Mais il, elle le fait exprès pour me faire enrager !! Il me déteste! Il me cherche!

Qui n’a pas pensé une telle chose de  sa petite créature qui aligne les bêtises du matin au soir.

 

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Mais voilà ! Tout ceci n’est autre que la conséquence directe du développement de la partie de son cerveau appelée cortex préfrontal.

Sans entrer dans un cours de neuro bio psychologie, juste dire ici que c’est la partie du cerveau qui permet la pensée logique, l’élaboration de stratégies ainsi que la prévision et la mesure des conséquences des actes. Cette aire est aussi le siège du contrôle des pulsions.

Cette partie du cerveau commence à fonctionner que vers l’âge de 4 ans et n’arrive à maturité que vers l’âge de 20 ans.

Donc soyons rassurés, nos petites terreurs ne calculent rien, ne cherchent pas à nous manipuler par leurs pleurs ou leur faculté à mettre parterre 20 fois l’objet que nous avons ramassé 20 fois aussi, ou encore à trouver très très drôle de vider le paquet de farine attrapé du bout des doigts dans le placard qu’il peut enfin ouvrir.

Les conduites agressives, les pleurs incessants, les crises en tout genre ne sont que des manifestations d’un besoin d’aide.

Le cerveau est donc lui aussi un enfant en développement, qui a besoin d’apprendre des tâches. Il faut donc l’éduquer, le programmer en quelque sorte.

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Comment?

En montrant comment et quoi faire car l’enfant premièrement imite; c’est son boulot de la journée ! Il adore le faire et ne s’en lasse pas.

Même quand on a le dos tourné il observe et imite. Une fois des séquences intégrées il les rejoue dans son monde imaginaire avec ses peluches, ses jouets ou avec ses camarades de jeu au bac à sable ou encore à la crèche.

Ainsi ils nous surprennent le plus souvent avec des paroles ou des intonations de voix qu’ils nous servent comme des miroirs dans lesquels nous sommes obligés de nous reconnaître.

Au fur et à mesure du développement de l’enfant il est important de lui apprendre à résoudre les problèmes qu’il rencontre, de lui apprendre à se calmer lors de frustrations, de lui enseigner comment il peut être emphatique. Le plus tôt ces apprentissages sont faits, le mieux l’enfant pré-adolescent puis adolescent est prêt à utiliser son cerveau pour fonctionner dans sa réalité journalière.

« Le temps passé à être intensivement avec lui à lui montrer, puis à lui apprendre, sera gagné plus tard, car ces apprentissages permettent d’acquérir une autonomie progressive et bien ancrée. »

 

  • En nourrissant de paroles compréhensives, de gestes rassurants, d’encouragements et de félicitations. 

Si l’on comprend qu’il n’y pas d’intentions négatives ni de manipulations comme nous les connaissons alors il est plus facile d’agir de manière appropriée et d’apporter la bonne réponse à l’enfant.

Exemple: le moment du coucher est compliqué et s’éternise. L’enfant n’est pas méchant, l’enfant n’essaye pas d’abuser de notre patience, ou de profiter d’un moment de faiblesse ou de notre propre fatigue pour rester plus longtemps éveillé.

L’enfant a besoin d’aide pour la transition éveil-sommeil; l’enfant a besoin d’être rassuré que pendant qu’il dort son parent reste dans les parages; l’enfant a besoin d’être rassuré que quand il est seul dans sa chambre il est en sécurité dans l’obscurité; l’enfant a besoin de savoir que son parent a envie et est content qu’il se repose et que c’est bien.

Fort de ce savoir on comprend vite que le coucher demande un temps de préparation, un accompagnement sécurisant, des paroles douces le réconfortant, des gestes tendres et affectueux lui permettant de se relâcher physiquement et  de s’endormir paisiblement. Plus le moment du coucher est ritualisé plus le cerveau de l’enfant fera des liens entre ces moments et le bien-être qui en découle.

Tout ce que fait un enfant avant 4 ans n’a pour autre but que d’essayer de répondre à un besoin interne ( calmer une angoisse, calmer une douleur, calmer un mal-être, fuir une peur, recevoir un plein d’affection et 100 autres qu’on peut (on pas) imaginer).

  •  En mettant en valeur et en construisant l’estime de soi.

Les tous petits sont ici et maintenant ce qu’on leur dit qu’ils sont. Si on fait un compliment à un petit son visage va s’illuminer. Ainsi on peut donner à un petit garçon le sentiment d’être beau comme un Prince même s’il est habillé en haillons, simplement en le félicitant pour son magnifique costume.

De la même manière si on dit à son enfant qu’il est méchant parce qu’il ne veut pas manger, pas faire ceci ou cela, il va se voir comme méchant.

Nous comprenons comment des paroles négatives répétitives, sans portée réelle  pour nous, peut ancrer une croyance dans un enfant. N’avons nous jamais entendu dire une enfant: Papa n’est pas venu parce que je suis méchante, ou encore: Maman me punit parce que j’étais méchant.

Il est primordial d’avoir à l’esprit que le cerveau de l’enfant ne fait pas la différence entre une expression et le sens premier des mots. Il va donc les intégrer, apprendre à faire les liens entre ce qu’on lui répète et ce qu’il fait au moment où on le dit.

Veillons à aider nos enfants à construire une bonne et solide estime de soi, en n’hésitant jamais à dire des choses positives et en veillant à ne pas à utiliser des qualificatifs dévalorisants même si ces mots ne sont « que des mots » .

Tout comme vous, l’enfant aime à entendre des choses positives sur lui. Il va en même temps qu’il les entend, lire les traits heureux de votre visage et le ton positif de votre voix. Dans le but de revivre ce moment flatteur, valorisant et bienfaisant il va chercher à vous plaire encore et encore.

 

  • En étant connecté ou autrement dit attaché.

De nombreuses études ont démontré que les patterns d’attachement au début de la vie déterminent bien des comportements plus tard dans la vie, notamment nos façons de gérer les relations en général et les relations affectives et amoureuse de manière plus spécifique.

Ainsi les enfants qui font des expériences positives de l’attachement dans leur prime enfance acquièrent une bonne estime personnelle,  développe une  bonne autonomie tout au long de leur développement , et finalement sont en mesure de créer  des relations interpersonnelles et affectives saines et satisfaisantes dans leur vie adulte.

L’attachement se fait de différentes façons; le plus important est la qualité des moments passés avec les enfants, leur régularité, leur intensité. Il est souvent plus profitable à l’enfant de passer des moments moins nombreux ou plus brefs mais intenses, dotés d’une attention focalisée et soutenue plutôt que d’être tout le temps physiquement présent mais peu attentif, ou avec une attention partielle. Son cerveau apprendra à faire des liens entre votre présence et le sentiment de sécurité affective qui en découle. L’enfant sera d’autant plus attaché à la personne qui l’accompagne qu’il se sentira en sécurité, valorisé et aimé en sa présence.

Le petit enfant dans l’apprentissage du monde qui l’entoure veut tout autant être accroché à son parent que gambader tout seul. Il le manifeste en demandant dans la même minute, à être porté, à être posé, puis à être porté encore et à peine dans les bras à être reposé. Il exprime ce désir paradoxal : “laisse moi aller mais tiens moi” Son désir d’explorer son monde est aussi intense que celui que vous soyez son refuge constant. Au final, son besoin d’être connecté à son parent est le plus fort. On peut dans cette phase déjà apercevoir les enfants à personnalité plus indépendante ou au contraire plus “frileux”.

Un enfant même petit, rechargé par une dose intense d’attention aimante, valorisante, s’occupera plus facilement tout seul, pendant un moment pour autant qu’il ait l’assurance que son parent n’est pas loin et prêt pour lui dès qu’il en a besoin.

Les parents ne peuvent et ne doivent pas être tout le temps “au taquet”, en pleine forme, pleinement avec leurs enfants, productifs, patients, attentionnés et toutes ces choses attendues de la part de “bons parents”. Chacun a droit à ses moments creux, à des moments de lassitude, de fatigue ou de besoin d’autres activités que celles liées à la parentalité. Il est dès lors important, autant faire se peut, de s’accorder des breaks, en demandant à l’autre parent de prendre le relais, en laissant les enfants aux grands parents, aux amis, à la famille élargie. Et parfois lorsque l’enfant est en mesure de comprendre en lui expliquant que pour un moment vous avez besoin de prendre un moment pour vous.( pas 2 heures enfermé  dans votre chambre musique à coin bien sûr! )

Expliqué avec amour et authenticité, vous serez surpris de la réaction de votre enfant.

Si nos enfants pouvaient en parler, certainement nous diraient-ils:

« Je n’ai pas besoin que tu sois parfait, j’ai juste besoin d’être aimé et connecté. Nous allons grandir ensemble toi et moi. Je t’aime infiniment et inconditionnellement. Regarde moi simplement comme un petit être humain dont les besoins sont importants. Nourris moi, guide moi, et aime moi inconditionnellement aussi car je ne suis et ne vais pas être parfait non plus. Je vais avoir besoin de savoir que tu LA personne qui voit ma nature profonde, le bon en moi, même quand je mets le souk tout autour moi. J’ai beaucoup de choses à t’apprendre aussi. Alors profitons ensemble de chaque jour qui nous est donné car je ne vais rester petit très longtemps. »

 

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