Je pensais que ma fille n’avait fait qu’une expérience lorsqu’elle est rentrée pour la première fois complètement soule. Nous avions eu une bonne discussion à ce sujet; elle me disait “t’inquiète Maman, c’était juste pour essayer; maintenant j’ai vu ce que cela fait et je n’ai pas du tout envie de recommencer”.

Pourtant quelques mois plus tard cette Maman convoquée à l’Ecole des métiers de sa fille, apprend qu’elle a été contrôlée positive à un test de cannabis.

“J’avais bien remarqué que malgré notre discussion, ma fille était rentrée quelques fois plus tard que convenu, que le matin sa chambre sentait l’alcool. J’ai même une fois trouvé une bouteille de Vodka vide mais elle m’avait jurée que c’était pas la sienne, qu’ils avaient bien bu ensemble avec ses amis mais que les garçons avaient décidé de mettre cette bouteille dans son sac parce que eux en avait déjà plusieurs.” Donc elle fréquentait bien des amis qui avaient pour habitude de boire  » J’étais à mille lieues de penser que ma fille consommait du cannabis. Je pensais que son comportement parfois un peu agressif était lié à la pression des études ou peut-être à ses amours…

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Comment adapter son comportement parental entre mettre une pression terrible (en forçant votre adolescent à admettre qu’il, elle consomme et/ou les sermonnant sans cesse, ou en suspectant chaque mouvement ou attitude comme une tentative de consommation.) et abandonner et/ou fermer les yeux pour ne pas se confronter. 

C’est toujours un choc pour des parents de réaliser que leur fils ou leur fille sont devenus consommateurs. Si vous même ne l’avez pas jamais été, il se pourrait que cela éveille en vous des peurs presque irrationnelles, liées à l’image que vous avez de la consommation et des dérives possibles vers des substances plus dangereuses. Le monde de la toxicomanie est terrifiant pour vous et c’est bien compréhensible; dans l’absolu le monde de la toxicomanie est terrifiant cependant votre enfant n’y est pas.  

Si justement  vous avez passé par là et que vous en avez payé un certain prix, il se pourrait que vous vous sentiez très coupable de ne pas avoir su éviter ce faux pas à votre enfant.

100% des parents d’adolescents devenus consommateurs, d’alcool dans des proportions dangereuses et/ou de drogues se sentent coupables. 

Pensez de fait que vous n’êtes pas seuls, que cela n’est pas arrivé “à cause de vous” et que rien n’est définitif. Ne vous condamnez pas, ne condamnez pas votre enfant. Pensez “simplement” que vous êtes dans une turbulence: vous en tant que parent d’un enfant commençant à faire ses propres choix (même s’il ne fait pas ceux que vous souhaitiez qu’il fasse ) et votre enfant en tant que jeune adulte en devenir devant faire face à l’apprentissage des conséquences de ses propres choix.

Alors avant de lire la suite, respirez, pardonnez-vous, pardonnez à votre rejeton de créer pareilles angoisses au sein de votre foyer, et dites-vous que, d’une manière ou d’une autre, vous allez sortir de cette turbulence. 

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  1. De la même manière que vous protégiez votre enfant petit, des dangers potentiel de votre maison en bloquant l’accès aux endroits dangereux, mettez sous clef tout produit pouvant être utilisé à des fins d’expérimentation de consommation: médicaments, produits alcoolisés, etc.
  2. Assurez-vous en contrôlant, de ce qu’il, elle pourrait avoir dans sa chambre comme produits plutôt que “d’avoir peur” de ce que vous pourriez y trouver. N’oubliez pas que votre ado est mineur, que vous êtes chez vous et que l’intimité ou la sphère privée, même si elle doit être respectée, a ses limites. Ces limites sont la mise en danger ou l’infraction aux règles que vous avez posées. Si ce n’est guère respectueux et déconseillé de lire le journal intime de votre ado pour savoir ce qu’il, elle pense de votre attitude, ou de qui il,elle est amoureux, il est de votre devoir de garantir la sécurité de votre mineur au maximum, et de vous respecter. Pas d’alcool pour les mineurs, ni de produit illicite d’aucune sorte dans votre maison. Donc dans un cas de suspiçion de consommation et/ou de possession de produit de ce genre, la sphère privée de votre enfant n’est plus la priorité.
  3. Si vous trouvez des substances illégales dans sa chambre, il est important que vous soyez au clair avec ce que vous allez faire avant de l’annoncer à votre adolescent. Tout dépendera de la relation que vous avez avec lui, elle; si c’est la première fois, remettez tout d’abord les règles au goût du jour; puis laissez le savoir que quoiqu’il décide de faire, VOUS! n’accepterez jamais que de telle substance soient trouvées à votre domicile, car, en tant que son parent ce serait à vous d’en porter les conséquences légales. Pour être cohérent vous devez alors détruire ce que vous avez trouvé et l’avertir que la prochaine fois vous serez obligé d’avertir la police. La crise risque d’être monumentale. Cependant tenez le coup car, malgré sa colère, votre adolescent comprendra très bien votre point de vue. Vous êtes en droit de dénoncer votre enfant à la police. Il est parfois même recommandé de le faire. Soyez sûr cependant d’être prêt à assumer la suite, c’est-à-dire à devoir aller au Tribunal des mineurs sur votre dénonciation.
  4. Restez le plus calme possible face aux assaults verbaux de votre adolescent. Il est très mécontent c’est normal. Pour ce faire restez dans des discours indiscutables, c’est-à-dire liés à la réalité de la situation. S’il, elle se fâche car vous avez passé son sachet d’herbe ou la bouteille d’alcool dans les WC et que de fait il a perdu de l’argent à cause de vous, demandez-lui s’il trouverait le même argument face à la police qui, de fait lui confisquerait également son produit. Rendez-le attentif que dès cet instant il devient responsable des choix qu’il fait face à son argent et des risques qu’il encoure pour lui-même, face à la police, comme face vous, en choisissant d’utiliser des produits illicites ou de consommer de l’alcool alors qu’il n’est pas en âge de le faire. Evitez à tout prix les escalades qui pourraient finir en assauts  physiques.
  5. Offrez un dialogue plutôt que de l’imposer. S’il, elle refuse de parler, acceptez et mentionnez que vous acceptez ce refus; ouvrez-lui la possibilité de parler avec quiconque d’autre et surtout de ne pas rester seul avec des préoccupations ou des questionnements sur sa vie, son avenir, ou même sur vous-même. Cela montrera à l’adolescent que vous n’être pas insensible à ce qui lui arrive, que vous comprenez qu’il, elle puisse être mal à l’aise de partager avec vous, et que la seule chose qui vous importe vraiment c’est qu’il, elle ne se sente pas seul(e) dans cette phase un peu compliquée, quelque soit l’interlocuteur(trice) qu’il,elle choisisse. Cependant!! Restez ferme et inflexible sur les règles de conduites et de comportement à l’intérieur de votre foyer. 
  6. Au besoin changez votre comportement face à l’argent. Le nerf de la guerre reste l’argent. Un adolescent qui commence de consommer régulièrement va nécessiter de plus en plus d’argent. S’il est avéré que votre ado consomme, n’entrez pas dans cette danse. L’argent de poche reste un montant fixe avec lequel il est, elle est susceptible de couvrir certains frais: téléphone, cantine, sorties avec les amis, selon les accords que vous avez passé avec lui, elle. Si les demandes commencent à se multiplier, comme les justifications qui les accompagnent alors refusez- les. Achetez les billets de cinéma, allez au magasin d’habits avec lui, laissez le forfait téléphone impayé, vérifiez auprès des enseignants les frais annoncés et au besoin payez les directement à l’école, payez la cantine au début du mois et déduisez le montant de son argent de poche, bref… adaptez votre comportement en réponse à celui de votre adolescent. Cela n’évitera pas totalement qu’il se procure du cannabis ou de l’alcool; cela évitera de vous rendre complice de ses achats et de lui laisser penser qu’il, elle peut “abuser” de votre confiance. Dans un 2ème temps, cela permettra à votre adolescent de comprendre que ses pratiques ont un double prix: l’argent et la confiance des parents et que l’acquisition de l’argent a un prix également. L’incomfort qui en résulte l’obligera à faire des choix et à décider d’une échelle de valeur sur laquelle il situera différents paramètre de sa propre vie: les études, la confiance des autres, l’argent, le plaisir immédiat mais éphémère etc..
  7. Mettez-vous d’accord avec votre conjoint des attitudes à adopter. Plus que jamais il est IMPERATIF que chaque adulte autour de l’adolescent “consommateur” soit rigoureux sur les limites et attitudes éducatives décidées. Parlez-en également à votre famille chez qui votre adolescent à l’habitude d’aller. Ne les interdisez pas de donner de l’argent ou de faire quoique ce soit car vous n’avez pas de contrôle là-dessus. Partagez simplement vos points du vue et vos décisions. Si cela crée des disputes ou des désaccords, acceptez qu’ils peuvent ne pas être d’accord; précisez calmement que quoiqu’ils pensent, vous faîtes les choses dans l’intérêt de l’adolescent, avec la ferme volonté de respecter vos valeurs et tout ce que vous avez créé avec votre enfant jusque là. A la fin du débat tout le monde doit savoir, et se souvenir que le répondant légal c’est vous! Que faire si GrandMaman ne peut s’empêcher de donner les 30 euros que vous avez refusé? Ne vous mettez dans la mesure du possible pas en conflit avec elle; dites lui simplement, que malgré son grand coeur, en faisant cela elle se rend complice d’une éventuelle dérive de son petit fils, de sa petite fille. Rassurez-la sur le fait que, le plus vous êtes cohérent ensemble, le plus rapidement cette période sera. Les Grandsparents peuvent être de très bon interlocuteurs pour les petits-enfants grâce au recul qu’ils peuvent avoir sur la vie. Ils peuvent aussi encouragé l’adolescent à plutôt rétablir la confiance avec ses parents plutôt que cherchez chez eux l’argent que les parents refusent. En lieu et place de l’argent les Grandsparents pourront alors offrir un bon goûter, un bon repas ou même une sortie en leur compagnie, s’ils en ont la santé bien sûr!
  8. Si votre adolescent vous prend au mot, s’en va trouver un petit job et utilise l’argent pour sa consommation. Respectez les choix qu’il fait de son argent. Mais en aucun cas changez de positionnement face à lui. Pas de consommation à la maison, respect des horaires et de la conduite à la maison, suivi des études. Ce travail peut être et sera un bon apprentissage pour lui: confirmation des valeurs apprises chez vous: ponctualité, respect du cadre, des patrons; argent=effort. Puis lorsqu’il se rendra compte que pour un paquet d’herbe il doit travailler 20 heures par exemple, il donnera de la valeur à son paquet d’herbe et fera des calculs de proportionnalité. Il adaptera son comportement à la réalité de l’emploi et par la même occasion redéfinira sa propre échelle de valeur. Malgré lui, il grandira. Et entre nous…combien d’adultes dépensent leur argent à des choses qui ne servent à rien et qui ne leur apporte rien de bien valorisant.
  9. Cherchez des solutions pas des coupables! Ne blâmez ni votre enfant, ni la société, ni celui qui lui a vendu sa came, ni les organisateurs de soirée de Jeunesse, ni les enseignants et SURTOUT JAMAIS l’autre parent si vous êtes divorcés ou séparés. Faites face au problème plutôt que l’éviter; parlez de moyens de lutter contre l’envie d’acheter de la drogue plutôt que d’exposer encore et encore toutes les conséquences probables que cette consommation pourrait avoir sur son avenir. Evitez les phrases assassines et sans espoir comme: tu vas foutre en l’air ta vie, tu as tout détruis ce que vous avons construit, tu es la honte de la famille , je ne te reconnais plus etc…
  10. Utilisez cette nouvelle réalité comme une opportunité de travailler ou re travailler ensemble sur les limites, les valeurs, la place de chacun et les attentes mutuelles au sein de votre famille. Tout le monde vit cette turbulence, la fratrie aussi (notamment les frères et soeurs plus jeunes qui peuvent le vivre comme un vrai tremblement de terre).

Si vous devez faire l’expérience d’avoir un enfant qui se met à consommer de l’alcool de façon régulière et déraisonnable, vous avez le droit de vous sentir triste, en colère, coupable ou encore trahi(e) par votre enfant. Tous ces sentiments sont normaux et légitimes.

Cependant: re saisissez-vous le plus vite possible. Prenez un peu de recul, considérez la situation telle qu’elle est et non pas telle que vous l’imaginez, respirez et trouvez un moyen de retrouver votre calme.

Si vous avez un quelconque doute sur la validité d’un test fait dans un cadre scolaire, ou professionnel, demandez à votre médecin ou à l’hôpital de le refaire.

Informez-vous sur les risques liés à la consommation de cannabis et d’alcool auprès de professionnels spécialisés en la matière. Ils sauront aussi vous guider dans les meilleures attitudes à avoir et sur les programmes qui existent pour aider les jeunes confrontés à cette problématique.

Le plus important est de garder le focus sur votre adolescent qui est toujours et encore un enfant. Votre enfant. 

Le plus important pour lui est de savoir que dans son moment de  turbulence il y a un endroit stable et sécurisant  dans lequel il peut aller à tout moment: cet endroit s’appelle la maison et le coeur de ses parents. 

Il existe beaucoup d’endroits dans lesquels vous pouvez trouver du soutien, de l’écoute et des conseils. Ne restez JAMAIS seul avec pareille préoccupation. Ne forcez pas votre entourage à vous soutenir ou partager vos inquiétudes. Ne leur tenez pas non plus rigueur si votre famille ne donnent pas les réponses que vous attendriez d’eux. Leur éventuelle distance ne traduit que leur propre crainte et sentiment d’impuissance.

Je terminerai avec cette situation de

Edgard Morin: le pire n’est pas certain. 

N’hésitez pas à réagir à l’article, à partager vos expériences ou encore m’écrire pour poser vos questions ou demandez des renseignements ou informations utiles.

MHM

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