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Enfants manipulateurs ou mode de communication?

Enfants manipulateurs ou mode de communication?

 Beaucoup de parents se sentent dépassés et très frustrés par la façon manipulatrice dont leur enfant tente de les faire plier à leur volonté.

Alors comment sortir de cet inconfort relationnel avec ses enfants?

Maman manipulée? C’est souvent difficile de rester calme face à un enfant qui essaye de vous pousser dans vos limites et très douloureux de sentir que votre propre enfant cherche à tirer avantage de vous. (suite…)

Les économistes démontrent l'importance de la santé émotionnelle dans l'enfance

Les économistes démontrent l'importance de la santé émotionnelle dans l'enfance

 La santé émotionnelle dans l’enfance est la clef pour le bonheur dans le futur. Richard Layard

 

Lord Richard Layard

Lord Richard Layard

 

C’est l’émérite professeur  d’économie de Londres, Lord Richard Layard qui l’affirme. :

L’argent, le succès et les bonnes études sont moins bien importantes que la santé émotionnelle pour ressentir de la satisfaction dans sa vie adulte.

Richard Layard  et ses collègues de la London School of Economics’Center for Economic Performance, (LSE), ont conduit des recherches sur le Bien-être ou le sentiment d’accomplissement et de satisfaction à l’âge adulte. Leurs conclusions sont sans appel:

la santé émotionnelle dans l’enfance est de loin plus importante pour leur niveau de satisfaction à l’âge adulte que n’importe quel autre facteur comme l’accomplissement de grandes études avant 25 ans, ou la réussite professionnelle et sociale. 

Les auteurs évaluent la qualité de la santé émotionnelle d’un enfant sur la base de l’analyse d’une série de facteurs internes au début de la vie; ils prennent en compte également les personnes qui ont subi ont subis des traumas, et leurs effets co-latéraux comme: la peur, l’énurésie, les troubles du sommeil et de l’alimentation, la fatigue.

L’étude avait pour but de contester l’hypothèse de base de la politique éducative des dernières années prétendant que la réussite scolaire est plus importante que toute autre chose pour la réussite de la vie adulte. L’ancien secrétaire de l’éducation Michael Gove (2010-2014)  avait, se basant sur cette conviction, avait ordonné aux écoles britanniques de se concentrer en priorité sur le contenu et les résultats, sur l’excellence, au détriment des questions dites “périphériques” telles que le développement moral, social et culturel des enfants.

Son successeur Nicky Morgan (depuis 2015) s’est lancé comme challenge politique d’inverser cette tendance.

La question centrale de l’étude est donc: qu’est-ce qui prédit une vie réussie ? 

A cet effet les chercheurs ont choisi une population de 9000 personnes nées en 1970 dans un laps de temps de 3 semaines. (nés entre le 1 et le 21 de même mois), représentatifs de la population britannique actuelle.

Cette population cible a été suivie; il leur a été demandé de remplir un questionnaire sur leurs sentiments de satisfaction de  leur vie, sur des tranches de leur vie allant de  5-7 ans (découpage correspondant à des cycles de vie).   Ils ont été également invités à évaluer leur degré de satisfaction de vie ou sentiment de bonheur à certains moments  clefs de leur vie. (obtention du diplôme, mariage, premier enfant, séparation, premier emploi etc)

Parallèlement les chercheurs ont analysé certains facteurs-indicateurs susceptibles de déterminer le niveau de satisfaction (sentiment de bien-être) appelés prédicteurs,  comme le revenu, la réussite scolaire, l’emploi, la place dans la hiérarchie, le fait d’avoir ou non eu des démêlés avec la justice, leur situation amoureuse, leur état de santé physique, et/ou émotionnelle. Ils ont croisé ces réponses (valeurs données par les questionnés)  avec des facteurs décrits par les psychologues comme influençant le développement de l’enfant: le contexte socio-culturel de l’enfant, les capacités d’apprentissage, la santé physique, la santé émotionnelle, autrement dit le climat émotionnel de la famille dans laquelle ils ont grandi.

Leurs résultats sont édifiants et sans appel: le revenu explique seulement 1% de la variation de satisfaction de la vie de la population cible (représentative de la population de Grande_Bretagen) contre 16% d’incidence de la santé émotionnelle.

Ainsi c’est démontré par les chiffres: l’argent ne peut pas vraiment vous offrir le bonheur, même s’il peut y contribuer.

Ces résultats ont été comme on l’imagine, controversés notamment par tous ceux qui ne savent que peu comment aborder la question de l’équilibre et de la santé émotionnels et de fait ne voient pas comment ce facteur pourrait être intégré dans la réussite en général et la satisfaction en particulier.

Malgré des résistances, car il n’est jamais facile d’admettre que des choses qu’on considérait comme des valeurs fondamentales sont erronées, le mouvement vers un changement de vision est déclenché.

David Cameron, premier ministre actuel,  a déclaré:

Il est temps d’admettre qu’il y a plus que l’argent dans la vie, et qu’il est temps que nous nous focalisions non plus seulement sur le PIB mais également sur le GWB (General well being en anglais) le BEG, le bien être général. 

Ainsi, ce qu’on pourrait appeler l’économie du bien-être ou du bonheur, (non pas en terme d’en faire l’économie mais bien de créer une économie qui en tienne compte) est maintenant une discipline qui fait son chemin, gagne en respect, et qui commence a réellement influencer les politiciens.

Alors comment imaginer qu’un changement dans la vie des enfants d’aujourd’hui pourrait changer l’économie de demain?  Comment prouver que une meilleure santé émotionnelle dans la vie des gens nés en 1970 aurait eu une incidence sur la qualité de leur vie aujourd’hui et sur l’économie actuelle ? C’est la question la plus souvent posées par les plus réfractaires à ces résultats.

La prétention des chercheurs ne va pas si loin. Leur but était simplement de démontrer que, dans la population de Grandes Bretagne, où le niveau social connaît de grandes variations, mais surtout où le niveau économique moyen est loin d’être satisfaisant, les gens ont évoqué la santé émotionnelle dans leur enfance et actuelle comme un facteur important de leur degré de bonheur, bien avant leur niveau économique ou leur réussite sociale et professionnelle (avérée ou souhaitée).

De loin le plus important prédicteur de la satisfaction de la vie adulte est la santé émotionnelle vécue dans l’enfance et prolongée dans la vie adulte. Nous constatons que la performance intellectuelle dans l’enfance est le prédicteur de l’enfance le moins significatif d’une vie adulte satisfaisante. Richard Layard

Il paraît dès lors réellement possible et plausible que une génération d’enfants éduqués avec bienveillance, bénéficiant d’une bonne santé émotionnelle pourrait créer une nouvelle génération d’adultes plus heureux, plus positifs, plus confiants,  plus libres dans leur créativité, plus tournés les uns vers les autres, et par conséquent également plus sensibles à la condition de l’ensemble qu’à la condition individuelle.

Une telle génération pourrait très probablement représenter une grande économie, à terme, sur les finances publiques et créer un monde économique visant la satisfaction plutôt que l’accumulation. Richard Layard

Combien de générations faudra-t-il? Peu importe, pourvu que  ce monde auquel nous aspirons de plus en plus aujourd’hui, finisse par prendre forme et finalement exister.

J’ai trouvé intéressant de partager cet article ici, afin d’encourager les parents et les enseignants d’aujourd’hui à accorder une importance primordiale à l’équilibre émotionnel de leurs enfants avant d’insister sur la réussite scolaire, sportive ou encore d’apparaître comme les meilleurs parents du monde aux yeux des autres en croyant répondre aux standards.  Gardant bien à l’esprit que la première favorise la seconde.

Ne nous leurrons pas les uns les autres: chacun, une fois à la maison se pose les mêmes questions: suis-je vraiment un bon parent? Cela se voit-il sur mes enfants? Mes enfants sont-ils des indicateurs du bon parent que je suis?

Qu’il soit bien noté ici que je n’ai pas dit qu’il n’était pas important de réussir à l’école, de faire ses devoirs, d’encourager ses enfants à apprendre, donc à étudier. L’important étant de donner le meilleur de soi-même dans tout ce que qui est fait.

Lire l’article original en anglais

Partagez sans modération, l’article ainsi que  vos sentiments par rapport à ce sujet.

Comment remotiver un enfant qui  ne veut plus rien faire

Comment remotiver un enfant qui ne veut plus rien faire

Motivation et démotivation. Même comportement exprimant des choses différentes.

Votre enfant semble démotivé pour tout: se lever le matin, se préparer, aller à l’école, mettre la table, ranger ses affaires, faire ses devoirs, aller au foot, aller chez les grands parents qu’il adore, même aller chercher son voisin.  Les 2 seules choses pour lesquelles il semble motivé: jouer aux jeux vidéos et vérifier l’état du frigo.

ado

 

 

Vos sollicitations, que vous soyez mielleux, ou que vous essayez la méthode “voix de G.I”  rien n’y fait! Votre enfant semble s’être transformé en un morceau de tissu de la même couleur que le canapé; de plus il parle mal, quand il parle! la plupart du temps ses phrases ressemblent à un grognement que même le chien n’arrive pas à comprendre. Exaspéré vous hésitez entre l’ignorer totalement et finalement l’emmener chez l’empailleur car au moins ça donnerait un sens à son immobilisme.

Ce que vous ne savez pas, c’est que votre enfant a une GRANDE motivation dans ces moments là: celle de résister. C’est sa façon à lui, à elle, de prendre le contrôle. non sur vous-mêmes, mais sur son monde, sur sa réalité.

Il désire commencer de faire les choses à SA manière et non selon le protocole imposé (routines journalières, devoirs imposés, obligations familiales etc). Ne sachant pas comment s’y prendre, comment communiquer ses frustrations, sa gêne peut-être ou encore son impuissance, ses sentiments d’échec, il choisit de s’immobiliser et de résister.

Un enfant qui ne fait pas ses devoirs peut être vu de différentes manières: peut-être est-il simplement paresseux. Pas envie un jour ou deux pas de souci, pas envie tous les jours pendant plusieurs semaines, on ne peut pas laisser passer.

La paresse est un trait d’un type de personnalité. L’enfant paresseux pour ses devoirs et pas pour jouer une partie de jeu vidéo par exemple, a une façon de concevoir le travail à fournir comme une montagne infranchissable ou interminable. C’est-à-dire qu’il se focalise sur la quantité de choses à faire au lieu de se focaliser sur la tâche accomplie et la satisfaction que cela procure. C’est ce qu’on appelle la motivation de l’envahissement.  Les adultes procrastinateurs réfléchissent de cette manière. Cela ne se réduit donc pas à un simple manque de bonne volonté résolu par un “ mets-toi un bon coup de pied … et ça ira mieux ou ce sera fait!”.

Il se trouve que l’enfant qui ne fait systématiquement pas ses devoirs par peur de la masse de travail, peut apprendre à concevoir la tâche différemment, en plusieurs petites étapes par exemple et/ou en s’imaginant comment il se sentira quand c’est fini.

L’enfant qui ne fait plus ses devoirs et rien n’autre non plus, mérite qu’on lui prête attention et que l’on cherche à comprendre qu’est-ce qui le motive à pareil comportement.

La motivation à la résistance est une forme d’expression du sentiment d’impuissance. Lorsque les gens se sentent impuissants ils tentent de retrouver de leur puissance en résistant ou en s’opposant. Nous pouvons le vérifier dans les mouvements sociaux ou les rebellions syndicales. La grève est un exemple classique d’une façon de faire face à un sentiment d’impuissance, en groupe, de façon massive. L’acte de résistance donne un sentiment de pouvoir, de puissance et déclenche une montée de motivation égale au sentiment d’impuissance ressenti.

Un adolescent qui se sent impuissant, impuissant face à un système qui ne lui correspond pas, qu’il ne comprend pas, impuissant face à un système qui le domine, impuissant car il a le sentiment que le monde n’a que des attentes vis-à-vis de lui et que lui ne peut rien en demander, ne trouve souvent pas d’autres issues que la résistance. 

Immobilisé, in-mobilisable, il fait à son tour ressentir à son environnement, ses parents, ses professeurs, un sentiment d’impuissance.

Il retire de la réaction de son environnement, un sentiment de pouvoir; détrompons-nous: son sentiment est bien plus un sentiment d’avoir du pouvoir sur lui, dans le sens avoir le pouvoir de ne pas faire ce qu’on attend de lui, que d’avoir du pouvoir sur les autres.

Plus nous réagissons agressivement, plus nous montrons un comportement d’impuissance, plus nous le comfortons, à tort ! qu’il a raison de penser qu’il a du pouvoir constructif en se comportant ainsi.  

Il est alors de notre devoir d’éducateurs-parents-coachs, de lui montrer qu’il peut acquérir le pouvoir dont il a besoin et souhaite pour se construire et se positionner à son tour dans le monde des adultes, et de lui montrer qu’avec de bonnes stratégies, il trouvera sa place, celle qu’il désire, celle dans laquelle il se sentira à l’aise, entier, respecté et respectable.

Alors comment faire ?

  • Evitez de  nourrir ce sentiment d’impuissance en vous énervant ou en lui criant dessus. Car c’est votre propre impuissance que vous lui transmettez ET un faux sentiment de puissance que vous lui accordez.
  • Reprenez votre souffle, débarrassez-vous de la colère que vous ressentez face à votre impuissance.
  • Evitez les ordres : lève-toi, sors de la salle de bains, va te préparer. fais tes devoirs. Préférez la forme en  “je” : « j’aimerais que tu sortes de ton lit et que tu prépares pour aller à l’école ». « Maintenant j’aimerais que tu te lèves du canapé et que tu ailles faire tes devoirs ». » J’aimerais que tu cesses de râler et que tu laisses ton frère faire ses devoirs ».
  • Sortez de la pièce, de la chambre après votre demande. Vous lui laissez ainsi de l’espace et le choix d’obtempérer ou non. Rappelez-vous que votre enfant souhaite faire ses choix.
  • Rappeler les règles de la maison, les conséquences liées aux choix qu’il fait, le sens des choses: « si tu es trop malade pour aller à l’école tu ne devrais pas te sentir assez bien pour jouer aux jeux vidéos ».  « Si tu te sens trop fatigué pour faire tes devoirs tu ne devrais pas avoir la force de regarder la télévision ». « Je te rappelle que le temps des devoirs ici c’est de 16h30 -18h30 et que le temps de jeux vidéos est proportionnel au temps que t’as passé à faire tes devoirs. Pas de devoir pas de jeu ». Appliquez ce que vous dîtes, sans vous énerver.
  • N’en rajoutez pas. Laissez-le seul avec ses décisions. Cette distance lui permet de s’approprier les décisions. Vous me direz: ce n’est pas un choix. Et je vous répondrai oui s’en est un, même s’il est dirigé. L’enfant doit apprendre à faire des choix responsables. Ce n’est pas la même chose de choisir d’opter pour des stratégies de succès (j’étudie-je réussis vs je m’oppose-je me mets en difficulté) que de choisir son cadeau de Noël dans un grand magasin où j’ai l’embarras du choix.

Il est important qu’à partir d’un certain âge, dès qu’il comprend, au fur à mesure que ses besoins d’être humain s’enrichissent (besoin d’autonomie, besoin d’identification, besoin de différenciation) l’enfant fasse l’expérience de ses choix. Laissez-le donc expérimenter les conséquences, TOUTES les conséquences de ses choix, agréables comme moins agréables, . Laissez-le expérimenter l’échec à un test, une remontrance de l’enseignant. Laissez-le expérimenter votre fierté et votre joie du succès lié à son choix. 

Gardez à l’esprit que votre enfant a besoin d’apprendre donc qu’il a besoin que vous lui indiquiez non pas LE chemin mais LES chemins possibles vers la vie adulte.

  • Evitez A TOUT PRIX les menaces et jugements définitifs: « si tu ne bosses pas à l’école tu deviendras un vagabond, ou comme.. (quelqu’un de votre entourage qui est en difficultés financières), t’es même pas capable, t’arriveras à rien dans la vie, t’es qu’un feignant, si tu crois que c’est comme ça que tu vas réussir quelque chose dans la vie » (signifiant la même chose que: tu n’arriveras à rien), tu n’es pas digne d’être un (nom de famille), nous on a bossé pour réussir! 

Ces phrases blessent les enfants et les adolescents d’une façon qu’on imagine pas. Elles sont dites sous le coup de la colère, sous le sentiment d’impuissance parentale, mais elles sont prises dans leur sens premier par les enfants qui les encaissent comme des cailloux au fond de leur coeur. Lorsqu’elles sont répétées, elles deviennent des étiquettes auxquelles l’enfant finit par croire. Il adaptera alors son comportement pour y correspondre.

  • Prenez l’habitude de renforcer positivement l’effort, la réussite. Cependant laissez l’échec sans conséquence. 

L’échec montre seulement qu’on a pas choisi la bonne stratégie.

Optez pour des attitudes réconfortantes et renforçant la confiance en ses compétences

« En aucun cas tu es mauvais, incapable, stupide, pas à la hauteur etc. Le choix que tu as fait n’était simplement pas le plus adapté. Quel autre choix aurais-tu? « 

 

Encourager  le succès sans punir l’échec remotivera votre enfant au succès.

Par exemple: un moment spécial avec lui, elle, un supplément de temps de jeu, une sortie libre, quelque chose qui réjouit tout particulièrement votre enfant quand les efforts d’amélioration sont notoires.

Formulez comme un renforcement du sentiment de satisfaction plutôt que comme une récompense:

« wahou tes résultats sont supers cette semaine! T’en dis quoi? T’es super content ! Génial moi aussi. Que voudrais tu faire pour célébrer cela!

ATTENTION: les récompenses, comme les punitions amoindrissent la motivation; elles sont comme des relations « marchandes » du succès. Je réussis je suis « payé », je fais moins bien je ne reçois rien. Ce n’est pas ce que nous recherchons! Dans les moments difficiles comme dans les moments de réussite, il est important de renforcer les efforts fournis, et de noter la correlation possible entre efforts et résultats,

jusqu’à ce que la satisfaction de faire de son mieux redevienne la « récompense » naturelle. On parle de motivation intrinsèque.

Attention: ne pas formuler, « si tu me ramènes encore un D il n’y aura plus de sortie ».

Préférez: « souviens-toi, si ton carnet est bon cette semaine, samedi on va au bowling ».

Soyez clair dans vos propos et dans les limites fixées. afin d’éviter les : « oui mais tu avais dit etc… Pas de on verra, ça dépend ton carnet, ou alors au dernier moment: t’as fait un B oui mais toutes les autres notes sont très moyennes ». (De l’art de poser des limites)

comment remotiver un adolescent

Les pré-ado et adolescents qui utilisent la résistance pour manifester leurs sentiments d’impuissance sont souvent des enfants en manque de confiance en eux et en manque de compétences sociales et relationnelles.

Beaucoup de jeunes enfants dès le début de la scolarité se sentent pas en confiance ou pas à la hauteur face à leurs camarades plus “forts” qu’eux en classe. Ils choisissent alors la fuite ou la résistance pour ne pas faire face. « Si je n’ai pas fait mes devoirs, au moins c’est pas faux. Si je ne vais plus à l’école, on ne se moquera plus de moi ». Il est alors important de repérer ces craintes et d’apprendre à nos enfants à résoudre leurs problèmes, à affronter leurs craintes plutôt que les fuir. A parler aux gens plutôt que les éviter. D’où l’importance aussi d’avoir un bon “pont de communication” avec l’enseignant. (post précédent)

Faire face à la difficulté nécessite du courage. Accepter qu’on peut faire faux pour mieux apprendre nécessite de la confiance en soi. Faire face à son parent et à son professeur ou à son patron demande des compétences sociales, verbales.

Arrivé à l’âge de l’adolescence, ce sentiment d’incompétence prend parfois de telles proportions que le jeune décide de ne plus rien affronter.

Le langage défensif souvent utilisés par les adolescents ne fait que mettre en lumière leur manque de compétences de communication.

Il est alors important de leur signifier que vous êtes conscients de ses peurs et qu’elles sont vraies et légitimes. (empathie).

Ensuite il est important de le rassurer sur le fait que ses peurs sont surmontables et qu’il n’est pas tenu d’être parfait.

Rétablir ce dialogue rassurant, comme s’il, elle était redevenu petit(e) est le premier pas pour reprendre la confrontation avec l’extérieur: un patron, un enseignant, toute personne susceptible de lui apprendre ce qu’il ne sait pas encore pour atteindre ses rêves, ses désirs professionnels. 

Ils seront tout contents d’apprendre qu’il est possible d’établir un dialogue constructif avec un adulte, même lorsque, ce que cet adulte a à leur dire, ne fait pas forcément plaisir sur le moment.

Les enfants et les adolescents n’ont que les compétences relationnelles qu’ils ont appris.

Le plus tôt vous apprenez à vos enfants à faire face à leurs choix, aux problèmes, aux difficultés, le mieux ils sauront faire face à l’inconnu, à la nouveauté, aux nouvelles choses à apprendre pour devenir un adulte responsable et autonome.

Pour plus de pistes:

Aidez votre ado à avoir confiance en lui, Laurence Larabi, septembre 2015

Pour en apprendre plus:

Sentiments de pouvoir et d’impuissance, du point de vue de la thérapeutique primale, en considération de l’évolution du cerveau et du développement ontogénétique. Conférence par Esther Odermatt, thérapeute, St Gall, septembre 1999


N’hésitez pas à laisser vos commentaires.

MHM

5 astuces pour gérer le stress de la rentrée scolaire: spécial enfants hyper actifs

5 astuces pour gérer le stress de la rentrée scolaire: spécial enfants hyper actifs

Ce post est dédié à toutes les mamans qui se sentent angoissées et/ou démoralisées à l’idée de la rentrée scolaire avec leur enfant dit « hyper-actif » ou en difficulté face aux exigences du rythme de l’école.

Pour beaucoup de parents d’enfants souffrant de difficultés d’apprentissage ou du syndrome d’hyper-activité, la rentrée scolaire sonne comme le retour à des scènes dont ils sortiraient bien; un peu à l’image de Bill Murray qui, dans le film Un jour sans fin, voit à chaque réveil sa “plus mauvaise journée” recommencer inlassablement, sans que personne autour de lui semble se rendre compte de son calvaire.

Peut-être est-ce vite dit, mais cette nouvelle rentrée scolaire n’a pas forcément besoin d’être une répétition des autres années. Et si c’était plutôt une chance de commencer différemment avec votre enfant afin que lui (ou elle) puisse vivre une année plus positive et plus productive.

 

Dans ce seul objectif je partage avec vous ici quelques conseils d’un spécialiste de l’enfance en difficulté d’apprentissage et de comportement, lui-même père d’un jeune garçon diagnostiqué hyper- actif: Dr Robert Myers, Université de Californie (pour ceux qui lisent l’anglais vous y trouverez des articles très intéressants)

1.Fixer quelques objectifs et récompenses pour l’année dès la rentrée. 

Fixer des buts raisonnables à atteindre pour l’année scolaire, ou pour une fraction de l’année (trimestre) donne le ton, comme un signal de départ vers quelque chose de tangible. C’est pour tous une manière de baliser le temps comme un chemin à parcourir. Cela clarifie les attentes pour tous: parents comme enfants.

Petits buts=grandes réussites! Grands buts=grands échecs!

Ces objectifs sont tournés vers des tâches petites pour vous, à réussir par votre enfant: Exemple: être prêt à l’heure, s’habiller sans crier, rester assis pendant toute la durée du petit-déjeuner, être couché à l’heure fixée.

Le mieux est de faire l’exercice pour toute la famille pour ne pas stigmatiser l’enfant en difficulté, et pour donner plus d’efficacité à toute la famille. En effet fixer des buts à atteindre vous oblige en tant que parent à fixer les stratégies nécessaires pour que ces buts soient atteints. Car c’est bien là le désir de tous. Relever les challenges et recevoir les récompenses qui y sont attribuées même si pour vous parents, le plus important sont les progrès effectués! C’est là votre récompense à vous!!

D’expérience les enfants se prêtent avec bonheur à la mise en place d’objectifs. Les enfants créent les leurs et vous verrez qu’ils sont plus prêt que vous imaginez à s’auto-challenger. Ainsi la fratrie deviendra support les uns des autres, de l’enfant en difficulté en particulier. Pour autant que vous véhiculiez un esprit de soutien et non de compétition. (cf: les phrases qu’on ne devrait pas dire à nos enfants).

Mon conseil: fixez-vous un objectif à atteindre devant vos enfants afin qu’ils voient que vous aussi vous avez des efforts à fournir et que vous n’êtes pas parfaits. Cela leur insufflera la valeur de “la remise en question tout au long de la vie”, et du “je peux toujours m’améliorer même grand et adulte”. Faites le spontanément comme eux le font. Sans discours, sans blabla. Cette solidarité familiale va renforcer vos liens, vous en serez les premiers surpris.

Dr Myers préconise les récompenses car les enfants hyper-actifs ou oppositionnels ne répondent que très mal voir pas du tout aux conséquences pour mauvais comportement. Par contre, la récompense augmente sa motivation à se surpasser. 

L’idée idéale serait d’abandonner un maximum de conséquences, au profit d’une éducation par renforcement positif. Ainsi il est important que vous cibliez les choses, les endroits, les activités, les sensations que votre enfant aime particulièrement.

La récompense doit à la fois

  • baisser le stress de l’effort consenti,
  • encourager l’enfant à recommencer ses efforts, et lui
  • démontrer ses capacités à faire de mieux en mieux.

Il ne s’agit pas ici de récompenses matérielles, mais bien d’une activité, d’un privilège à effet de renforcement positif. ( aller courir en criant, jouer à un jeu, faire quelque chose qu’il, elle adore faire, le plus souvent dans le mouvement puisque sa difficulté majeur est de canalisé son énergie et sa concentration).

2. Décidez d’une routine matinale et d’après-midi avant le début de l’école. 

Comme vu dans un  post précédent sur les astuces pour éviter le stress matinal,

  • Etablissez des routines simples et efficaces. Répétitives et consistantes.
  • Etablissez- les en tenant compte des difficultés majeures de votre enfant afin de les contourner; utiliser ses compétences pour créer un maximum d’effet de sentiment de réussite et d’efficacité chez lui.

Exemples:

  • le pire est de s’habiller?: préparez les habits avec lui le soir avant.
  • Il (elle) aime préparer son bol de céréales?: missionnez-le sur cette tâche. Et tant pis si la table pourrait aussi boire du lait…

La planification de l’après école est capitale avec des enfants avec troubles de l’attention. Ils sont souvent plus fatigués que les autres, (mentalement, moralement); une structuration claire et répétitive du temps les aidera à canaliser leur énergie anarchique. 

Attention à ne pas avoir trop d’attentes cependant à rester ferme sur les routines. 

L’après école comporte: le goûter, les devoirs, les jeux (extérieurs ou intérieurs), le bain, le repas du soir, les rituels d’avant coucher, le coucher. (Cf: Les temps forts de la journée).

Bien structurés, ces moments sont bénéfiques pour toute la famille. 

Dr Mayer, comme bien d’autres spécialistes, soulignent l’importance du repas pris en famille autour de la table pour consolider la communication et les liens. 

Mon conseil: le plus intensivement vous êtes avec vos enfants dans ces 3 moments clef (devoirs, repas, rituels de coucher), le plus de temps vous aurez pour vous. En effet, appuyés dans ces moments, les enfants auront plaisir à jouer de manière autonome, d’aller se brosser les dents comme des grands, et,le plus important, iront se coucher dans la sérénité).

3.Rencontrez l’enseignant(e) de votre enfant dès le début de l’année scolaire. 

Si l’enseignant(e) connait la problématique de votre enfant parce qu’il est dans une classe spéciale ou un programme sur mesure, prenez rendez-vous pour voir avec l’enseignant(e) les objectifs à fixer pour votre enfant, afin que vous puissiez y travailler ensemble ou tout du moins avoir une idée claire sur quoi votre enfant va devoir concentrer ses efforts.Vous pouvez par la même occasion partager les objectifs que vous avez fixés à la maison ( ceux qui concernent l’école). L’enfant se sentira ainsi soutenu sur les mêmes points par l’enseignant(e) et son parent.
Si l’enseignant ne connaît pas la problématique de votre enfant et que vous ne souhaitez pas lui en faire par directement, annoncez-vous simplement comme parent préférant connaître d’entrée les attentes de l’enseignant(e) (sur les devoirs principalement). Habilement tentez de savoir si l’enseignant(e) est plutôt très basée règles-performances ou bien-être-apprentissage. Cela vous permettra de mieux soutenir votre enfant dans le comportement attendu.

Ce n’est pas parce que l’enfant est diagnostiqué hyper-actif que le monde doit tourner autour de lui ou elle. Par contre il(elle) aura besoin d’apprendre comment gérer le monde qui l’entoure avec ses spécificités de personnalité. Ou comment gérer ses spécificités comportementales dans le(s) monde(s) qui l’entoure. 

4. Etablissez avec votre enfant un programme de devoirs en fonction de ce que vous avez appris de l’enseignant(e). 

Une fois que vous connaissez les exigences de l’enseignant(e) vous pouvez consentir d’une routine d’après école, avec votre enfant.Dr Mayer insiste sur le fait que l’enfant hyper actif a besoin d’apprendre à aller jusqu’au bout de ce qu’il fait. Ainsi trouver un rythme, une méthode, pour que votre enfant, à défaut de faire tous ses devoirs, aille au bout d’un exercice, d’une tâche. 

Exemple: prévoir un temps d’étude (16h00-17h00) avec des breaks toutes les 15 min (sablier).
Mon conseil: L’important est de trouver un système qui préserve tout le monde, vous et vos nerfs également. Les devoirs ne doivent jamais devenir un terrain de bagarre entre les enfants et les parents. Au besoin, faire venir un tiers: répétiteur ou autre soutien.

5. Faites tout pour planifier un moment récréatif journalier avec votre enfant. 

Cela paraîtra certainement le point le plus difficile. La plupart des parents, Mamans comme Papas, jonglent toute la journée entre leurs activités professionnelles, les activités des enfants, les trajets divers, les tâches liées à l’entretien de la famille et de la maison. La course s’arrête bien souvent que lorsque vous êtes sur le point d’aller vous coucher.

Mon conseil: Ce moment de loisir ne doit pas être long mais régulier, vécu avec joie, et intention de faire plaisir à votre enfant ET à vous. Même 15 min, si elles sont partagées à contre coeur ou parce qu’il le faut, elles paraîtront une éternité pour vous et insignifiante pour votre enfant. Par contre vécu intensément, avec engagement émotionnel, ce petit quart d’heure sera une bouffée d’énergie pour vous et la sensation d’être super important pour votre enfant; suffisamment pour qu’il ait l’impression que vous prenez beaucoup de temps pour  lui (elle).

Dans la situation des enfants en difficulté de comportement ou d’apprentissage, ces moments intenses avec le parent représentent des parenthèses dans lesquelles ils ne doivent rien prouver, durant lesquelles ils ont juste le droit d’être comme ils sont; il y est donc important de choisir une activité qu’il (elle) aime particulièrement.

Le Dr Myers insiste: la rentrée scolaire ne doit pas mettre en veille ces moments. Ni pour les enfants, ni pour vous. L’ anxiété est une réaction à nos peurs. Dans la situation de la rentrée scolaire la peur est liée à l’inconnue (comment cela va-t-il se passer) amplifiée par la peur du passé ( est-ce que cela va recommencer comme l’année passée).

Le meilleur moyen de supporter l’anxiété est de confronter la situation angoissante et de développer une stratégie qui débouche sur une expérience positive. Répéter la stratégie tant qu’elle fonctionne; ne la révisez qu’au besoin. Robert Myers

Conseil du Dr Myers:

Prenez un jour à la fois. Prenez du temps, des moments pour vous-mêmes, pour vous relaxer pendant la journée. Appréciez chaque moment agréable avec votre enfant « spécial » même s’ils sont courts. Cela recharge vos batteries et re-programme votre cerveau à la joie d’être avec votre enfant. En finalité cela vous aide à renouveler votre plaisir et votre joie d’être parent de manière générale et de cet enfant là, en particulier.   Dr. R. Myers

Dans un prochain post, je partagerai quelques méthodes simples pour baisser la pression et le stress rapidement à n’importe quel moment de la journée.

L’EQUILIBRE FAMILIAL EST A LA PORTEE DE TOUS

MHM

Petits mensonges et Cie

Petits mensonges et Cie

Les-enfants-menti

Après avoir lutté avec lui  dans ses comportements parfois usants, voilà que votre adorable petit bonhomme qui a grandi, va à l’école et discute comme un grand avec vous pour votre plus grand plaisir, se met à vous mentir avec un aplomb qui vous déconcerte.

Si les premières distorsions de la réalité apparaissent vers l’âge de 4 ans, le mensonge sur des faits réels et vérifiables arrivent pour beaucoup de parents avec l’âge de la scolarité.

Votre enfant passe une partie de sa journée sans votre compagnie, avec d’autres personnes avec qui il doit “dealer” : la maîtresse, les camarades de classe, les animateurs de l’accueil de jour, les copains du quartier… Bref votre enfant est confronté à des tas de situations différentes tout au long de la journée.

Tant que tout va bien, aucune raison pour vous de soupçonner que votre tête blonde est capable de faire des choses qu’il tente de vous cacher ou de vous livrer sous un autre éclairage que la vérité.

Le profond sentiment de blessure et d’impuissance ressenti par le parent qui découvre pour la première fois que son enfant a menti est souvent vécu comme un tournant dans le relation. Certains parents le vivent très mal et comme une atteinte à leur personne, comme un ébranlement de tout ce en quoi il a cru jusque là.  La remise en question et la culpabilisation prennent le relai du sentiment de tristesse: qu’est-ce que j’ai fait de faux, (sous-entendu, j’étais tellement sûr de cultiver la confiance mutuelle), qu’est-ce j’ai loupé, (sous-entendu ; qu’est-ce que je n’ai pas vu chez mon enfant pour qu’il choisisse de me cacher des choses).

Tous ces sentiments sont normaux et légitimes. Cependant l’important est de ne pas en rester là et de voir comment gérer cette nouvelle réalité.

Laissons donc ces sentiments négatifs et douloureux pour essayer de comprendre ce qui se passe réellement.

Tout d’abord: que se passe-t-il dans le développement de l’enfant entre 7-11 ans ?

C’est une période qu’on appelle aussi l’âge de latence ou l’âge de raison. Petit à petit l’enfant sort de son égocentrisme pour s’intéresser aux autres et aux choses qui l’entourent. Il a une activité physique et mentale intense. Il aime faire des grands discours comme s’il s’écoutait être capable de parler comme les adultes. Son imagination déborde et est alimentée par ce qu’il apprend à l’école, par le contact avec les amis du quartier mais aussi les jeux, les jeux vidéos, les livres, les revues, la télévision etc. En mesure de faire des liens dans leurs connaissances, de développer des logiques, les enfants sont capables de s’inventer des histoires à mi-chemin entre la réalité et des mondes imaginaires incroyables.

Vers 7-8 ans l’enfant acquiert également de nouvelles facultés sociales: il s’intègre à un groupe, il s’en approprie les règles et les partage; c’est l’âge où il expérimente la solidarité, où il dénonce la triche, le mensonge. Puis vers 9 ans il commence de se soucier de ce les autres pensent de lui, comprend les enjeux d’être leader ou au contraire d’être l’exclu. Il va s’atteler à être du “bon côté » du groupe.

Vers 10 ans il commence à se détacher de ses parents; c’est-à-dire qu’il ne ressent plus le besoin de savoir où ils sont ou ce qu’ils font. Les enfants sont alors capables de passer des journées ensemble notamment en vacances sans jamais s’inquiéter de l’absence ou de la présence de leurs parents. C’est l’âge où il développe une véritable vie sociale en dehors de sa famille : il commence à partager de choses avec d’autres qu’il ne partage pas avec ses parents, des petits secrets entre amis, des histoires qu’il choisit de garder pour lui; il peut aussi s’attacher à un coach sportif par exemple et laisser son parent en dehors de cette relation. Le coach devient alors la référence au grand damne du parent qui se sent dépossédé de son rôle de conseiller.

Dans cette période l’enfant suit de manière plus consciente les discussions des adultes et perçoit aussi que parfois, ces derniers ont recours à une certaine distorsion de la vérité …

C’est dans ce contexte d’activité mentale et sociale intense que l’ enfant va formuler ses premiers mensonges.

Le mensonge est une stratégie de communication que tout le monde utilise. C’est que le mensonge a différents rôles que le petit humain découvre très tôt.

  • Eviter les conséquences de ses actes (punitions)
  • Affirmer sa personnalité
  • Protéger ceux qu’on aime

Une étude menée au Canada démontre que 60% des filles et des garçons de 6-8 ans mentent occasionnellement et 20% fréquemment.

La psychologue clinicienne, psychothérapeute Dana Castro, auteure de “ Petits silences, petits mensonges”* préconise de laisser ce droit à l’enfant: “c’est le considérer comme une personne à part entière, singulière et vraie qui va interagir avec ses parents”

Chez les plus jeunes (4-5 ans) il s’agit plus d’affabulations, de faire preuve de créativité pour décrire la réalité selon leur imagination que de vrais mensonges (tordre volontairement et consciemment les faits).

Ainsi des petits sont capables de raconter que leurs parents font des choses inouïes et impensables (mon Papa il porte sa voiture comme ça, au-dessus de la tête, ou désignant son père: c’est pas mon Papa) ou alors ils  racontent des exploits dont ils sont les héros. Le problème c’est que parfois cela peut porter à confusion et mener à des situations désagréables si on  prend ces récits au pied de la lettre, sans vérifier ce qui paraît bizarre.
Toutes ces affabulations servent à l’enfant à construire sa relation aux autres, à tester l’impact qu’ils peuvent avoir sur les adultes, et sur leurs paires; la découverte de ce pouvoir est la découverte d’un espace de liberté dont ils vont user à tort (et à travers) si le parent n’est pas là pour la canaliser sans la briser.

Entre 5-10 ans le mensonge, en tant que acte conscient, consistant à transformer l’information, est un moyen pour l’enfant de gérer une situation inconfortable, de tenter de se soustraire aux conséquences de ses actes, ou d’éviter de faire face à ses émotions du moment.  L’enfant utilise également le petit mensonge rapide pour éviter de parler plus longuement ou de garder quelque chose pour lui. 

Alors comment réagir face au mensonge?

  • Commencer par se rappeler que l’enfant ne cherche pas à vous blesser ou à vous déstabiliser: cela vous fait mal certes, et c’est votre enfant qui est en position de déstabilisation: il doit rendre des comptes de quelque chose dont il n’est pas fier.
  • Envisager cette échange comme un moment d’apprentissage pour votre enfant plutôt qu’une confrontation avec vous. Observez ses gestes, son ton de voix, son regard et mesurez son désarroi, sa gêne, sa lutte pour garder la face. Nul besoin de vous emporter il, elle est déjà assez mal comme cela. 

Si vous savez pertinemment qu’il, qu’elle vous ment, faites lui part de votre surprise et dites lui ce que vous savez et comment vous l’avez su, mais continuez de laisser le dialogue ouvert: « ah bon? T’es sûr de ce que tu me racontes là? »  L’enfant va entrer dans une phase de justification qui est le meilleur indice du mensonge.  Alors continuez:  » ah bon parce que j’ai discuté avec ta maîtresse pendant que tu discutais avec ta copine et elle m’a dit que …. » S’il persiste dans son mensonge:

  • Reconnaissez son sentiment de crainte, de malaise ou de fierté: « je comprends que tu sois inquiet des conséquences que tu risque d’avoir » ou « je comprends que tu ne sois pas très à l’aise là … ou encore  » je comprends que c’est pas facile d’admettre que tu as fait un truc pas terrible »
  • Confirmez que vous savez que sa version n’est pas la vérité et que vous lui laissez un moment pour réfléchir à comment il pourrait rétablir la vérité pour se sentir moins mal.
  • Créez un climat de confiance: vous n’êtes pas fâché, ni déçu, (c’est à lui-même qu’il fait du tort) mais vous n’acceptez pas: ni le mensonge, ni ce qu’il a fait; vous êtes à l’aise avec l’idée que le mensonge doit avoir une conséquence.

Exemple: « je ne suis pas fâché contre toi que tu ne puisses pas dire la vérité, tu comprends cependant que je ne peux pas accepter et que comme tu te l’imagines il y aura une conséquence. Alors quand tu es prêt on en discute et on règle cette histoire. En attendant on retourne à nos activités, toi tu fais tes devoirs, moi je prépare le dîner. »

S’il, elle se fâche ou tente de recommencer à se justifier, dites lui calmement que vous n’entrez plus dans aucune discussion si ce n’est pas pour dire la vérité. Et vaquez à vos occupations.

Lorsque votre enfant est décidé à vous raconter ce qu’il c’est réellement passé, écoutez-le puis questionnez le sur ses sentiments, sur les sentiments qu’il l’ont poussé à d’abord raconter un mensonge ainsi que sur ce qu’il elle ressent maintenant qu’il, elle a dit la vérité. Cela l’aidera à comprendre sa stratégie et à ressentir dans quel état ça le met.

  • Reconnaissez ses efforts et la fierté que vous ressentez. 
  • Rappelez- lui qu’il y a quand même des conséquences et faites lui en part. (de manière proportionnée).
  • Lorsqu’il a fait ce que vous attendiez de lui, d’elle, remerciez-le, remerciez-la, et terminez l’histoire. “ merci pour tes efforts, ça me fait plaisir de voir que tu as compris. On en reste là pour cette histoire? OK Give me 5 ou s’il est encore petit “serre moi fort (un câlin)” je t’aime si fort tu sais…

Si vous soupçonnez que votre enfant ment mais n’avez rien présentement pour vous le confirmer :

Exemple: La maman de la petite K, 6 ans me raconte que K revient de l’école avec son T-shirt déchiré et une griffure dans le cou. Rien de bien grave mais manifestement sa fille s’est battue. Avant que sa mère puisse poser la moindre question K s’engage dans un récit enflammé visant à rendre responsable son copain de classe. Cette attitude défensive laisse entrevoir le mensonge.

Questionnez le, la sans virer à l’interrogatoire de police! Exemple: “attends là, je ne comprends pas bien ce que tu me racontes. Reprenez ce qu’il vous dit : “ tu étais dans la cour tranquillement en train de jouer avec tes copines  et L est arrivé. Et là que c’est-il  passé? Hmm Il t’a sauté dessus comme cela sans raison… tu lui as même pas parlé et il t’a sauté dessus?… » alors la description va commencer à changer. 

Amenez votre enfant à reconnaître sa part de responsabilité dans l’évènement. Questionnez-le sur ce qu’il pense de son geste s’il a finalement tapé en premier ou même s’il a seulement rendu: “ et faire ça? tu trouves ça bien toi? “ Attention au ton sur lequel vous posez la question? C’est une question que vous posez! Ce n’est pas une accusation sur la forme interrogative!!

Il prend ainsi conscience qu’il sait que ce n’est pas approprié.

S’il refuse de vous raconter alors faites ce que votre enfant attend de vous: que vous preniez le temps de suivre l’affaire et chercher les informations qui vous manquent. C’est une façon pour l’enfant de s’assurer que vous êtes concernés par ce qu’il lui arrive en dehors de la maison, une façon d’accaparer votre temps pour sa propre situation.

« Je vois que tu ne veux pas me raconter cependant moi j’ai besoin de savoir ce qu’il t’es réellement arrivé et la part de ta responsabilité. Je parlerai avec ton Papa de ce qui est le mieux de faire,  j’irai trouver ta maîtresse, la maman de ton copain etc.” En attendant va faire tes devoirs etc…. “

  • Pour la suite c’est la même chose.

La gestion des mensonges est importante pour

  • apprendre à construire la relation à l’autre. Interdire le mensonge n’a pas de sens car il est quasi impossible de ne jamais mentir. Il est préférable de prôner l’honnêteté, la transparence  et la confiance mutuelle comme valeurs familiales.
  • apprendre à gérer ses sentiments de honte et apprendre à prendre ses responsabilités. Tout le monde a droit à l’erreur pour apprendre à faire mieux. Bien éduqué dans sa gestion émotionnelle, sagement guidé à gérer les informations qu’il divulgue et les conséquences qui en découlent, l’enfant deviendra un adolescent conscient de sa responsabilité et gèrera beaucoup mieux cet espace de liberté d’expression: « je ne fais pas tout ce que je veux, mais je choisis tout ce que je fais, sachant que chaque acte a sa conséquence: positive ou négative. »
  • Consolider la confiance entre vous et vos enfants.

A éviter de faire face au mensonge: 

  • Se fâcher systématiquement ou culpabiliser l’enfant sur le fait qu’il a menti ne lui apprend pas à gérer ce “défaut de communication”; cela l’enfonce dans un monde qui n’a pas de sens: “le mensonge comme la vérité amènent à la colère de mes parents”. Il ne peut pas prendre confiance en lui, ni en votre parole. Il développera des stratégies d’évitement.
  • Ignorer le mensonge a le même effet que y sur-réagir. Il enferme l’enfant dans une logique de communication qui ne construit ni sa confiance en lui, ni sa confiance en les autres: « je mens car ça me permet de tout faire, mes parents se rendent compte de rien et de toutes les façons ils ne cherchent même pas à savoir « (sous-entendu: ils ne m’accordent pas d’attention).
  • Faire du mensonge un “grosse affaire morale” n’est pas constructif non plus. Faire de longs discours autour du fait que votre enfant a menti, en insistant en plus sur le fait que c’est très blessant et que cela ne se fait pas, surtout pas dans votre famille et que et que et que… ne va que pousser l’enfant à mentir par omission. Il apprendra: « C’est mieux de ne rien dire que de prendre le risque de dire quelque chose que peut-être ils vont pas croire…..ça va faire de monstres histoires. »

L’importance des conséquences. 

Le mensonge est un acte qui implique une conséquence au même titre que les autres bêtises.

Cependant il vaut la peine de nuancer.

  • Quand les enfants sont encore petits. il est important de donner une conséquence à la bêtise, plus que au fait qu’il ait menti. Le mensonge étant un moyen de gérer la situation c’est plus important qu’il apprenne de la situation. Il est cependant important de lui répéter sans cesse qu’il vaut mieux dire la vérité car c’est comme cela qu’on construit la confiance.
  • Lorsqu’ils deviennent plus grands et qu’ils comprennent bien la visée de leur mensonge ou que leur mensonge aggrave la situation alors il est important que les conséquences soient relatives aux deux: au mensonge et au sujet du dit mensonge.

Quels sont les objectifs importants: 

  • Apprendre à l’enfant comment composer avec les situations inconfortables, les erreurs commises autrement que en mentant.
  • Apprendre que si le mensonge permet un petit délai avant de devoir faire face à son comportement, les conséquences de ses actes finissent toujours par arriver. Mentir de fait rallonge le problème sans jamais le résoudre.
  • Apprendre à l’enfant les conséquences qu’un mensonge peut avoir surtout quand il implique d’autres personnes.
  • Apprendre que le mensonge peut l’éloigner des autres et entacher la relation qu’il entretient avec vous ou/et ses paires. Car personne n’aime qu’on lui mente car il se sent trompé, parfois trahi. Si le mensonge devient son moyen de communiquer alors il risque de perdre ses amis ou tout du moins leur confiance et la vôtre aussi.
  • Apprendre que mentir c’est: raconter autre chose que ce qui s’est passé, en dire qu’une partie, ou ne pas en parler du tout (mensonge par omission).

Si on peut discuter un moment de savoir si l’omission est un mensonge ou pas, l’important est de noter que l’omission amène les mêmes complications que la déformation de l’information.

Ce qu’il est important de garder à l’esprit:

Ne jamais prendre le mensonge comme une offense à votre personne, ni un signe d’immoralité de votre enfant, ni d’un manque d’éducation de votre part, mais bien comme un choix de communication visant à gérer une situation inconfortable ou à éviter les conséquences d’une bêtise.

Mettre de côté vos sentiments de tristesse, de colère, de déception pour vous concentrer sur votre souci d’aider votre enfant à s’exprimer en confiance,  dire la vérité et d’en comprendre l’importance.

Etre clair avec vous-mêmes sur les conséquences que vous allez imposer.

Ne pas trahir la confiance que vous travaillez à  instaurer avec votre enfant en vous énervant une fois que vous avez appris la vérité. Il en déduira qu’il vaut mieux ne jamais avouer car après c’est encore pire.

Transmettre à votre enfant que quoique qu’il fasse de faux, d’incongru ou de vraiment inattendu, vous l’aimez par dessus-tout et que rien ne changera jamais ce sentiment.

Il n’y a pas de façon unique de réagir au mensonge. Cela dépend de chaque situation. Cet article donne un aperçu. N’hésitez pas à soumettre vos exemples de situation. Je répondrai à certaines d’entre elles comme exemple de cas.

N’hésitez pas à laisser vos commentaires, questions ou compléments

MHM

A lire pour en apprendre plus:

Dans Psychologie: quand les enfants nous racontent des histoires

 

Dana Castro, Petits silences, petites mensonges, Le jardin secret de l’enfant

Albin Michel, 2012

Petits silences, petits secrets