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8 raisons surprenantes pourquoi les enfants ne coopèrent pas

8 raisons surprenantes pourquoi les enfants ne coopèrent pas

Avez-vous compté combien de fois vous avez répété les mêmes choses aujourd’hui?

Qu’avez-vous finalement fait? 

  1. je me suis énervé 
  2. j’ai fait moi-même

Bon… ne vous en faîtes pas trop, vous êtes probablement des centaines à sourire en lisant cela. 😂😕  ou pas.. 😅

Quoique vous ayez fait, voyons maintenant si l’un ou l’autre des 8 points suivants peut vous aider à arrêter de répéter, et vous donner quelques pistes pour faire autrement. 

1. Ils ne partagent pas nos priorités.

Faire le bain, se préparer pour partir, ranger la chambre, tout autant de choses qui sont impératives pour nous, n’ont que peu, voire aucune  importance pour eux, surtout s’ils sont en train de faire autre chose. Comme jouer!

Jouer est leur travail, leur priorité, car c’est comme cela qu’ils apprennent et qu’ils prennent du plaisir. 

Pour nous jouer est devenu superflu! 

De là, nous comprenons comment le décalage de priorités engendre, la frustration.

Soyez rassurés:  cela les frustre autant de de vous entendre répéter, que vous, de devoir répéter! 

Changer cela serait du coup un pari gagnant-gagant! 

.

2. Nous les avons entraînés à nous accorder de l’attention que lorsque nous élevons la voix ou menaçons de punir

Aïe ! Vraiment ? Oui vraiment.

Les enfants s’adaptent et intègrent  les stratégies de communication que nous instaurons.

Si notre stratégie est de répéter, l’enfant apprend que, en ne réagissant pas, il s’accorde du temps pour ce qu’il est train de faire.

Ainsi il attend le signal ultime: le moment où vous élevez la voix ou annoncez la conséqeunce.

Si nous avons pris l’habitude d’user et d’abuser de la méthode : « je compte jusqu’à 3 », nous avons entraîné l’enfant à attendre que nous ayons fini de compter pour éventuellement répondre.

Et je dis intentionnellement éventuellement car, faisant l’expérience que cela ne fonctionne pas comme attendu, bien de parents s’arrêtent de compter à 2 ¾ sans jamais atteindre 3.

L’enfant apprend donc qu’il n’y aucune urgence à répondre ou à collaborer.

Solution: Capter leur attention avant de poser sa demande: 

« Hey les Loulous, excusez-moi, j’ai quelque chose à vous dire, vous m’écoutez? »

Et attendre qu’ils lèvent la tête  

« Les enfants!  je viens pour t’avertir que cela va être l’heure de se préparer pour le bus. Encore 10 min et on y va. Vous m’avez entendu? »

Et attendre qu’ils acquiescent. Vous allez retrourner dans 5 min pour les avertir qu’il reste 5 min. 5 min plus tard ils seront prêts à venir.

3. Ils ont besoin de plus de soutien pour vivre les moments de transition.

Vous l’avez compris au point précédant.

Les transitions sont des moments difficiles pour les enfants, surtout quand elles arrivent  sans préavis.

C’est la raison pour laquelle les transitions sont autant sujettes à crises d’opposition en tout genre: cris, refus, désorganisation, oublis obligeant  de retourner 5 fois dans la maison etc.

Relire: 9 choses  que votre enfant aimerait que vous sachiez quand il dit non

Solution: Accompagner les enfants dans les transitions, en les avertissant, en reconnaissant la frustration que cela engendre puis en les accompagnant à se diriger vers l’activité suivante.

Je viens pour t’avertir que ça va bientôt être le moment de se préparer pour l’école. Tu peux avertir tes monstres que tu vas devoir partir? Quand le sablier est vide ce sera le moment de te préparer

« Je suis sûr que c’est très embêtant de devoir arrêter de jouer, ton train magique peut t’emmener jusqu’à tes chaussures pour t’aider à les mettre? « 

Valable aussi pour les plus grands:

« Je sais que vous êtes en pleine partie mais je dois vous avertir que dans 10 min on va passer à table. Préparez-vous à devoir interrompre votre jeu. »

4. Leurs fonctions cérébrales sont encore imparfaites. Enfin… ils ne sont pas assez grands pour comprendre que vous attendez 😉

Pour faire ce que vous demandez, votre enfant doit prendre une décision, celle de passer à autre chose.

Seulement voià, avant un certain âge ce n’est pas très facile à faire. Voire impossible.

La partie du cerveau qui permet cette chose qui vous semble naturelle est encore en chantier chez eux. 

Ainsi l’enfant aura plus tendance à répondre impulsivement en rapport direct avec son désir.

En plus quand on crie ou qu’on répète sans cesse, le cerveau bloque. 

Et finalement le vôtre aussi ! 

Alors comment régler cela?

En vous connectant à lui, car l’enfant répondra positivement lorsque son envie de se connecter à vous est plus forte que l’envie de continuer à faire ce qu’il fait.

Chaque fois qu’il décide parce qu’il est connecté à vous, il entraîne cette faculté à switcher d’une occupation à une autre. Cela l’entraîne à l’auto-discipline. 

Solution:  trouver un moyen de lui donner l’envie de collaborer plutôt qu’attendre de lui d’obtempérer dès qu’on le lui demande.

« Wow ta tour est vraiment haute. Tu penses pouvoir la faire grande comment? Oh ca va être génial. Tu veux bien faire une petite pause pour venir te brosser les dents et ensuite je te regarde faire ta tour jusqu’au plafond»

5. Ils ne se sentent pas entendus dans leur position.🤔? 

Comment cela?? C’est vous qui n’êtes pas entendus! 

Tout à fait, cependant eux non plus,

surtout lorsqu’ils sont interrompus (avec insistance !!! ) dans leur activité pour quelque chose qui ne les intéresse pas sur le moment. 

Et lorsque vous êtes fatigués de répéter, parfois vous passez à la vitesse supérieure et vous … criez ou menacez de punir… 😤

Marshall Rosenberg disait : « nous ne pouvons pas obliger les enfants à quoique ce soit; on peut seulement les faire regretter de ne pas l’avoir fait ».

Cela veut dire que “faire obéir” revient à user de méthodes contraignantes.

Si cela se répète journellement, l’enfant ne réagit plus ou pas tout de suite, par manque de considération ou manque de pouvoir positif.

L’enfant va décider de coopérer lorsqu’il peut sentir de notre façon d’interagir avec eux, que nous tenons compte de LEUR situation aussi!

Cela est vrai à tout âge, et crucial dès la pré-adolescence.

Pensons une seconde comment cela se passe pour nous-mêmes: 

Votre patron:

« apportez-moi les derniers rapports au plus vite svpl ». alors que vous êtes déjà à la bourre pour terminer une tâche.»😡🙄

« je sais que vous êtes très occupé(e), alors dès que vous avez un moment je vous serais reconnaissante de bien vouloir m’apporter les derniers rapports. » 👍🏼🙂

Solution: leur faire savoir que vous prenez en compte leur réalité du moment et  leur donner du pouvoir positif, c’est-à-dire une part de choix.

« Leo j’ai bien entendu tu as dit très fort NON PAS DE BAIN. Peut-être que tu n’aimes pas du tout le bain. Et probablement que quand tu seras grand tu prendras plus jamais des bains n’est-ce pas? Mais maintenant tu as besoin d’un bain, comme Maman, comme Papa, on a tous besoin de prendre le bain.

Tu préfères prendre le bain ou faire la douche? On y va maintenant ou dans 5 minutes? »

« je comprends que ça te décourage d’avoir autant de devoirs à faire. Moi aussi après toute une journée de classe ça m’ennuierait de m’assoir encore pour refaire des maths. Tu le sais les devoirs c’est ta responsabilité d’écolier. 

Tu préfères les faire avant ou après le repas? Ou en partie maintenant et terminer après le repas. Ils devront être faits avant 20h00 comme cela tu peux jouer un peu sur ta tablette avant de dormir.

6. Ils se sentent déconnectés, ou sont déconnectés de nous.

La connexion est l’élément magique de la relation entre parent et enfant.

Lorsque la connexion est bonne tout est possible.

Lorsque la connexion est rompue, toute collaboration est compromise.

Le problème c’est que souvent on interprète le manque de copération de comme une intention négative de l’enfant envers nous, une disposition négative de l’enfant vis-à-vis du parent.

Alors qu’en réalité ce qui se passe c’est que l’enfant est déconnecté ou ne se sent pas connecté. 

La déconnexion peut être créée par différentes choses, aussi

  • innocentes que le voyage dans l’imaginaire,
  • douloureuses qu’ une mise à l’écart, (punition, envoyé en chambre) ou
  • secrètes qu’ un souci qu’il n’aurait pas partagé  mais qui l’envahit.

Un enfant qui joue est dans son monde, a perdu la connexion avec la réalité et donc lorsqu’on l’appelle, il faut un temps de reconnexion.

C’est comme faire un appel téléphonique et attendre que la personne décroche à l’autre bout. Et parfois le téléphone sonne occupé.

Les cris, les menaces, les mises à l’écart, sont autant de façon que le parent utilise qui créent une douloureuse déconnexion.

Rester derrière l’enfant à le seriner pour qu’il réagisse, crée une connexion qui est un leurre parce que l’enfant se sent déconnecté ou finalement le souhaite. 

Si l’enfant est préoccupé par quelque chose d’important pour lui, sa connexion à vous peut-être momentanément très faible.

Solution: Il est indispensable de reconnecter l’enfant d’abord, en attirant son attention avec compréhension avant de poser sa demande.

“Wahou Leo, ton train a l’air magique. Il va où? il prend des passagers comme moi? puis en l’invitant à entrer dans la réalité : « je sais que tu n’as pas fini avec ton train et c’est l’heure du bain. Ton super train pourrait t’y emmener ou le train doit rester ici pendant que tu prends le bain?

Cela rejoint l’aide aux transitions:

entrer dans son monde pour l’aider à en sortir plutôt qu’exiger de lui, de sortir de son monde, pour rejoindre le nôtre.

D’autant si c’est pour quelque chose d’aussi inintéressant que prendre le bain ou mettre la table.😜

7. Ils ont perdu foi en nous.

Je me souviens cette Maman atterrée par la remarque de son fils de 10 ans:

de toutes les façons tu n’as plus de plaisir à être Maman. Tu fais que crier et espérer qu’on soit pas là ou dans nos chambres, Tout ce qui t’intéresse c’est qu’on fasse ta volonté.

Ainsi ce jeune garçon ne prêtait plus attention à ce que sa Maman disait sachant que quoiqu’il arrive elle allait crier ou répéter sans cesse les mêmes choses.

Sans arriver à ces extrêmes, il arrive parfois que nos préoccupations, notre surcharge de responsabilités et de travail est telle, (parents seuls, divorcés ou peu soutenus) que

 nous ne prêtons attention qu’à ce qui n’est pas fait, pas parfait, pas terminé ou à faire

plutôt que de penser à vivre des moments présents avec nos enfants à les écouter nous parler d’eux et de leur monde.

Les enfants comptent sur nous pour les nourrir en affection, en attention et pour les guider.

Quand ils persistent à nous emporter dans leurs luttes de pouvoir c’est parfois un signal d’alarme que notre présence n’est plus ressentie de façon assez intense.

Solution: créer des moments privilégiés intenses, sortir avec eux faire une activité plein air, s’organiser pour passer du temps à faire des choses qui créent des bons souvenirs.

A faire des choses qu’ils aiment comme jouer, rigoler, explorer.  

Des gros éclats de rire sont indispensables aux enfants et bienfaisants aux parents. 

Planifier ces moments intenses, même s’ils faut le faire sur le planning général affiché sur le frigo en mettant en évidence ces plages spéciales « TEMPS INTENSE ».

8. Ils sont comme nous!! Ils sont humains. Ils résistent lorsqu’ils se sentent forcés ou contrôlés

L’être humain, être de libre arbitre, déteste se sentir contrôlé et y réagit par la résistance.

Plus ils se sentent poussés ou bousculés, plus ils vont se rebeller; alors que les enfants plus dociles vont eux, perdre leurs capacités d’initiatives, leurs capacités à s’affirmer.

Solution: installer un partage des pouvoirs.

Faites ressentir à votre enfant que vous êtes de son côté en reconnaissant ses sentiments :

« oui je sais c’est frustrant, oui je suis sûr que cela ne t’arrange pas du tout de faire cela maintenant, je suis désolée que cela te mette dans un tel état de colère »

puis soutenez dans l’apprentissage de la “contrainte” car des contraintes il y en a dans la vie!

en leur donnant du choix:

« tu peux prendre la douche ou la bain, tu peux faire les devoirs avant ou après le souper, tu ranges ta chambre aujourd’hui ou demain? »

« Ok pas maintenant de suite. Tu as besoin de  temps? Combien? »

Il est toujours préférable de motiver l’enfant à collaborer, de le guider, plutôt que de le contrôler.

 

CONCLUSIONS ET REFLEXIONS

Il est toujours préférable de motiver l’enfant à collaborer, puis de le guider, plutôt que de tenter de le contrôler.

L’obéissance est parfois comme la Quête du Graal parental. Qu’est-ce qui nous pousse à nous battre à ce point pour que les enfants fassent ce qu’on leur demande de faire?

La peur le plus souvent.

La peur de perdre le contrôle,  la peur de ne pas éduquer de bons enfants, de bons citoyens capables de se soumettre aux règles valables en société,

la peur du jugement des autres si nos enfants n’adaptent pas leurs comportements à ce qui est attendu.

Il y a également de façon plus ou moins consciente,

notre propre revanche sur notre propre état d’enfants de parents.

Et parfois même de dire: « j’ai été bousculé et j’en suis pas mort » ou « j’ai été élevé par des parents contrôlants et j’ai plutôt bien réussi dans la vie »

comme autant de « maigres » consolations à de grands moments de frustration et de colère et

parfois peut-être même de solitude, en tant qu’enfant contrôlé et dirigé,

en tant qu’enfant que peu entendu dans ses propres désirs à vouloir aussi prendre ses propres décisions.

Et si nous avions pu choisir d’apprendre les mêmes choses de façon plus collaborative et plus douce?  Aurions-nous refusé?

Aurions nous moins bien réussi?

Il est important de trouver un juste équilibre et trouver une position confiante

située  entre la peur d’élever des enfants “endommagés” ou “maltraités” en prônant le libre choix de « pour tout » et

la peur d’élever des enfants « tout-puissants » en optant pour une éducation contrôlante et contraignante.

Ce juste milieu,

c’est guider son enfant sur le chemin de l’auto-discipline, de l’auto détermination, de l’autonomie, en modélisant les comportements attendus,

en posant des limites avec justesse et empathie, en respect de son niveau de développement, de sa personnalité et de ses vulnérabilités.

C’est aussi être confiant que, en tant que parent, adultes autonomes,

nous avons suffisamment de ressources pour guider ces « petits de nous » sur leur chemin sans avoir peur qu’ils nous dominent, qu’ils souffrent trop ou qu’ils ne réussissent pas.

Cela demande quelques années de patience et d’auto gestion de frustrations parfois intenses, 😖

 cependant soyons encouragés:  la contrepartie de bénéfices est énorme !!😀👏🏼🏆🏆🏆

Personne n’a dit que ce serait simple, par contre c’est possible !

L’EQUILIBRE EST A LA PORTEE DE TOUS!

Note de l’auteure: envie d’approfondir le sujet et apprendre des méthodes pour éduquer calmement et efficacement? 

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Pourquoi dire « Fais de ton mieux » augmente l’anxiété chez les enfants

Pourquoi dire « Fais de ton mieux » augmente l’anxiété chez les enfants

Cet article est basé sur un un article du Dr Kevin L. Gyoerkoe, spécialiste à l’Institut du Traitement de l’Anxiété et Troubles Compulsifs, de Caroline du Nord, aux USA.

Les troubles anxieux chez les élèves âgés de 8 – 13 ans a augmenté de façon spectaculaire ces 15 dernières années.

Les enfants se plaignent de

  • maux de ventre
  • de nausées
  • de maux de tête
  • se sentir pas bien (sans savoir expliqué quoi)

et présentent des comportements comme

  • irritabilité – hyper sensibilité
  • fatigue – difficulté à s’endormir
  • difficulté à se concentrer – excès de travail extra scolaire (devoirs)

EXEMPLE : Léonore, 12 ans, présente plusieurs de ces troubles anxieux depuis la rentrée scolaire.

Léonore se présente comme une enfant peu sûre d’elle, les cheveux cachant son visage, la voix à peine audible, jouant avec ses doigts, laissant penser à un stress intérieur assez intense.

Lors de l’entretien, après avoir parlé de ses loisirs pour détendre un peu l’atmosphère, Léonore fond en larmes lorsque le psychologue en vient au sujet de l’école et des notes.

Je sens que je dois être parfaite. Je sens que je dois faire que des A.

J’étudie tout le temps et je ne sais pas m’arrêter, je suis tellement plus lente que toutes mes copines pour faire mes devoirs. Et si je fais un B, je panique totalement.

La Maman de dire

« je ne sais pas d’où elle a cela. Nous ne mettons jamais de pression, nous n’avons pas d’attentes sur ses résultats. nous sommes des parents plutôt relax. Tout ce que nous lui disons est : fais de ton mieux ».

Lorsque les enfants sont stressés de faire de bons résultats, nous pensons souvent que derrière il y a des parents eux-mêmes anxieux, ou exigeants, ou encore pratiquant une éducation basée sur le résultat, l’effort et la discipline .

Mais dans ce cas il n’est rien. La Maman de Léonore est très détendue, douce avec sa fille et plutôt sereine face à la situation présente (être au cabinet du spécialiste avec sa fille).

Donc la question qui surgit ici est:

Est ce que une phrase aussi anodine et très faible en terme d’attentes comme « fais juste de ton mieux » pourrait justement devenir un déclencheur d’anxiété?

CELA CREE DE L’ INCERTITUDE

Le problème avec le bien intentionné « fais de ton mieux », c’est que c’est trop vague. Comment savoir quand on a fait de son mieux. Il n’y a aucun moyen de mesurer un objectif ni de mesurer un progrès. Donc l’enfant est laissé dans l’incertitude.

L’INCERTITUDE CREE DE L ANXIETE

l’incertitude est un facteur connu de l’anxiété. C’est fréquent que le moins nous avons de certitudes concernant quelque chose, le plus nous nous sentons anxieux par rapport à cette chose.

L’ANXIETE ENGENDRE DES PROJECTIONS  NEGATIVES

Quand des choses négatives se produisent il est naturel de tenter d’expliquer pourquoi. Si la consigne sur une tâche est de « faire de son mieux » et qu’on n’obtient un résultat médiocre ou pas suffisant, n’ayant aucun paramètre pour expliquer le résultat, on va se blâmer, ou s’auto-juger comme incompétent dans une certaine mesure.

Quand cela se répète, on ressent un sentiment d’échec ou d’impuissance, ce qui sur la longueur. pourrait résulter en une baisse des efforts et de résilience.

Alors comme  le « fais de ton mieux » finalement n’aide pas votre enfant, ou pire, renforce son anxiété, essayez ces 3 ETAPES:

 

1. SOYEZ SPECIFIQUE

 Au lieu d’un vague « fais de ton mieux » aidez votre enfant à fixer des objectifs clairs, concrets et raisonnables. Cela aidera à baisser l’anxiété, et à développer des bonnes habitudes de travail. 

Si les objectifs ne sont pas atteints, alors en reposer d’autres plus adaptés, plus graduels peut-être.

Exemple: Si votre enfant a des devoirs de géographie par exemple: objectifs du jour: connaître 6/20  noms de pays et ses capitales: puis 6 autres le surlendemain

 2. METTEZ L ACCENT SUR CE QUE VOTRE ENFANT CONNAÎT

Paradoxalement il semble que mettre l’accent  sur ce qu’on sait le mieux faire, baisse le niveau d’angoisse.

La tendance est d’encourager l’enfant à se concentrer là où il a le plus de peine. Donc a plus valoriser un accomplissement pour quelque chose de difficile et que quelque chose qu’il, elle maîtrise.

L’alternative: si votre enfant est bon en langues étrangères par exemple, cela lui prendra que peu de temps pour mémoriser les nouveaux mots de vocabulaire

Une fois cet objectif atteint, notez le comme « mission accomplie » avec le même enthousiasme, quelque soit la dose d’effort qu’il, elle a dû fournir, sans s’attarder à savoir s’il a fait de son mieux. 

Quand il vient le moment des devoirs, commencer par ce qu’on maîtrise donne de la confiance   et donc augmente la motivation.

Le point ici est : valorisez la poursuite d’objectifs quelque soit la dose d’effort produite.

3. ENSEIGNEZ LA RESOLUTION DE PROBLEME

La prochaine fois que votre enfant rentre avec une mauvaise note ou un sentiment d’échec quelconque, au lieu de lui demander s’il a fait de son mieux, demandez lui

«  de quoi aurais tu besoin pour faire mieux la prochaine fois? »

Considérer l’échec comme une opportunité d’apprendre ce qui semble ne pas avoir été acquis.

C’est aussi une façon de relativiser: tu n’as pas échoué, il y a des choses que tu n’avais pas encore bien appris. L’objectif du jour: apprendre ces choses là.

Quand cela est possible tentez de voir avec l’enfant quelles sont ses habitudes de travail et lesquelles favorisent l’atteinte des objectifs.

L’environnement: où se sent-il, elle le mieux pour faire ses devoirs? avec où sans musique etc.

Planification : faire une liste avec des cases à cocher, plan de semaine etc. Tout ce qui rend ses progressions visibles.

Le timing: à quel moment de la journée, combien de temps à la fois, (toujours se souvenir que les devoirs c’est comme du boulot qu’on aurait amené à la maison après une journée de travail….c’est parfois la goutte de trop)

L’auto-évaluation: leur donner la possibilité d’auto-évaluer concrètement leurs méthodes de travail:

« si je répète mes mots de vocabulaire 3 fois par semaine je vois que c’est suffisant pour me souvenir. Une 4ème me rassure « .

La méthode de travail détermine beaucoup plus la probabilité de réussite que l’effort

Une bonne méthode de travail permet de baisser le stress,  favorise les apprentissages en profondeur et la mémorisation à long terme.

Qui se souvient après 3 jours des 60 mots de vocabulaire appris en 3 heures de travail intensif le jour avant le test?

 

CONCLUSIONS

Même si vous pensez lever la pression, dire « fais de ton mieux » à votre enfant, génère en fait de l’anxiété.

Préférez lui dire quelque chose de plus spécifique, qui le guide dans le « comment faire » pour se sentir mieux et gérer les attentes de l’école. 

Enseignez lui des méthodes qui permettent de 

Baisser l’anxiété

Construire une bonne estime de soi

Développer de nouvelles compétences

Votre enfant en profitera pleinement en développant des outils concrets qui lui assureront le succès dans ses projets tout le long de sa vie.

Ces outils l’aideront à se sentir moins anxieux dans un système scolaire basé sur la performance

Note complémentaire:

il existe plein de ces petites phrases anodines que l’on dit en toute bonne fois mais qui n’aident pas nos enfants à grandir harmonieusement.

Vous trouverez 25 d’entre elles dans ce petit guide avec des exemples d’alternatives.

L’EQUILIBRE FAMILIAL EST A LA PORTEE DE TOUS

MH

10 Comportements A Améliorer Pour Etre Un Parent Positif

10 Comportements A Améliorer Pour Etre Un Parent Positif

C’est parti pour 2019!

Sans en faire des résolutions, je vous offre ici, 10 comportements auxquels vous pouvez prêter attention en 2019 de façon plus soutenue,

afin d’améliorer ou de maintenir votre relation avec vos enfants.

Nul besoin d’en faire une résolution. Encore moins de se promettre de les respecter les 10 à la fois et chaque jour

Les Fêtes sont derrière nous, le rythme du quotidien professionnel et scolaire a repris.

Pour beaucoup, comme une tradition, quelques résolutions ont été prises pour faire de 2019 une encore meilleure année que 2018.

Je vous propose de les noter et les coller sur votre frigo;

même encore mieux, de les avoir écrits séparément dans différents endroits comme, le miroir de la salle de bain, votre bureau, votre page d’accueil de votre ordinateur ou téléphone portable; cela vous aidera à vous en souvenir.

Faites le point régulièrement sur l’évolution des comportements sur lesquels vous avez le plus à vous concentrer pour vous améliorer.

Ainsi, pas besoin de vous promettre quoique ce soit.

Les lire vous invitera à le faire, ou à réaliser que peut-être certains jours, vous avez quelque peu négligé l’un ou l’autre de ces comportements.

Peu importe les raisons, l’important c’est de s’en rendre compte, de l’accepter et de réajuster.

1. Compatir plus souvent 

Se sentir compris et entendu baisse instantanément la tension ou reboost la motivation. Cela fonctionne pour chacun de nous et tout particulièrement pour les enfants.

Ansi chaque fois que votre enfant est frustré, ou fâché pour une quelconque raison, essayez de compatir avant d’agir:

oui je sais que c’est ennuyant, je vois que t’es fatigué, je suis sûre que tu préférerais jouer

Cependant (éviter les mais qui annulent ce que vous venez de dire), c’est l’heure de faire tes devoirs, tu ne peux pas taper ton frère pour autant, j’aimerais que etc…

Compatir = se mettre dans les chaussures de l’autre, même si pour nous mêmes, le problème n’est pas aussi important qu’il l’est pour l’enfant.

Parfois en tant que parent on se dit: il n’y a rien de dramatique, il n’y a pas de raison de pleurer, ou encore: je n’en demande pas tant…

Pour les enfants les choses sont différentes.

Et si juste ces 3 petits mots: je comprends que, permet d’éviter la crise alors pourquoi s’en priver.

2. Dire ce qu’ils peuvent faire plutôt que ce qu’il ne peuvent pas faire.

Si cela demande un petit effort mental de la part de l’adulte, il est bien plus efficace d’exprimer une demande sous la forme positive que sur la forme négative.

Ainsi:

  • ne lâche pas l’assiette devient, tient la très fort,
  • ne sautez pas sur le canapé, sautez sur le tapis, ou encore jouons à un autre jeu,
  • n’utilise pas ton téléphone pendant le repas, laisse ton téléphone dans ta poche,
  • on ne tape pas, utilise tes mots, etc…

La conséquence directe de la formulation positive est qu’elle donne des indications ce par quoi on peut remplacer le comportement, et évite la réaction négative du cerveau, liée à l’interdiction.

Si je vous dis:

« restez dans les limites de la vitesse indiquée c’est plus prudent« , votre cerveau réagit différemment que si je vous dis:

« ne dépassez les limitations de vitesse sinon…« .

Faites l’exercice entre adultes et voyez ce que vous pourriez formuler sur la forme positive plutôt que sous la forme d’une négation.

3. Les faire rire tous les jours

Le rire c’est la santé.

Le rire a des effets relaxants et libérateurs de stress insoupçonnés. Il existe même des thérapie par le rire où les personnes vont se réunir une fois par semaine pour des séances de rire.

Si les enfants semblent pleurer beaucoup et facilement, ils rient tout autant et tout autant facilement.

Les faire rire les aident à dépasser leurs frustrations, et surtout les font se sentir heureux et connectés à eux-mêmes et à la personne qui les fait rire.

A pratiquer sans modération.

4. Dire oui! plus souvent

Il semble que beaucoup de parents ont de la peine à dire non.

Et pourtant… observez sur une période de 24 heures le nombre de fois que vous avez dit non:

  • « non pas maintenant,
  • non pas aujourd’hui,
  • non il n’y pas de raison,
  • non je ne crois pas,
  • non tu peux pas,
  • non de… non mais j’y crois pas, non tu ne vas pas recommencer,
  • non je t’ai déjà dit,
  • non pas la dessus,
  • non pas comme ça….« 

Essayons:

  • « oui, dès que j’ai fini;
  • oui je comprends que tu sois pressé de le faire aujourd’hui, veux-tu m’expliquer pourquoi?,
  • oui c’est très cool de ta part de vouloir m’aider… « 
  • oui, je t’aime…

Il est important aussi de savoir parfois dire oui, à des choses pour lesquelles nous aurions tendance à dire non,

parce que cela ne nous arrange pas sur le moment, ou que les conséquences de notre oui pourraient être contraignantes pour nous ou…

encore que nous pensons que ce que l’enfant demande n’est pas “de bon ton” ou pas dans les “règles que nous nous sommes fixées”.

Relire à cet effet l’article ICI

Un oui concédé là où l’on pensait non, peut se solder par des comportements ultra positifs et des oui spontanés! à nos demandes là où d’habitude on récolte des nons systématiques

5. Passer du temps privilégié chaque jour avec chaque enfant

Le temps est un cadeau qui n’a aucun égal et qui laisse des sentiments profonds d’appartenance et de valorisation.

Les enfants plus que tout au monde, désirent passer du temps avec leurs parents.

Faut-il que ce temps soit intense dans le sens que l’enfant sente que nous sommes pleinement avec eux.

Du temps privilégié est du temps où l’enfant se sent entier, le plus important à vos yeux, où il se sent apprécié quoiqu’il fasse, quoiqu’il dise.

Ces temps peuvent être passés à jouer, à danser, à discuter, à les laisser s’exprimer comme ils le veulent, sans restriction ni règle contraignante; ces moments peuvent être aussi plus calmes, à les écouter vous raconter leurs histoires, à les bercer.

Le petit détail qui fait toute la différence: ils sont maîtres du moment.

Cela construit chez eux la notion de confiance qu’ils ont le droit d’être ce qu’ils sont, ce qu’ils veulent être sans être retenus, punis, ou encore jugés.

La seule chose que le parent cadre dans ces moments particuliers est la durée et bien sûr, la sécurité.

15-20 minutes par jour, comme un rituel, et de préférence en individuel 1-1 parent- enfant.

6. Utiliser votre “bouton pause” et criez moins

Crier ou de s’énerver est le signal que vous donnez (à vous) et à vos enfants que vous avez cédez à la lutte de pouvoir.

Le meilleur et seul moyen de l’éviter est d’utiliser le “bouton pause” et de respirer.

Comme un bouton d’alarme pour vous: “SOS gestion de mes émotions” dites vous intérieurement:

« je m’arrête, je prends une grande respiration, je me recentre sur la réalité, il n’y a pas de danger, ni d’urgence, juste de la fatigue, des frustrations, du stress « .

Puis vous reprenez le cours des évènements, que lorsque vous avez suffisamment de calme en vous pour gérer la situation.

7. Eteindre vos écrans lorsque vous êtes avec eux

Les écrans sont devenus des amis “incrustés” dans les familles.

Ils sont partout avec nous, tout le temps, ont toujours quelque chose à nous communiquer et allez savoir pourquoi, tout est toujours prioritaire…

Il est important que nous sachions nous détacher de cette habitude lorsque nous sommes avec les enfants, ne serait-ce que pour modéliser l’art d’être en bonne communication.

Rien n’est plus frustrant que de devoir partager l’attention de l’autre avec un écran.

8. Aller au grand air avec vos enfants

Sortir et se dépenser au grand air a pour conséquences de baisser les tensions, libérer les stress et les colères,

Régénérer en oxygène l’ensemble de l’organisme, augmente la faculté de concentration, et rapproche les personnes qui font l’activité ensemble.

Toute la famille en tirera des bénéfices.

9. Autoriser les émotions, limiter les comportements

Dans les crises on perçoit d’abord les comportements qu’on essaye dès lors de contrôler. Rappelons-nous que tout comportement inadéquat est généré par une émotion “négative”. Le plus les émotions sont exprimées le moins elles sont traduites en comportements.

  • « Tu as le droit d’être en colère, tu peux le montrer autrement qu’en frappant ton frère.
  • « C’est normal que tu sois déçue, je ne peux pas te laisser être impolie avec moi ».

C’est ce qu’on appelle mettre des limites avec empathie.

Vous reconnaissez et autorisez l’émotion, vous limitez l’expression de ces mêmes émotions à des comportements acceptables.

10. Laisser une plage “temps pour moi” sur les plannings

On ne prend bien soin des autres, que lorsque l’on prend bien soin de soi.

En tant que parents cela veut dire que vous ne pouvez bien gérer toutes les variations et variantes émotionnelles et comportementales de vos enfants que si vous prenez soin de vous.

Rechargez vous-mêmes: en repos, en énergie émotionnelle positive, en relations affectives et sociales ressourçantes, en réalisations personnelles, hobbies, ou passe-temps.

Devenir parent signifie se consacrer pleinement, pas se sacrifier pleinement.

L’EQUILIBRE FAMILIAL EST A LA PORTEE DE TOUS

Chamailleries & Disputes entre frères et soeurs: prévenir & gérer

Chamailleries & Disputes entre frères et soeurs: prévenir & gérer

Léo: « Maman elle m’a traité de nul! »

Ana: « C’est pas vrai d’abord c’est toi qu’a commencé ».

Léo: « Oui t’as dit et t’as même jeté mon cahier par terre ».

Ana:« Bouuuh le bébé à sa maman, va vite pleurer »

Maman: « Arrête d’embêter ton frère; t’es la grande tu peux montrer l’exemple ».

Ana: « Oui mais toi tu vois jamais ce qu’il fait lui! A son frère: attends un peu que Maman soit partie tu vas voir!! »

Léo: « Maman elle continue! »

Léo: “je te déteste”

Ana: « oui ben ça tombe bien moi aussi et encore plus ».

Chamailleries

Journellement peut-être assistez-vous à ce genre d’échanges comme Christine, la Maman de Ana et Léo (9 et 6 ans).

Les frères et soeurs se chamaillent, se provoquent, parfois se battent; nous l’avons certainement aussi fait, aussi vécu. Personnellement, je me souviens que mon frère cadet avait l’art de me mettre en boule puis d’aller pleurer vers sa maman qui prenait toujours son parti.

Parfois les mots peuvent devenir très blessants, ou alors les enfants en viennent aux mains.

Tant la répétition de ces séquences, que le bruit que cela génère, sans parler de la banalité des mots échangés, rendent les parents nerveux, agacés, et peuvent parfois les faire sortir à leur tour de leurs gongs.

Soyons francs, disons le bien fort et tous ensemble: qu’est que c’est énervant!!! SI seulement ils pouvaient arrêter.

Voilà c’est dit. Mais malheureusement cela ne  les fait pas arrêter, pas plus que nos 25 “ça suffit” par jour, ou encore “chacun dans sa chambre!”, ou “aller jouer dehors!” ou… “je vais en prendre un pour taper l’autre!”. Même si ce propos peut les surprendre (elle va faire cela comment?), cela ne les démotive pas de guetter la prochaine occasion d’envoyer une remarque des  plus désagréables à l’autre.

Tout cela est pris avec beaucoup d’humour et de distance; il n’en reste pas moins que ces attitudes, qui peuvent parfois perdurer des années, conduisent souvent  le parent à devenir agressif, et à tenir des propos rejetants, dévalorisants, ou encore menaçants. C’est bien cela que vous voulons éviter.

Bien que l’intention ne soit que de les stopper ou/et de les protéger  (notamment lorsque l’un des enfants est clairement dominé par le ou les autres), l’agression ou la menace verbale n’est jamais la bonne solution. Ni dans son résultat immédiat, ni dans l’impact sur l’enfant.

Faut-il  se mêler des disputes de nos enfants? 

Il se dit plusieurs choses à ce sujet, ce qui met les parents dans la confusion ou l’incertitude de l’attitude à adopter.

Parfois on dit qu’il est mieux pour les enfants, que les parents les laissent gérer leurs conflits sans “trop s’en mêler”; cela leur apprendrait à régler les conflits.  D’autres disent qu’on ne peut pas ignorer les tensions entre les enfants; d’une part par mesure de protection; d’autre part les enfants ont besoin de l’aide des parents pour apprendre à gérer leurs frustrations. Le fait est que  l’intervention parentale est souvent maladroite car empreinte des propres frustrations et incompréhensions.

Voyons ensemble quelles sont les attitudes les plus efficaces:

  1. OBSERVER avant D’AGIR. 

C’est valable pour ceux qui sont plutôt prompts à l’action, comme ceux qui préfèrent laisser aller les choses en espérant que cela se calme.

“Cela m’énerve tellement que dès qu’ils commencent, je les sépare” me confiait Eric, père de 2 filles et 2 garçons, incapables de passer une seule journée sans se chamailler ». 

Prendre un temps de recul et noter ce qui se passe: séparer les faits des émotions générées par les faits. Cela est valable même pour les plus petits: parfois ils ne  font que se parler un peu plus fort, pour s’imposer; puis ils se calment rapidement car ils ont trouvé une solution, ou ils se sont compris.

Nous réagissons aux émotions que cela génère en nous plus qu’à ce que les enfants font réellement.  C’est souvent la raison du décalage et de l’inefficacité de l’intervention parentale.

Ecouter ce qu’ils se disent: leurs mots vont:  permettre au besoin, de corriger les propos “menteurs”: “tu es sûre que c’est cela qu’il t’a dit parce que moi j’ai entendu autre chose” ; puis donner une indication sur l’intensité de la dispute. Espèce de charlotte aux fraises n’a pas la même gravité  que “pauv taré” par exemple ou pire…

Laisser un peu de temps “tout en restant attentif”; leur laisser l’espace nécessaire pour régler le différent à leur façon. Tant que la dispute ne dégénère pas, soit que le langage devient  grossier, les propos menaçants ou humiliants ou encore que la dispute dégénère en dispute physique, il est préférable, le plus souvent de ne pas intervenir.

2. Superviser, montrer notre présence.

Surtout chez les plus jeunes, (4-8 ans), le seul fait d’être là, dans les parages, et notifier que nous les entendons, suffit souvent à calmer les esprits. Le parent devient alors le signal rassurant que malgré les petites frustrations, tout va bien.

Dédramatiser et détourner l’attention: les enfants ont toujours envie de jouer ensemble, ils ne savent souvent juste pas comment gérer les frustrations engendrées par le jeu et la distribution de l’autorité entre eux.

Ils font l’apprentissage de la négociation, du consensus, du “laisser la place à l’autre” et c’est difficile.

Intervenir sur un ton calme: “oh oh oh, je sens que la colère monte ici. Est-ce que tout le monde va bien?”; si les tensions deviennent trop importantes avertir: « Si vous ne trouvez pas une solution pour vous entendre, je vais décider qu’on arrête le jeu, ou qu’on change d’activité”. 

L’envie de continuer le jeu est le plus souvent supérieure à la volonté de faire passer sa volonté.

Ne pas hésiter parfois, si vous avez le temps,  à les inviter à faire autre chose avec vous. « A vous entendre, il semble que ce jeu ne vous rend pas très heureux; que diriez vous qu’on préparent des gâteaux ou qu’on aille un peu dehors, etc ».

3. Apprendre aux enfants, comment s’exprimer tout en écoutant l’autre. 

Une fois que les choses se sont calmées, chacun son tour, l’enfant explique ce qu’il se passe pour lui. Puis réfléchir à  une solution pour ne pas se chamailler: “qu’est-ce qu’on fait maintenant?” ou “comment tu pourrais faire maintenant pour qu’il te prête son jouet?”, “que pourrais-tu lui dire pour que cela ne la mette pas en colère, au lieu des mots moqueurs?”

L’apprentissage de l’écoute active, (je t’écoute sans parler, sans te juger) peut se faire sans qu’il y  ait eu dispute, comme un jeu que l’on fait régulièrement.

Le jeu du bâton de parole est très efficace et très apprécié des enfants.

Inspiré des traditions africaines et amérindiennes, ce jeu a pour but de réguler les temps de parole et d’écoute. Seul celui qui tient le bâton peut parler, les autres doivent écouter. La règle est  chacun parle de soi-même, de ses pensées, de ses propres sentiments et expériences, de ses propres idées, et non pour l’autre ni « sur l’autre ». L’animateur, de préférence le parent tant que les enfants sont petits, passe le bâton, comme un relais afin que chacun ait son tour de parole. Il le fait soit sur demande de l’enfant, soit lorsqu’il juge qu’un des enfants ne s’exprime pas assez ou ne s’exprime pas spontanément.

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Cet exercice a aussi pour vertu de rééquilibrer les échanges au sein de la famille lorsque un des enfants (ou l’un des parents) a tendance à monopoliser l’espace de parole.

Ce jeu peut-être pratiqué comme un rituel à la fin de chaque journée pour relater les évènements ou partager quelque chose de spécial ou de façon ponctuelle après une journée difficile ou une dispute.

Il est capital de terminer le jeu par un câlin, une parole enrichissante et bienveillante: “merci ça me fait chaud au coeur quand on peut parler comme cela tous ensemble; venez que je vous serre fort”. Eviter à tout prix le : “c’est mieux quand on peut discuter calmement plutôt que de…. « ; cela réactive immédiatement les souvenirs et donc une partie des émotions générées pendant la dispute ET cela insuffle un  sentiment de culpabilité totalement contre productif. Il y a une différence entre renforcer positivement un état présent: on se sent bien n’est-ce pas ? et comparer un nouvel état positif à un autre, passé et négatif: « je me sens mieux quand on parle que, quand vous-vous disputez. Pas vous? ». Nous avons besoin de nous souvenir QUE de ce qui est positif. Alors n’insistons que sur ce qui est positif: « je suis heureuse de voir comme vous avez su trouver une solution »; « ça nous fait très plaisir à Maman et à moi de vous entendre vous parler gentiment« .

J’insiste un peu car, c’est une habitude venue de notre éducation, parfois presque culturelle, de terminer sur une note moralisatrice alors que tout le monde se sent apaisé et a réussi à traverser le moment difficile avec succès.  Pourtant cela n’apporte rien de plus.

Après une grosse dispute, encourager les enfants à se reconnecter : on se sert la main, on se fait un bisou, on se propose chacun un jeu: « on joue à ton jeu d’abord, puis on joue au mien ». Les plus petits sont assez spontanés dans la reconnexion. C’est parfois plus difficile avec les  adolescents, qui, suivant l’intensité de la dispute, ont besoin d’un moment chacun de leur côté, pour digérer.

4. Poser des règles de bases familiales La charte de famille est quelque chose qui fonctionne assez bien. Elle représente les valeurs de la famille; elle se doit de poser des limites de comportements: tout le monde a le droit d’être fâché, agacé par l’un ou par l’autre, le sentiment d’injustice est légitime, exprimer ses émotions et donner son point de vue est un droit. Par contre: les menaces, les atteintes physiques et les paroles humiliantes ne sont pas autorisées. 

Même si cela oblige les enfants à inventer d’autres mots en guise d’injures, cela est toujours préférable à une salve de gros mots dégradants et souvent même pas vraiment compris par les enfants eux-mêmes.

La charte doit être visible pour tout le monde afin que chacun puisse s’y référer à tout instant. Les enfants peuvent se la rappeler mutuellement: « tu vois ce qui est écrit là: tu n’as pas le droit de me taper »; plutôt que de rendre le coup par exemple. (Article relatif aux limites)

5. Eviter les partis pris, ou le favoritisme

Il est important de ne jamais prendre parti, ni favoriser l’un par rapport à l’autre; que ce soit pour des raisons de genre: « c’est une fille, on ne tape pas les filles », ou d’âge: « c’est le petit, tu peux bien comprendre », ou encore de « handicap ou difficultés quelconques: « tu sais que que c’est plus difficile pour elle; sois sympa » . Chaque enfant doit être traité avec la même considération et soumis aux mêmes règles de conduite ; Dans notre exemple, la fillette se plaint que sa Maman ne voit pas tout. On retrouve l’importance de l’observation même si, nous le savons bien, certaines choses nous échappent; cependant, certains enfants sont très affûtés à agir hors de l’attention parentale; de fait la situation diffère de ce qui paraît évident.

Donner la responsabilité aux plus âgés, sous forme de: « tu pourrais quand même montrer l’exemple t’es l’aîné(e) », forme de (dé)favoritisme, est souvent un poids qu’ils ont de la peine à gérer; cette pression peut parfois les frustrer, les effrayer ou encore les rendre jaloux; leur comportement ne tardera pas les trahir: « coup » par derrière, agressivité vis-à-vis du cadet, intolérance: si je ne le laisse jamais m’approcher, je ne devrai pas veiller sur lui, elle, et je ne me ferai pas disputer.  D’où les : « sors de ma chambre » systématiques, « laisse-moi jouer seule », « non je te prête pas mes crayons », « non tu ne peux pas jouer avec nous, t’es trop petit! » (dehors avec les copains de quartier).

 

soeurs-réconciliées

Le fameux « c’est à toi de montrer l’exemple » peut être exprimé par: « toi tu sais bien, voudrais tu qu’on explique ensemble à ton petit frère ». ; « tu te souviens comme tu as appris à demander sans taper, ta petite soeur devrait apprendre aussi. Qu’est-ce que tu en penses. Tu pourrais lui apprendre toi. »

Lorsque la différence d’âge est importante, il arrive que l’aîné(e) se sente un peu mis à l’écart et crée des disputes pour manifester sa frustration. Dans ce cas, intervenir avec empathie est toujours un succès: « hmmm, je me demande si tu n’as pas un peu l’impression qu’on s’occupe trop de tes nouveaux petits frères et soeurs….je suis désolée que tu te sentes triste pour cela, car c’est pas du tout notre intention. Qu’est-ce qu’on pourrait faire pour que ce soit plus facile pour toi? « 

Puis instaurer des moments “privilégiés” pour l’aîné (e) et l’engager, dans certaines activités communes, à se comporter en grand frère, grande soeur responsable.

5. Leur apprendre des techniques de résolution de problèmes ou la séquence de communication non violente: ce que tu fais, ce que je ressens, ce dont j’ai besoin, ce que je souhaite que tu fasses.

Exemple:

  • « Quand tu entres dans ma chambre sans frapper, ça me fait sursauter, et ça m’énerve; j’ai besoin d’être tranquille pour faire mes devoirs: je souhaite que tu frappes avant d’entrer; je souhaite que tu entres que si je dis oui. » 
  • « Quand tu dis des mots moqueurs ça me rend triste et en colère; j’ai besoin qu’on m’encourage et je souhaite que tu ne dises plus ces mots. »
  • « Quand tu joues aux jeux vidéos sans me laisser mon tour ça me met en colère; j’ai aussi envie de jouer et je souhaite que tu ne dises plus que je suis un bébé ». 

Pour les ados: demander aux enfants de se calmer séparément s’ils ne peuvent pas parler sans hurler dans la maison. Puis les encourager à reparler, au calme de la situation, à l’extérieur de leur chambre, avec le parent en médiateur. S’ils se sentent de se parler sans les parents, il est bien ne pas s’imposer. Cependant il est important de ne pas les laisser rester sur une dispute non résolue; elle resurgira tôt ou tard; l’accumulation de conflits non résolus finit en principe par une rupture ou par une rancune sans fin.

“ok je vois que vous êtes calmés. Etes-vous prêts à re discuter de vos différents? Qui veut commencer. Laisser les enfants s’exprimer librement; le parent est là que pour s’assurer que chacun écoute sans être interrompu. Lorsque vous voulez donner votre avis avertissez: “ je peux ajouter quelque chose là ? “ puis toujours commencer par quelque chose de positif et/ou empathique: “je trouve très intéressant ta proposition ou je comprends tout à fait la peine que cela te fait, ce que je vous suggère, ou ce que je pourrais ajouter à cela c’est…” 

L’adolescent est toujours prêt à écouter lorsqu’il a le sentiment qu’il a été écouté aussi et entendu sans jugement.

Puis même chose que pour les plus petits: re connexion: accolade, poignée de main etc…

Le temps pris par un parent pour encourager et guider les enfants à trouver leurs propres solutions dans leur relation à autrui est un cadeau pour le reste de leur vie.

La résolution de problème est la compétence no 1 pour traverser la vie relationnelle de façon confiante.  Beaucoup d’adolescents sont en rupture scolaire ou professionnelle car ils n’ont pas développé cette compétence. Ne sachant pas faire face aux “problèmes nouveaux” posés par les exigences de la vie professionnelle, pour faire face aux problèmes plus complexes de la vie adulte, ces adolescent fuient par peur et par honte de se sentir incompétents.

Conclusions: la gestion des conflits entre frères et soeurs, qu’ils soient simples chamailleries ou grandes disputes, est en fait plus une question d’apprentissage, que de gestion, ou d’évitement. Cependant il est possible et important de les anticiper: vaut mieux prévenir que guérir dit le dicton.

Les disputes de frères et soeurs est une chose quasi inévitable; tout tenter pour les empêcher, ou les “avorter” en « sur réagissant » ou de façon trop prompte,  n’est pas très constructif et risque de créer d’autres problèmes; il est bien plus intéressant de guider les enfants à les traverser sans dommage, c’est à dire en leur évitant de se blesser “méchamment” que ce soit physiquement ou émotionnellement. Les disputes deviennent alors un “terrain d’apprentissage” pour la régulations des frustrations et  la gestion des différents. Le plus tôt ils apprennent, le mieux ils sauront éviter de se disputer pour tout et surtout pour des petits riens!

Les frères et soeurs ne sont pas toujours complices et parfois leurs différences de personnalités sont difficilement compatibles

Dans ce cas ils ont besoin de l’aide des parents pour apprendre à 1. connaître leurs propres traits de personnalité, et 2. composer avec les traits de personnalités de l’autre. Ces apprentissages sont valables pour le restant de la vie et c’est en cela qu’ils méritent toute l’attention et l’implication bienveillante des parents.

Les parents peuvent, et se doivent de prévenir les disputes violentes ou trop fréquentes par un apprentissage progressif de la gestion des relations interpersonnelles.

Naturellement, le mieux nous adaptons notre façon de gérer nos propres relations, le mieux les enfants peuvent apprendre en modélisant notre façon d’être.

Nous verrons dans un autre article, car cela mérite d’être traité aussi en détail, comment intervenir lorsque de disputes qui ont dégénéré.

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Tout le monde le sait, tous les parents le vivent, les petits entre 2-6 ans font, ce qu’on appelle « de crises » ou « des colères », de façon répétée et le plus souvent de manière tout à fait inattendue. Ces manifestations sont le résultat de l’immaturité de leur cerveau; de la même manière que le cerveau met du temps à coordonner la marche, il met du temps, et ce temps est bien plus long, à coordonner les émotions (ou les sensations) avec les réponses qu’on y donne. Le petit enfant bombardé de sensations et d’émotions, presque chaque jour nouvelles, est par moments tellement submergé qu’il ne sait plus « où donner de la tête ». Dépourvu de moyens de dire stop, il se met à crier, à pleurer, à se rouler par terre etc.

(suite…)