Ce post est dédié à toutes les mamans qui se sentent angoissées et/ou démoralisées à l’idée de la rentrée scolaire avec leur enfant dit « hyper-actif » ou en difficulté face aux exigences du rythme de l’école.

Pour beaucoup de parents d’enfants souffrant de difficultés d’apprentissage ou du syndrome d’hyper-activité, la rentrée scolaire sonne comme le retour à des scènes dont ils sortiraient bien; un peu à l’image de Bill Murray qui, dans le film Un jour sans fin, voit à chaque réveil sa “plus mauvaise journée” recommencer inlassablement, sans que personne autour de lui semble se rendre compte de son calvaire.

Peut-être est-ce vite dit, mais cette nouvelle rentrée scolaire n’a pas forcément besoin d’être une répétition des autres années. Et si c’était plutôt une chance de commencer différemment avec votre enfant afin que lui (ou elle) puisse vivre une année plus positive et plus productive.

 

Dans ce seul objectif je partage avec vous ici quelques conseils d’un spécialiste de l’enfance en difficulté d’apprentissage et de comportement, lui-même père d’un jeune garçon diagnostiqué hyper- actif: Dr Robert Myers, Université de Californie (pour ceux qui lisent l’anglais vous y trouverez des articles très intéressants)

1.Fixer quelques objectifs et récompenses pour l’année dès la rentrée. 

Fixer des buts raisonnables à atteindre pour l’année scolaire, ou pour une fraction de l’année (trimestre) donne le ton, comme un signal de départ vers quelque chose de tangible. C’est pour tous une manière de baliser le temps comme un chemin à parcourir. Cela clarifie les attentes pour tous: parents comme enfants.

Petits buts=grandes réussites! Grands buts=grands échecs!

Ces objectifs sont tournés vers des tâches petites pour vous, à réussir par votre enfant: Exemple: être prêt à l’heure, s’habiller sans crier, rester assis pendant toute la durée du petit-déjeuner, être couché à l’heure fixée.

Le mieux est de faire l’exercice pour toute la famille pour ne pas stigmatiser l’enfant en difficulté, et pour donner plus d’efficacité à toute la famille. En effet fixer des buts à atteindre vous oblige en tant que parent à fixer les stratégies nécessaires pour que ces buts soient atteints. Car c’est bien là le désir de tous. Relever les challenges et recevoir les récompenses qui y sont attribuées même si pour vous parents, le plus important sont les progrès effectués! C’est là votre récompense à vous!!

D’expérience les enfants se prêtent avec bonheur à la mise en place d’objectifs. Les enfants créent les leurs et vous verrez qu’ils sont plus prêt que vous imaginez à s’auto-challenger. Ainsi la fratrie deviendra support les uns des autres, de l’enfant en difficulté en particulier. Pour autant que vous véhiculiez un esprit de soutien et non de compétition. (cf: les phrases qu’on ne devrait pas dire à nos enfants).

Mon conseil: fixez-vous un objectif à atteindre devant vos enfants afin qu’ils voient que vous aussi vous avez des efforts à fournir et que vous n’êtes pas parfaits. Cela leur insufflera la valeur de “la remise en question tout au long de la vie”, et du “je peux toujours m’améliorer même grand et adulte”. Faites le spontanément comme eux le font. Sans discours, sans blabla. Cette solidarité familiale va renforcer vos liens, vous en serez les premiers surpris.

Dr Myers préconise les récompenses car les enfants hyper-actifs ou oppositionnels ne répondent que très mal voir pas du tout aux conséquences pour mauvais comportement. Par contre, la récompense augmente sa motivation à se surpasser. 

L’idée idéale serait d’abandonner un maximum de conséquences, au profit d’une éducation par renforcement positif. Ainsi il est important que vous cibliez les choses, les endroits, les activités, les sensations que votre enfant aime particulièrement.

La récompense doit à la fois

  • baisser le stress de l’effort consenti,
  • encourager l’enfant à recommencer ses efforts, et lui
  • démontrer ses capacités à faire de mieux en mieux.

Il ne s’agit pas ici de récompenses matérielles, mais bien d’une activité, d’un privilège à effet de renforcement positif. ( aller courir en criant, jouer à un jeu, faire quelque chose qu’il, elle adore faire, le plus souvent dans le mouvement puisque sa difficulté majeur est de canalisé son énergie et sa concentration).

2. Décidez d’une routine matinale et d’après-midi avant le début de l’école. 

Comme vu dans un  post précédent sur les astuces pour éviter le stress matinal,

  • Etablissez des routines simples et efficaces. Répétitives et consistantes.
  • Etablissez- les en tenant compte des difficultés majeures de votre enfant afin de les contourner; utiliser ses compétences pour créer un maximum d’effet de sentiment de réussite et d’efficacité chez lui.

Exemples:

  • le pire est de s’habiller?: préparez les habits avec lui le soir avant.
  • Il (elle) aime préparer son bol de céréales?: missionnez-le sur cette tâche. Et tant pis si la table pourrait aussi boire du lait…

La planification de l’après école est capitale avec des enfants avec troubles de l’attention. Ils sont souvent plus fatigués que les autres, (mentalement, moralement); une structuration claire et répétitive du temps les aidera à canaliser leur énergie anarchique. 

Attention à ne pas avoir trop d’attentes cependant à rester ferme sur les routines. 

L’après école comporte: le goûter, les devoirs, les jeux (extérieurs ou intérieurs), le bain, le repas du soir, les rituels d’avant coucher, le coucher. (Cf: Les temps forts de la journée).

Bien structurés, ces moments sont bénéfiques pour toute la famille. 

Dr Mayer, comme bien d’autres spécialistes, soulignent l’importance du repas pris en famille autour de la table pour consolider la communication et les liens. 

Mon conseil: le plus intensivement vous êtes avec vos enfants dans ces 3 moments clef (devoirs, repas, rituels de coucher), le plus de temps vous aurez pour vous. En effet, appuyés dans ces moments, les enfants auront plaisir à jouer de manière autonome, d’aller se brosser les dents comme des grands, et,le plus important, iront se coucher dans la sérénité).

3.Rencontrez l’enseignant(e) de votre enfant dès le début de l’année scolaire. 

Si l’enseignant(e) connait la problématique de votre enfant parce qu’il est dans une classe spéciale ou un programme sur mesure, prenez rendez-vous pour voir avec l’enseignant(e) les objectifs à fixer pour votre enfant, afin que vous puissiez y travailler ensemble ou tout du moins avoir une idée claire sur quoi votre enfant va devoir concentrer ses efforts.Vous pouvez par la même occasion partager les objectifs que vous avez fixés à la maison ( ceux qui concernent l’école). L’enfant se sentira ainsi soutenu sur les mêmes points par l’enseignant(e) et son parent.
Si l’enseignant ne connaît pas la problématique de votre enfant et que vous ne souhaitez pas lui en faire par directement, annoncez-vous simplement comme parent préférant connaître d’entrée les attentes de l’enseignant(e) (sur les devoirs principalement). Habilement tentez de savoir si l’enseignant(e) est plutôt très basée règles-performances ou bien-être-apprentissage. Cela vous permettra de mieux soutenir votre enfant dans le comportement attendu.

Ce n’est pas parce que l’enfant est diagnostiqué hyper-actif que le monde doit tourner autour de lui ou elle. Par contre il(elle) aura besoin d’apprendre comment gérer le monde qui l’entoure avec ses spécificités de personnalité. Ou comment gérer ses spécificités comportementales dans le(s) monde(s) qui l’entoure. 

4. Etablissez avec votre enfant un programme de devoirs en fonction de ce que vous avez appris de l’enseignant(e). 

Une fois que vous connaissez les exigences de l’enseignant(e) vous pouvez consentir d’une routine d’après école, avec votre enfant.Dr Mayer insiste sur le fait que l’enfant hyper actif a besoin d’apprendre à aller jusqu’au bout de ce qu’il fait. Ainsi trouver un rythme, une méthode, pour que votre enfant, à défaut de faire tous ses devoirs, aille au bout d’un exercice, d’une tâche. 

Exemple: prévoir un temps d’étude (16h00-17h00) avec des breaks toutes les 15 min (sablier).
Mon conseil: L’important est de trouver un système qui préserve tout le monde, vous et vos nerfs également. Les devoirs ne doivent jamais devenir un terrain de bagarre entre les enfants et les parents. Au besoin, faire venir un tiers: répétiteur ou autre soutien.

5. Faites tout pour planifier un moment récréatif journalier avec votre enfant. 

Cela paraîtra certainement le point le plus difficile. La plupart des parents, Mamans comme Papas, jonglent toute la journée entre leurs activités professionnelles, les activités des enfants, les trajets divers, les tâches liées à l’entretien de la famille et de la maison. La course s’arrête bien souvent que lorsque vous êtes sur le point d’aller vous coucher.

Mon conseil: Ce moment de loisir ne doit pas être long mais régulier, vécu avec joie, et intention de faire plaisir à votre enfant ET à vous. Même 15 min, si elles sont partagées à contre coeur ou parce qu’il le faut, elles paraîtront une éternité pour vous et insignifiante pour votre enfant. Par contre vécu intensément, avec engagement émotionnel, ce petit quart d’heure sera une bouffée d’énergie pour vous et la sensation d’être super important pour votre enfant; suffisamment pour qu’il ait l’impression que vous prenez beaucoup de temps pour  lui (elle).

Dans la situation des enfants en difficulté de comportement ou d’apprentissage, ces moments intenses avec le parent représentent des parenthèses dans lesquelles ils ne doivent rien prouver, durant lesquelles ils ont juste le droit d’être comme ils sont; il y est donc important de choisir une activité qu’il (elle) aime particulièrement.

Le Dr Myers insiste: la rentrée scolaire ne doit pas mettre en veille ces moments. Ni pour les enfants, ni pour vous. L’ anxiété est une réaction à nos peurs. Dans la situation de la rentrée scolaire la peur est liée à l’inconnue (comment cela va-t-il se passer) amplifiée par la peur du passé ( est-ce que cela va recommencer comme l’année passée).

Le meilleur moyen de supporter l’anxiété est de confronter la situation angoissante et de développer une stratégie qui débouche sur une expérience positive. Répéter la stratégie tant qu’elle fonctionne; ne la révisez qu’au besoin. Robert Myers

Conseil du Dr Myers:

Prenez un jour à la fois. Prenez du temps, des moments pour vous-mêmes, pour vous relaxer pendant la journée. Appréciez chaque moment agréable avec votre enfant « spécial » même s’ils sont courts. Cela recharge vos batteries et re-programme votre cerveau à la joie d’être avec votre enfant. En finalité cela vous aide à renouveler votre plaisir et votre joie d’être parent de manière générale et de cet enfant là, en particulier.   Dr. R. Myers

Dans un prochain post, je partagerai quelques méthodes simples pour baisser la pression et le stress rapidement à n’importe quel moment de la journée.

L’EQUILIBRE FAMILIAL EST A LA PORTEE DE TOUS

MHM

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