerais qu’il reste ton copain; parler comme lui avec moi ne t’aide pas à rester son copain et en plus, ça nous met tous mal à l’aise: toi parce que tu n’es pas comme cela, tu parles toujours gentiment avec nous, et nous. (tes parents) parce que cela nous fait mal au coeur de te voir changer de la sorte. »

Rappelez les valeurs: « ici, tu te souviens on a décidé de se parler avec respect et gentiment. » Donnez-lui le choix d’entretenir sa relation avec son copain comme il l’entend: « si tu penses que c’est comme ça que tu dois être avec Eric pour être copain avec lui, c’est ton choix. Pense à d’écouter ce que ton coeur te dit à ce sujet. »

Une telle attitude positive permet à l’enfant de se sentir non jugé dans son attitude, compris dans les raisons qui l’ont poussé à être irrespectueux, guidé dans sa façon de rectifier le comportement, puis libre dans ses choix avec un outil pour les faire au mieux: sonder son coeur.

EN RESUME

Opter pour une éducation positive et constructive est la plus belle preuve d’amour que vous pouvez apporter à vos enfants. Cette attitude, basée sur le respect des besoins de tous (des votres aussi), sur la connexion du coeur et la création du meilleur environnement possible pour le développement et le bien-être des enfants, est celle qui vous apportera satisfaction et bonheur en famille. Elle demande cependant du travail, de la patience, et un niveau d’implication très élevé. C’est que le rôle de parent est le rôle le plus élevé qui soit possible d’imaginer.

L’EQUILIBRE FAMILIAL EST A LA PORTEE DE TOUS

MHM