La santé émotionnelle dans l’enfance est la clef pour le bonheur dans le futur. Richard Layard

 

Lord Richard Layard

Lord Richard Layard

 

C’est l’émérite professeur  d’économie de Londres, Lord Richard Layard qui l’affirme. :

L’argent, le succès et les bonnes études sont moins bien importantes que la santé émotionnelle pour ressentir de la satisfaction dans sa vie adulte.

Richard Layard  et ses collègues de la London School of Economics’Center for Economic Performance, (LSE), ont conduit des recherches sur le Bien-être ou le sentiment d’accomplissement et de satisfaction à l’âge adulte. Leurs conclusions sont sans appel:

la santé émotionnelle dans l’enfance est de loin plus importante pour leur niveau de satisfaction à l’âge adulte que n’importe quel autre facteur comme l’accomplissement de grandes études avant 25 ans, ou la réussite professionnelle et sociale. 

Les auteurs évaluent la qualité de la santé émotionnelle d’un enfant sur la base de l’analyse d’une série de facteurs internes au début de la vie; ils prennent en compte également les personnes qui ont subi ont subis des traumas, et leurs effets co-latéraux comme: la peur, l’énurésie, les troubles du sommeil et de l’alimentation, la fatigue.

L’étude avait pour but de contester l’hypothèse de base de la politique éducative des dernières années prétendant que la réussite scolaire est plus importante que toute autre chose pour la réussite de la vie adulte. L’ancien secrétaire de l’éducation Michael Gove (2010-2014)  avait, se basant sur cette conviction, avait ordonné aux écoles britanniques de se concentrer en priorité sur le contenu et les résultats, sur l’excellence, au détriment des questions dites “périphériques” telles que le développement moral, social et culturel des enfants.

Son successeur Nicky Morgan (depuis 2015) s’est lancé comme challenge politique d’inverser cette tendance.

La question centrale de l’étude est donc: qu’est-ce qui prédit une vie réussie ? 

A cet effet les chercheurs ont choisi une population de 9000 personnes nées en 1970 dans un laps de temps de 3 semaines. (nés entre le 1 et le 21 de même mois), représentatifs de la population britannique actuelle.

Cette population cible a été suivie; il leur a été demandé de remplir un questionnaire sur leurs sentiments de satisfaction de  leur vie, sur des tranches de leur vie allant de  5-7 ans (découpage correspondant à des cycles de vie).   Ils ont été également invités à évaluer leur degré de satisfaction de vie ou sentiment de bonheur à certains moments  clefs de leur vie. (obtention du diplôme, mariage, premier enfant, séparation, premier emploi etc)

Parallèlement les chercheurs ont analysé certains facteurs-indicateurs susceptibles de déterminer le niveau de satisfaction (sentiment de bien-être) appelés prédicteurs,  comme le revenu, la réussite scolaire, l’emploi, la place dans la hiérarchie, le fait d’avoir ou non eu des démêlés avec la justice, leur situation amoureuse, leur état de santé physique, et/ou émotionnelle. Ils ont croisé ces réponses (valeurs données par les questionnés)  avec des facteurs décrits par les psychologues comme influençant le développement de l’enfant: le contexte socio-culturel de l’enfant, les capacités d’apprentissage, la santé physique, la santé émotionnelle, autrement dit le climat émotionnel de la famille dans laquelle ils ont grandi.

Leurs résultats sont édifiants et sans appel: le revenu explique seulement 1% de la variation de satisfaction de la vie de la population cible (représentative de la population de Grande_Bretagen) contre 16% d’incidence de la santé émotionnelle.

Ainsi c’est démontré par les chiffres: l’argent ne peut pas vraiment vous offrir le bonheur, même s’il peut y contribuer.

Ces résultats ont été comme on l’imagine, controversés notamment par tous ceux qui ne savent que peu comment aborder la question de l’équilibre et de la santé émotionnels et de fait ne voient pas comment ce facteur pourrait être intégré dans la réussite en général et la satisfaction en particulier.

Malgré des résistances, car il n’est jamais facile d’admettre que des choses qu’on considérait comme des valeurs fondamentales sont erronées, le mouvement vers un changement de vision est déclenché.

David Cameron, premier ministre actuel,  a déclaré:

Il est temps d’admettre qu’il y a plus que l’argent dans la vie, et qu’il est temps que nous nous focalisions non plus seulement sur le PIB mais également sur le GWB (General well being en anglais) le BEG, le bien être général. 

Ainsi, ce qu’on pourrait appeler l’économie du bien-être ou du bonheur, (non pas en terme d’en faire l’économie mais bien de créer une économie qui en tienne compte) est maintenant une discipline qui fait son chemin, gagne en respect, et qui commence a réellement influencer les politiciens.

Alors comment imaginer qu’un changement dans la vie des enfants d’aujourd’hui pourrait changer l’économie de demain?  Comment prouver que une meilleure santé émotionnelle dans la vie des gens nés en 1970 aurait eu une incidence sur la qualité de leur vie aujourd’hui et sur l’économie actuelle ? C’est la question la plus souvent posées par les plus réfractaires à ces résultats.

La prétention des chercheurs ne va pas si loin. Leur but était simplement de démontrer que, dans la population de Grandes Bretagne, où le niveau social connaît de grandes variations, mais surtout où le niveau économique moyen est loin d’être satisfaisant, les gens ont évoqué la santé émotionnelle dans leur enfance et actuelle comme un facteur important de leur degré de bonheur, bien avant leur niveau économique ou leur réussite sociale et professionnelle (avérée ou souhaitée).

De loin le plus important prédicteur de la satisfaction de la vie adulte est la santé émotionnelle vécue dans l’enfance et prolongée dans la vie adulte. Nous constatons que la performance intellectuelle dans l’enfance est le prédicteur de l’enfance le moins significatif d’une vie adulte satisfaisante. Richard Layard

Il paraît dès lors réellement possible et plausible que une génération d’enfants éduqués avec bienveillance, bénéficiant d’une bonne santé émotionnelle pourrait créer une nouvelle génération d’adultes plus heureux, plus positifs, plus confiants,  plus libres dans leur créativité, plus tournés les uns vers les autres, et par conséquent également plus sensibles à la condition de l’ensemble qu’à la condition individuelle.

Une telle génération pourrait très probablement représenter une grande économie, à terme, sur les finances publiques et créer un monde économique visant la satisfaction plutôt que l’accumulation. Richard Layard

Combien de générations faudra-t-il? Peu importe, pourvu que  ce monde auquel nous aspirons de plus en plus aujourd’hui, finisse par prendre forme et finalement exister.

J’ai trouvé intéressant de partager cet article ici, afin d’encourager les parents et les enseignants d’aujourd’hui à accorder une importance primordiale à l’équilibre émotionnel de leurs enfants avant d’insister sur la réussite scolaire, sportive ou encore d’apparaître comme les meilleurs parents du monde aux yeux des autres en croyant répondre aux standards.  Gardant bien à l’esprit que la première favorise la seconde.

Ne nous leurrons pas les uns les autres: chacun, une fois à la maison se pose les mêmes questions: suis-je vraiment un bon parent? Cela se voit-il sur mes enfants? Mes enfants sont-ils des indicateurs du bon parent que je suis?

Qu’il soit bien noté ici que je n’ai pas dit qu’il n’était pas important de réussir à l’école, de faire ses devoirs, d’encourager ses enfants à apprendre, donc à étudier. L’important étant de donner le meilleur de soi-même dans tout ce que qui est fait.

Lire l’article original en anglais

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