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Cette semaine nous allons traiter le sujet délicat et si prenant pour les parents, de l’opposition chez l’enfant.

I.Phase du non

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Dès l’âge de 18 mois environ, l’enfant prend un certain pouvoir sur son environnement en général et sur son entourage en particulier: il marche et il parle. Deux compétences essentielles pour le début de l’autonomie et de l’affirmation de soi.

il commence à vouloir faire des choses par lui-même, il décide d’en faire sans demander d’aide; il s’impose dans ses désirs, peut se montrer intransigeant avec les autres enfants, faisant comme si tout était à lui; s’il a découvert vers 8-10 mois qu’il est un être différencié de sa maman et des autres membres de la famille, il en acquiert la conviction et commence à en comprendre les bénéfices.

C’est dans cette phase et jusqu’à presque 3 ans que l’enfant se met à dire non à tout! 

  • Il dit non à tout ce que vous lui demandez
  • Il répond par la négative à toutes les questions
  • Il refuse de s’assoir dans son siège auto
  • Il refuse de mettre ses chaussures
  • Il refuse de donner la main
  • Il refuse de mettre sa casquette alors que le soleil tape, de prendre le bain, de manger son assiette, d’aller au lit, de, de , de …… du matin au soir!!!

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La découverte de ce pouvoir qu’il peut avoir sur les adultes qui l’entourent, en particulier ses parents ou ses grands frères et soeurs peut vite devenir un enfer si on en comprend pas les tenants et aboutissants et donc qu’on ne sait pas comment y réagir.

  • Dire non lui permet de tester les réactions. Tester dans le sens expérimental, puis si les limites n’arrivent pas ou de manière irrégulière et incohérente, dans le sens “jusqu’où et pourquoi” Pourquoi parfois Maman se fâche et parfois pas; par essais répétitifs l’enfant essaye.
  • Dire non lui permet donc de comprendre les règles de conduite, les règles de communication avec ses parents.
  • Dire non permet à l’enfant de se situer dans le jeu relationnel des membres de sa famille et de se faire sa place.

Même si cette attitude répétitive devient très fatigante et irritante le mieux est de prendre cela avec recul, sachant que cela ne dure qu’un temps, pour autant bien sûr que les limites soient fixées. Oui mais comment ?

Extérieurement: 

  • Regardez toujours votre enfant pour ce qu’il est: un tout petit être humain en train d’apprendre.
  •  Acceptez qu’il a besoin de ces manifestations bruyantes pour passer au stade suivant, ça veut dire
  • Laissez le crier, s’énerver tout en sachant faire deux choses essentielles:
  • Confirmez et reconnaissez ses sentiments: je vois et je comprends que tu es en colère, cependant je ne changerai pas d’avis.
  • Ne vous laissez pas intimider par les regards désapprobateurs de gens lorsque vous êtes à l’extérieur. Ces regards ne sont pas vraiment des critiques; les gens se sentent mal à l’aise eux-mêmes par l’énergie dominatrice de l’enfant; ils cherchent juste à se débarrasser de ce sentiment désagréable et passent donc par vous! Dites-vous à ce moment: mon enfant apprend, l’important c’est ce que je lui enseigne pour son bien-être.
  • Dédramatisez et sachez parfois dire ok: non!

Intérieurement: 

  • Pensez avant de fixer une limite, au sens de votre limite puis n’en changez plus.
  • Départagez votre état émotionnel de celui de votre petit: sa colère n’est pas la vôtre. Il fait une montagne d’un rien: n’en bâtissez pas une autre en face de lui.
  • Restez calme, ce qu’il fait est normal; que vous vous mettiez à crier ne l’est pas. Quand l’agacement est trop fort
  • Prenez quelques minutes pour vous: demandez à votre conjoint de prendre le relais, allez à la salle de bains regardez-vous dans la glace et dites vous que ça va et rigolez avec vous-mêmes, regardez loin dehors et respirez profondément, entonnez votre chanson préférée, etc….

Avec votre enfant: 

  • Restez en contact avec votre enfant dans sa crise. Cela veut dire restez attentif à l’évolution, gardez une juste distance physique et émotionnelle avec lui, et lorsqu’il est calmé, 
  • Parlez avec lui, elle. 
  • Ne lui faites pas de reproche car il sort d’un moment éprouvant.
  • RECONNAISSEZ TOUJOURS son sentiment de colère, puis 
  • Expliquez lui les raisons de votre prise de décision avec douceur et bienveillance.
  • Différenciez votre état émotionnel du sien. Exemples: “ je ne suis pas en colère, je ne veux pas te mettre en colère; je dois juste te montrer ce que tu peux faire et ce que tu ne peux pas faire. Et là…… ça tu ne pouvais pas faire. Je ne peux pas accepter que tu me parles comme cela, que tu cries comme cela au magasin etc…
  • Exprimer des paroles visant à encourager, renforcer et apaiser. Je suis contente que tu te sentes mieux.   Je vois que tu comprends mieux et je suis très fier(e). Tu es un super petit garçon, une super petite fille. Je t’aime très fort. » etc

A éviter absolument: 

  • toute parole culpabilisante : « t’es  insupportable ! » (c’est vous qui ne supportez pas), « tu es méchant »: (il n’y aucun intention méchante dans le comportement du tout petit), tu m’énerves etc.
  • toute parole dévalorisante: à ton âge…ton frère ta soeur est plus gentil(le),  t’es qu’un bébé (eh ben oui c’est un bébé!)
  • les menaces: « tu vas voir quand papa va revenir » (met Papa dans une position de méchant potentiel et apprend à l’enfant à en avoir peur), « si tu n’arrêtes pas je t’en mets une… » etc. Même si vous ne le faites pas, votre ton et votre regard trahissent votre colère et effraye votre petit. Cela fragilise la relation au lieu de renforcer la confiance qu’il a en vous. 
  • les promesses de punition décalée dans le temps: « on ira pas à la piscine demain, tu n’auras pas de glace au dessert,  (de surcroit quand de toutes les manières vous ne les tenez pas)

Votre tout petit n’a aucun moyen de se projeter dans l’avenir. Ce qu’il vit, il le vit intensément et maintenant. Il ne fait aucun lien entre “être en colère maintenant” et “ne pas aller à la piscine demain.” C’est aussi saugrenu pour lui que si on vous disait “si vous ne vous calmez pas “(parce que vous êtes fâchés qu’on ouvre pas une caisse supplémentaire alors que la queue est longue comme pas possible,) quand vous aurez 40 ans (alors que vous avez 25) vous ne pourrez plus aller au cinéma. Cela n’a aucun sens ? Ridicule me direz-vous! Et bien ni plus ni moins que de menacer son petit de ne pas allez à la piscine demain après-midi parce que il ne veut pas mettre son pantalon ce matin. 

  • La contradiction entre parents: vous n’êtes pas d’accord avec votre conjoint(e) sur son attitude face à l’enfant en crise. Prenez votre mal en patience et discutez-en après, à l’écart de l’enfant. Trouvez des compromis sur les limites à fixer selon vos valeurs.

Partagez vos difficultés avec vos amis(ies)! Tout le monde passe par les mêmes moments. Cela déculpabilise de ne pas savoir comment arrêter “cela” et au final on trouve cela presque amusant. 

L’EQUILIBRE FAMILIAL EST A LA PORTEE DE TOUS

N’hésitez pas à laisser vos commentaires, vos questions ou compléments.

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