Est-ce que je t’aime comme tu aimes ?

Est-ce que je t’aime comme tu aimes ?

JE T AIME

3 petits mots à dire sans modération.

Le dire suffit-il? Pas toujours… le dire c’est bien, le démontrer c’est encore mieux.

Nous avons mille manières de démontrer notre amour. Que ce soit avec nos proches, notre conjoint(e) et bien sûr à nos enfants.

Cependant parfois nous ressentons le “je t’aime” tout différemment…

Beaucoup d’entre nous ont expérimenté cela : dans notre enfance, dans nos relations amicales, dans notre couple …d’entendre l’un ou l’autre nous dire: “je t’aime”, puis  cette même personne fait ou dit quelque chose de pas vraiment aimable, ou aimant, ou qui ne nous fait pas sentir aimé(e).

 

 

 

Cette question vient alors: qu’est-ce qui a le plus d’impact sur nous? Les mots ou Les gestes ?, Les « je t’aime » circonstanciés ou répétés ou les gestes ?

Et pour nos enfants, qu’est-ce qu’ils leur importent le plus? Qu’est-ce qui touchent le plus ?

Nous aimons tous à notre manière, et n’avons pas de doute sur la sincérité de notre amour. Cependant recevons-nous toujours des message que notre amour est perçu ou reçu ? Et nous-mêmes… donnons-nous confirmation de notre sentiment d’être aimé? Est-ce par manque de reconnaissance ou simplement parce que, peut-être, nous ne nous sentons pas pleinement aimé…?

Aimer l’Autre est complexe et dépend bien souvent de nos propres apprentissages de l’Amour et du recevoir l’Amour. La façon de donner l’Amour dépend de la définition que nous en avons.

Nous pourrions penser que L’AMOUR c’est donner des solutions, aider; nous pourrions penser que aimer c’est diriger, c’est corriger – nous pourrions penser que L’AMOUR c’est tout faire pour l’Autre – ou encore que L’AMOUR c’est donner sans que l’autre ait à demander – nous pourrions penser que L’AMOUR c’est offrir de somptueux cadeaux – nous pourrions faire une longue liste avec les définitions de chacun.

Il arrive pourtant que, malgré tous les gestes de l’Un, l’Autre n’exprime pas le fait de se sentir aimé.

Alors c’est que peut-être,  parfois, l’Amour donné, ne se transforme pas en Amour ressenti.

Alors pourquoi ne pas de temps à autre poser la question:

“Qu’est-ce que je peux faire pour  t’aider à te sentir aimé (e)?”

Je me souviens d’un jeune garçon de 13 ans, accompagné de sa Maman. Le courant ne passait plus entre eux; le garçon s’était renfermé, ne communiquait avec sa Maman que pour les choses du quotidien. Il n’y avait pas de conflit ouvert ou de propos violents. Juste une forme d’indifférence que la Maman ne supportait plus.

Lors de notre entretien, la Maman dit à son fils: « je t’aime tellement tu sais »: et lui de répondre: « je sais », sans même lever les yeux vers sa mère.

Je lui pose alors cette question: « que fait ta Maman pour te montrer qu’elle t’aime ». A quoi il répond en bougonnant: « je ne sais pas: faire les courses, ma lessive tout ces trucs je pense ». Et quoi encore? « elle me fait à manger et me laisse sortir avec mes copains ». Et? « Je ne sais pas c’est tout ».

Puis à la Maman: selon vous que faîtes-vous pour démontrer à votre fils que vous l’aimez: à quoi la Maman très émue répond: « je fais tout ce que je peux pour lui, et surtout je lui dis combien il est important pour moi et combien je l’aime. Je le lui dis tous les jours. Je ferais n’importe quoi pour lui« ; le garçon serrant les poings se ferme encore un peu plus et entre ses dents murmure à sa mère: « arrête! c’est bon! t’as pas besoin de pleurer ».

Alors cette question est arrivée: « te sens-tu aimé par ta Maman? » Le jeune garçon hésite un peu, l’émotion le gagne mais il garde les yeux rivés au sol: « oui je pense, je sais pas…. »

« Qu’est-ce que ta Maman pourrait faire pour t’aider à te sentir aimé ». Très surpris par la question, le jeune garçon se relève un peu, puis regarde longuement dans le vide… puis sans qu’il puisse retenir ses larmes dit, en direction de sa Maman: « j’aimerais qu’elle prenne du temps pour être aimée aussi, afin que toute son attention ne soit pas que pour moi. Et j’aimerais aussi parfois qu’elle me parle d’elle, de ce qu’elle ressent, au lieu de toujours s’inquiéter pour moi. Alors je sentirais qu’elle me fait confiance,  qu’elle me donne cette confiance que suis capable de la comprendre, que je peux l’écouter et l’aider à mon tour. Mais j’ai l’impression que je n’ai que le droit d’être son bébé … « 

Un magnifique exemple d’un amour fort, qui tente de combler des besoins projetés par la Maman, sans combler les besoins réels de l’enfant,

qui dans cet exemple est d’être considéré pour ce qu’il est devenu, à savoir un jeune capable de prendre soin de lui et désireux de prendre à son tour soin des  de sa mère, dans la mesure de ses capacités.

J’ai repensé à cette séance empreinte d’émotions intenses plus d’une fois.

J’ai alors reposé cette question à Dana, Maman de 2 fillettes de 12 et 6 ans, très attentive au bien-être de ses filles, bien qu’elle n’ait que peu de temps à leur consacrer. La petite, très vive fait encore souvent des crises de colère et d’opposition notamment après l’école et jusqu’au moment du coucher. Lors de la séance je pose la même question:

« Qu’est-ce que Maman pourrait faire pour t’aider à te sentir aimée. » Les yeux de la petite se sont alors illuminés: « jouer au jeu du karakoké ». Et la maman d’éclater de rire, puis de dire un peu gênée: « je déteste cela je ne sais pas chanter ». « Mais non Maman, ça fait rien si tu sais pas chanter, moi, je vais t’apprendre les chansons; comme cela on pourra chanter tous ensemble ». 

« Et tu sentirais qu’elle t’aime en faisant cela? Ouiiii beaucoup même ». L’aînée enchaîne spontanément en disant: « moi j’aime quand tu me coiffes les cheveux car je te sens tout près de moi et tu me parles toujours doucement. » 

Voilà comment les enfants expriment, comment ils se sentent aimés;

Parfois pour eux l’amour passe par demander aux parents, non pas de faire une chose qu’il n’aiment pas, mais plutôt de leur demander de se dépasser eux-mêmes pour partager quelque chose que eux, aiment particulièrement faire.

Le plus souvent le plus simple leur apporte le plus profond sentiment d’être importants à nos yeux, en d’autres termes, d’être aimés.

Alors  aujourd’hui j’invite chaque parent à poser cette question à leurs enfants, peut-être ce soir avant de s’endormir

Dis moi une chose que j’ai faite aujourd’hui qui t’a fait sentir que je t’aime. 

ou/et

Qu’est-ce que je peux faire pour t’aider à te sentir aimé(e)?

Non pas que votre amour ne soit pas suffisant. Loin de là.  Cette petite question permet simplement de s’assurer que leurs besoins sont satisfaits et que votre amour s’exprime tel qu’ils en ont besoin.

Il se pourrait bien qu’il, elle vous retourne la question. Soyez prêt à y répondre. Surtout ne jamais répondre: « rien, tu es parfait comme tu es ». Ce serait noyer l’ensemble de ses actions dans une satisfaction générale, ce qui aurait pour conséquence de donner le message à l’enfant:

« Papa, Maman ne prennent pas garde à ce que je fais pour les aimer ».

Personnellement je répondrais: « j’adore quand tu me demandes: comment ça été ta journée Maman aujourd’hui? Ca remplit mon coeur d’un coup, je me sens considérée et aimée. »

Qu’est-ce que je peux faire pour t’aider à te sentir aimé (e)?

(différent de qu’est-ce qui te ferait plaisir)

Nous pouvons également reposer cette question ça et là à notre conjoint(e). Qu’est-ce qui, dans ce que je fais, te fait sentir que je t’aime.  Quand est-ce que tu t’es senti aimé(e)  par moi aujourd’hui.

N’hésitez pas à partager vos réponses et expériences  ici ou sur la page FB. Ce sera certainement très enrichissant pour tout le monde.

 

 

 

L’EQUILIBRE FAMILIAL EST LA PORTEE DE TOUS

10 Comportements A Améliorer Pour Etre Un Meilleur Parent En 2019

10 Comportements A Améliorer Pour Etre Un Meilleur Parent En 2019

C’est parti pour 2019!

Les Fêtes sont derrière nous, le rythme du quotidien professionnel et scolaire a repris.
Pour beaucoup, comme une tradition, quelques résolutions ont été prises pour faire de 2019 une encore meilleure année que 2018.
Pour beaucoup aussi, ces quelques résolutions vont être soit oubliées soit abandonnées avant la fin janvier; pas tant par manque de volonté; nous échouons dans l’accomplissement de nos résolutions car elles sont le plus souvent posées en termes de souhaits plutôt que sous forme de projets planifiés; projets planifiés dans le sens que, on s’offre les moyens de les réaliser ou de ne pas les oublier dans les rythmes infernaux de la vie quotidienne.

Sans en faire des résolutions, je vous offre ici, 10 comportements auquels vous pouvez prêter attention en 2019 de façon plus soutenue, afin d’améliorer ou de maintenir votre relation avec vos enfants.
Nul besoin d’en faire une résolution. Encore moins de se promettre de les respecter les 10 à la fois et chaque jour.

Je vous propose de les noter et les coller sur votre frigo; ou encore mieux, de les avoir écrits séparément dans différents endroits comme, le miroir de la salle de bain, votre bureau, votre page d’accueil de votre ordinateur ou téléphone portable; cela vous aidera à vous en souvenir.

Faites le point régulièrement sur l’évolution des comportements sur lesquels vous avez le plus à vous concentrer pour vous améliorer.

Ainsi, pas besoin de vous promettre quoique ce soit. Les lire vous invitera à le faire, ou à réaliser que peut-être certains jours, vous avez quelque peu négligé l’un ou l’autre de ces comportements. Peu importe les raisons, l’important c’est de s’en rendre compte, de l’accepter et de réajuster.

  1. Compatir plus souvent  

Se sentir compris et entendu baisse instantanément la tension ou reboost la motivation. Cela fonctionne pour chacun de nous et tout particulièrement pour les enfants.

Ansi chaque fois que votre enfant est frustré, ou fâché pour une quelconque raison, essayez de compatir avant d’agir: “oui je sais que c’est ennuyant, je vois que t’es fatigué, je suis sûre que tu préférerais jouer… cependant (éviter les mais qui annulent ce que vous venez de dire), c’est l’heure de faire tes devoirs, tu ne peux pas taper ton frère pour autant, j’aimerais que etc…

Compatir = se mettre dans les chaussures de l’autre, même si pour nous mêmes, le problème n’est pas aussi important qu’il l’est pour l’enfant.

Parfois en tant que parent on se dit: il n’y a rien de dramatique, il n’y a pas de raison de pleurer, ou encore: je n’en demande pas tant… Pour les enfants les choses sont différentes. Et si juste ces 3 petits mots: je comprends que, permet d’éviter la crise alors pourquoi s’en priver.

2. Dire ce qu’ils peuvent faire plutôt que ce qu’il ne peuvent pas faire.

Si cela demande un petit effort mental de la part de l’adulte, il est bien plus efficace d’exprimer une demande sous la forme positive que sur la forme négative.

Ainsi: ne lâche pas l’assiette devient, tient la très fort, ne sautez pas sur le canapé, sautez sur le tapis, ou encore jouons à un autre jeu, n’utilise pas ton téléphone pendant le repas, laisse ton téléphone dans ta poche, on ne tape pas, utilise tes mots, etc…

La conséquence directe de la formulation positive est qu’elle donne des indications ce par quoi on peut remplacer le comportement, et évite la réaction négative du cerveau, liée à l’interdiction.

Si je vous dis: « restez dans les limites de la vitesse indiquée c’est plus prudent« , votre cerveau réagit différemment que si je vous dis: « ne dépassez les limitations de vitesse sinon…« . Faites l’exercice entre adultes et voyez ce que vous pourriez formuler sur la forme positive plutôt que sous la forme d’une négation.

3. Les faire rire tous les jours

Le rire c’est la santé. Le rire a des effets relaxants et libérateurs de stress insoupçonnés. Il existe même des thérapie par le rire où les personnes vont se réunir une fois par semaine pour des séances de rire. Si les enfants semblent pleurer beaucoup et facilement, ils rient tout autant et tout autant facilement. Les faire rire les aident à dépasser leurs frustrations, et surtout les font se sentir heureux et connectés à eux-mêmes et à la personne qui les fait rire.

A pratiquer sans modération.

4. Dire oui! plus souvent

Il semble que beaucoup de parents ont de la peine à dire non. Et pourtant… observez sur une période de 24 heures le nombre de fois que vous avez dit non: « non pas maintenant, non pas aujourd’hui, non il n’y pas de raison, non je ne crois pas, non tu peux pas, non de… non mais j’y crois pas, non tu ne vas pas recommencer, non je t’ai déjà dit, non pas la dessus, non pas comme ça….« 

Essayons: « oui, dès que j’ai fini; oui je comprends que tu sois pressé de le faire aujourd’hui, veux-tu m’expliquer pourquoi?, oui je sais que tu en as envie, laisse moi te montrer comment… «  

Il est important aussi de savoir parfois dire oui, à des choses pour lesquelles nous aurions tendance à dire non, parce que cela ne nous arrange pas sur le moment, ou que les conséquences de notre oui pourraient être contraignantes pour nous ou encore que nous pensons que ce que l’enfant demande n’est pas “de bon ton” ou pas dans les “règles que nous nous sommes fixées”.

Relire à cet effet l’article ICI

Un oui concédé là où l’on pensait non, peut se solder par des comportements ultra positifs et des oui spontanés! à nos demandes là où d’habitude on récolte des nons systématiques

5. Passer du temps privilégié chaque jour avec chaque enfant

Le temps est un cadeau qui n’a aucun égal et qui laisse des sentiments profonds d’appartenance et de valorisation. Les enfants plus que tout au monde, désirent passer du temps avec leurs parents. Faut-il que ce temps soit intense dans le sens que l’enfant sente que nous sommes pleinement avec eux. Du temps privilégié est du temps où l’enfant se sent entier, le plus important à vos yeux, où il se sent apprécié quoiqu’il fasse, quoiqu’il dise. Ces temps peuvent être passés à jouer, à danser, à discuter, à les laisser s’exprimer comme ils le veulent, sans restriction ni règle contraignante; ces moments peuvent être aussi plus calmes, à les écouter vous raconter leurs histoires, à les bercer. Le petit détail qui fait toute la différence: ils sont maîtres du moment. Cela construit chez eux la notion de confiance qu’ils ont le droit d’être ce qu’ils sont, ce qu’ils veulent être sans être retenus, punis, ou encore jugés. La seule chose que le parent cadre dans ces moments particuliers est la durée et bien sûr, la sécurité.

15-20 minutes par jour, comme un rituel, et de préférence en individuel 1-1 parent- enfant.

6. Utiliser votre “bouton pause” et criez moins

Crier ou de s’énerver est le signal que vous donnez (à vous) et à vos enfants que vous avez cédez à la lutte de pouvoir. Le meilleur et seul moyen de l’éviter est d’utiliser le “bouton pause” et de respirer.

Comme un bouton d’alarme pour vous: “SOS gestion de mes émotions” dites vous intérieurement: « je m’arrête, je prends une grande respiration, je me recentre sur la réalité, il n’y a pas de danger, ni d’urgence, juste de la fatigue, des frustrations, du stress « . Puis vous reprenez le cours des évènements que lorsque vous avez suffisamment de calme en vous pour gérer la situation.

7. Eteindre vos écrans lorsque vous êtes avec eux

Les écrans sont devenus des amis “incrustés” dans les familles. Ils sont partout avec nous, tout le temps, ont toujours quelque chose à nous communiquer et allez savoir pourquoi, tout est toujours prioritaire… Il est important que nous sachions nous détacher de cette habitude lorsque nous sommes avec les enfants, ne serait-ce que pour modéliser l’art d’être en bonne communication. Rien n’est plus frustrant que de devoir partager l’attention de l’autre avec un écran.

8. Aller au grand air avec vos enfants

Sortir et se dépenser au grand air a pour conséquences de baisser les tensions, libérer les stress et les colères, régénérer en oxygène l’ensemble de l’organisme, augmenter la faculté de concentration, et rapprocher les personnes qui font l’activité ensemble. Toute la famille en tirera des bénéfices.

9. Autoriser les émotions, limiter les comportements

Dans les crises on perçoit d’abord les comportements qu’on essaye dès lors de contrôler. Rappelons-nous que tout comportement inadéquat est généré par une émotion “négative”. Le plus les émotions sont exprimées le moins elles sont traduites en comportements.

« Tu as le droit d’être en colère, tu peux le montrer autrement qu’en frappant ton frère. C’est normal que tu sois déçue, je ne peux pas te laisser être impolie avec moi ».

C’est ce qu’on appelle mettre des limites avec empathie: vous reconnaissez et autorisez l’émotion, vous limitez l’expression de ces mêmes émotions à des comportements acceptables.

10. Laisser une plage “temps pour moi” sur les plannings

On ne prend bien soin des autres, que lorsque l’on prend bien soin de soi. En tant que parent cela veut dire que vous ne pouvez bien gérer toutes les variations et variantes émotionnelles et comportementales de vos enfants que si vous prenez soin de vous recharger vous-mêmes: en repos, en énergie émotionnelle positive, en relations affectives et sociales ressourçantes, en réalisation personnelle, hobbies, ou passe-temps.

Devenir parent signifie se consacrer pleinement, pas se sacrifier pleinement.

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10 phrases anodines qui coupent l’élan

10 phrases anodines qui coupent l’élan

Voici 10 petites phrases (qui semblent) anodines dites aux enfants presque tous les jours, qui leur coupent l’élan dans leur évolution et à la longue leur font perdre confiance en eux.

1. Ne pleure pas. 

Refuser les pleurs à un enfant c’est refuser son état émotionnel, refuser qu’il soit triste, fâché, frustré. C’est décider que son émotion n’est pas valable. (suite…)

8 raisons pour lesquelles les enfants ne font pas ce qu’on leur demande

8 raisons pour lesquelles les enfants ne font pas ce qu’on leur demande

Pourquoi les enfants ne font pas ce que les parents leur demandent de faire, et surtout pourquoi les parents doivent-ils toujours répéter plusieurs fois.

  1. Ils ne partagent pas nos priorités. Faire le bain, se préparer pour partir, ranger la chambre, tout autant de choses qui deviennent impératives pour nous, n’ont que peu, voire aucune  importance pour eux, surtout s’ils sont en train de faire autre chose. Jouer est leur travail, leur priorité, car c’est comme cela qu’ils apprennent et qu’ils prennent du plaisir, alors que pour nous, adultes cela a perdu presque toute importance. De là, nous comprenons comment le décalage de priorités engendre, la frustration. Soyez assuré que cela les frustre autant de vous entendre répéter que vous de devoir répéter.
  2. Nous les avons entraînés à nous accorder de l’attention que lorsque nous élevons la voix ou menaçons de punir. Aïe ! Vraiment ? Oui vraiment. Les enfants s’adaptent et intègrent  les stratégies de communication que nous instaurons. Si notre stratégie est de répéter, l’enfant apprend que, en ne réagissant pas, il s’accorde du temps pour ce qu’il est train de faire. Ainsi il attend le signal ultime: le moment où vous élevez la voix ou annoncez la conséqeunce. Si nous avons pris l’habitude d’user et d’abuser de la méthode : « je compte jusqu’à 3 », nous avons entraîné l’enfant à attendre que nous ayons fini de compter pour éventuellement répondre. Et je dis intentionnellement éventuellement car, faisant l’expérience que cela ne fonctionne pas comme attendu, bien de parents s’arrêtent de compter à 2 ¾ sans jamais atteindre 3. L’enfant apprend donc qu’il n’y aucune urgence à répondre ou à collaborer.

Solution: Capter leur attention avant de poser sa demande: 

« Hey les Loulous, excusez-moi, j’ai quelque chose à vous dire, vous m’écoutez? Et attendre qu’ils lèvent la tête  

« Leo je viens pour t’avertir que cela va être l’heure du bain. Encore 5 min et on y va. Tu m’as entendu? » Et attendre qu’il acquiesce même s’il faut l’interpeller une seconde fois.

3. Leurs fonctions cérébrales sont encore imparfaites. La partie frontale du cerveau, là où se développe l’habilité à passer d’une chose à l’autre, à faire des choix, en l’occurence entre ce qu’il veut à ce que nous voulons, cette aire du cerveau met du temps à fonctionner spontanément et efficacement. Ainsi l’enfant aura plus tendance à répondre impulsivement en rapport direct avec son désir. Il répondra positivement lorsque son envie de se connecter à vous est plus forte que l’envie de continuer à faire ce qu’il fait. Chaque fois qu’il agit ainsi il entraîne cette faculté à switcher d’une occupation à une autre. Cela l’entraîne à l’auto-discipline. En criant ou menaçant, on bloque le cerveau, on l’empêche d’accéder à sa capacité de faire un choix et bien sûr, on lui enlève l’envie de se connecter. Qui souhaite se connecter à quelqu’un qui crie?

Solution:  trouver un moyen de lui donner l’envie de collaborer plutôt qu’attendre de lui d’obtempérer dès qu’on le lui demande.

« Poussin c’est l’heure du bain. Je sais tu joues encore alors pendant que tu finis moi je vais te préparer une baignoire pleine de mousse toute douce avec tes châteaux d’eau préférés.  Je t’attends là-bas. »

4. Ils ont besoin de plus de soutien pour vivre les moments de transition. Les transitions sont des moments difficiles pour les enfants, qui ne possèdent pas les capacités de passer d’une chose à l’autre très rapidement et surtout pas sans préavis. C’est la raison pour laquelle les transitions sont autant sujettes à crises d’opposition en tout genre: cris, refus, désorganisation, oublis obligeant  de retourner 5 fois dans la maison etc.

Relire: 9 choses  que votre enfant aimerait que vous sachiez quand il dit non

Solution: Accompagner les enfants dans les transitions, en les avertissant, en reconnaissant la frustration que cela engendre puis en les accompagnant à se diriger vers l’activité suivante garantit des transitions plus sereines.

“Je viens pour t’avertir que ça va bientôt être le moment de se préparer pour l’école. Tu peux avertir tes monstres que tu vas devoir partir? Quand le sablier est vide ce sera le moment de te préparer. 

« Je suis sûr que c’est très embêtant de devoir arrêter de jouer, ton train magique peut t’emmener jusqu’à tes chaussures pour t’aider à les mettre? Valable aussi pour les plus grands:

« Je sais que vous êtes en pleine partie mais je dois vous avertir que dans 10 min on va passer à table. Préparez-vous à devoir interrompre votre jeu. »

5. Ils ne se sentent pas entendus ou pas considérés dans leur position. On ne peut pas faire obéir un enfant sans le bousculer: physiquement et/ou psychologiquement ( tirer par le bras, pousser, gestes brusques, menaces, punitions, domination).

Marshall Rosenberg disait : « nous ne pouvons pas obliger les enfants à quoique ce soit; on peut seulement les faire regretter de ne pas l’avoir fait ».

Cela veut dire que “faire obéir” revient à user de méthodes contraignantes.

L’enfant ne réagit pas ou pas tout de suite, par manque de considération ou manque de pouvoir positif.

L’enfant va choisir de coopérer lorsqu’il peut lire dans notre demande ou la façon dont nous la posons, que nous pensons également à son intérêt ou prenons en considération sa condition.

Il en va de même avec nous: nous réagirons différemment si le supérieur demande: 

« apportez-moi les derniers rapports au plus vite svpl ». ou s’il dit:

« je sais que vous êtes très occupé, alors dès que vous avez un moment je vous serais reconnaissante de bien vouloir m’apporter les derniers rapports. »

Solution: leur faire savoir que nous prenons en compte leur réalité du moment et donner du pouvoir en donnant du choix.

« Leo j’ai bien entendu tu as dit très fort NON PAS DE BAIN. Peut-être que tu n’aimes pas du tout le bain. Et probablement que quand tu seras grand tu prendras plus jamais des bains n’est-ce pas? Mais maintenant tu as besoin d’un bain, comme Maman, comme Papa, on a tous besoin de prendre le bain.

Tu préfères prendre le bain ou faire la douche? On y va maintenant ou dans 5 minutes? »

6. Ils se sentent déconnectés, ou sont déconnectés de nous. La connexion est l’élément magique de la relation entre parent et enfant. Lorsque la connexion est rompue, toute collaboration est compromise. Le problème c’est que souvent on interprète la déconnexion comme une intention négative de l’enfant envers nous, une disposition négative de l’enfant vis-à-vis du parent. La déconnexion peut être créée par différentes choses, aussi innocentes que le voyage dans l’imaginaire, que douloureuses comme une mise à l’écart, ou secrètes comme un souci qu’il n’aurait pas partagé  mais qui l’envahit. Un enfant qui joue est dans son monde, a perdu la connexion avec la réalité et donc lorsqu’on l’appelle, il faut un temps de reconnexion.

C’est comme faire un appel téléphonique et attendre que l’autre décroche à l’autre bout. Et parfois le téléphone sonne occupé.

Si on a crié, menacé, ou qu’on a isolé l’enfant un moment, la déconnexion s’est passée dans la douleur; si l’enfant est préoccupé par quelque chose d’important pour lui, sa connexion à vous peut-être momentanément très faible. Rester derrière l’enfant à le seriner pour qu’il réagisse, la connexion existe mais est de très mauvaise qualité.

Solution: Il est toujours préférable de reconnecter l’enfant d’abord, en attirant son attention avec compréhension avant de poser sa demande.

“Wahou Leo, ton train a l’air magique. Il va où? il prend des passagers comme moi? puis en l’invitant à entrer dans la réalité : « je sais que tu n’as pas fini avec ton train et c’est l’heure du bain. Ton super train pourrait t’y emmener ou le train doit rester ici pendant que tu prends le bain?

Cela rejoint l’aide aux transitions:

entrer dans son monde pour l’aider à en sortir plutôt qu’exiger de lui, de sortir de son monde, pour rejoindre le nôtre.

D’autant si c’est pour quelque chose d’aussi inintéressant que prendre le bain ou mettre la table.

7. Ils ont perdu foi en nous. Je me souviens cette Maman atterrée par la remarque de son fils de 10 ans:

de toutes les façons tu n’as plus de plaisir à être Maman. Tu fais que crier et espérer qu’on soit pas là ou dans nos chambres, même quand on fait rien de mal.

Ainsi ce jeune garçon ne prêtait plus attention à ce que sa Maman disait sachant que quoiqu’il arrive elle allait crier ou répéter sans cesse les mêmes choses. Sans arriver à ces extrêmes, il arrive parfois que nos préoccupations, notre surcharge de responsabilités et de travail est telle, (parents seuls, divorcés ou peu soutenus) que nous réalisons plus, que nous ne prêtons attention qu’à ce qui n’est pas fait, pas parfait, pas terminé ou à faire plutôt que de penser à vivre des moments présents avec nos enfants à les écouter nous parler d’eux et de leur monde. Les enfants comptent sur nous pour les nourrir en affection, en attention et pour les guider.

Quand ils persistent à nous emporter dans leurs luttes de pouvoir c’est parfois un signal d’alarme que notre présence n’est plus ressentie de façon assez intense.

Solution: créer des moments privilégiés intenses, sortir avec eux faire une activité plein air, s’organiser pour passer du temps à faire des choses qu’ils aiment. jouer, rigoler. Des gros éclats de rire sont indispensables aux enfants et bienfaisants aux parents.  Planifier ces moments intenses, même s’ils faut le faire sur le planning général affiché sur le frigo en mettant en évidence ces plages spéciales « TEMPS INTENSE ».

8. Ils sont comme nous!! Ils sont humains. Ils résistent lorsqu’ils se sentent forcés ou contrôlés- L’être humain, être de libre arbitre, déteste se sentir contrôlé et y réagit par la résistance. Plus ils se sentent poussés ou bousculés, plus ils vont se rebeller; alors que les enfants plus dociles vont eux, perdre leurs capacités d’initiatives, leurs capacités à s’affirmer.

Solution: installer un partage des pouvoirs. Faites ressentir à votre enfant que vous êtes de son côté en reconnaissant ses sentiments : « oui je sais c’est frustrant, oui je suis sûr que cela ne t’arrange pas du tout de faire cela maintenant, je suis désolée que cela te mette dans un tel état de colère » puis soutenez dans l’apprentissage de la “contrainte” car des contraintes il y en a dans la vie! en leur donnant du choix:

« tu peux prendre la douche ou la bain, tu peux faire les devoirs avant ou après le souper, tu ranges ta chambre aujourd’hui ou demain? »

« Ok pas maintenant de suite. Tu as besoin de  temps? Combien? »

Il est toujours préférable de motiver l’enfant à collaborer, de le guider, plutôt que de le contrôler.

L’obéissance est parfois comme la Quête du Graal parental. Qu’est-ce qui nous pousse à nous battre à ce point pour que les enfants fassent ce qu’on leur demande de faire?

La peur le plus souvent. La peur de perdre le contrôle,  la peur de ne pas éduquer de bons enfants, de bons citoyens capables de se soumettre aux règles valables en société, la peur du jugement des autres si nos enfants n’adaptent pas leurs comportements à ce qui est attendu.

Il y a également de façon plus ou moins consciente, notre propre revanche sur notre propre état d’enfants de parents. Et parfois même de dire: « j’ai été bousculé et j’en suis pas mort » ou « j’ai été élevé par des parents contrôlants et j’ai plutôt bien réussi dans la vie » comme autant de « maigres » consolations à de grands moments de frustration et de colère et parfois peut-être même de solitude, en tant qu’enfant contrôlé et dirigé, en tant qu’enfant que peu entendu dans ses propres désirs à vouloir aussi prendre ses propres décisions.

Et si nous avions pu choisir d’apprendre les mêmes choses de façon plus collaborative et plus douce?  Aurions-nous refusé? Aurions nous moins bien réussi?

Il est important de trouver un juste équilibre et trouver une position confiante située  entre la peur d’élever des enfants “endommagés” ou “maltraités” en prônant le libre choix de « tout tout le temps pour son bien-être » et la peur d’élever des enfants « tout-puissants » en optant pour une éducation contrôlante et contraignante.

Ce juste milieu, c’est guider son enfant sur le chemin de l’auto-discipline, de l’auto détermination, de l’autonomie, en modélisant les comportements attendus, en posant des limites avec justesse et empathie, en respect de son niveau de développement, de sa personnalité et de ses vulnérabilités.

C’est aussi être confiant que, en tant que parent, adultes autonomes, nous avons suffisamment de ressources pour guider ces « petits de nous » sur leur chemin sans avoir peur qu’ils nous dominent, qu’ils souffrent trop ou qu’ils ne réussissent pas.

Cela demande quelques années de patience et d’auto gestion de frustrations parfois intenses, mais soyons encouragés:  la contrepartie de bénéfices est énorme !!

Personne n’a dit que ce serait simple, par contre c’est possible !

L’EQUILIBRE FAMILIAL EST A LA PORTEE DE TOUS

MHM