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Enfants en opposition, les 3-7 ans

Enfants en opposition, les 3-7 ans

Comportements de recherche d’attention

 Une maman fait appel à mes services car, me dit-elle, sa petite fille de 6 ans adorable  le matin au réveil  devient insupportable après l’école et ce jusqu’au moment d’aller se coucher.

 Je constate que cette petite fille, très autonome, est tout à fait capable le matin de s’habiller toute seule, de prendre son petit-déjeuner en compagnie de sa soeur aînée. Elle sollicite sa maman pour l’aider à se coiffer avant d’aller à l’école et s’en va de bonne humeur non sans oublier d’embrasser sa maman.

 Le midi, c’est la Grand-mère qui l’accueille pour repas. Après l’école, elle passe chez sa voisine qui lui donne le goûter et commence parfois les devoirs avec elle, bien que la préférence soit de jouer avec sa soeur ou les voisines de l’immeuble dehors.

 La maman arrive du travail vers 17h00 et récupère ses filles chez la voisine.

 A peine la porte de l’appartement est-elle passée que la petite commence à se disputer avec sa maman. Elle lui répond agressivement, fait tout le contraire de ce qu’elle lui demande, court partout dans la maison au lieu de faire ses devoirs, discute âprement chaque demande, refuse d’aller dans son bain ou alors appelle sa mère toutes le 3 min, impose ce qu’elle désire manger, fait plier sa maman pour regarder les dessins animés en même temps qu’elle fait ses devoirs )ou en lieu et place.

 Le moment d’aller au lit est tout aussi pénible et peut durer jusqu’à 22h00.

Epuisée la maman tombe sur le canapé quand cela s’arrête enfin et se met à pleurer en pensant à tout ce qu’elle a à faire encore avant d’aller se coucher elle-même.

 

Comment cette petit fille peut-elle passer de l’enfant sans problème à cette petite fille qui semble faire de sa maman absolument ce qu’elle veut.

 

Nous sommes ici face à une situation qui se rencontre très souvent: l’enfant en demande d’attention intensive. 

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Chez les plus petits ne sachant pas encore s’exprimer suffisamment cela se manifeste de différentes manières comme:

 

  • simuler des pleurs
  • tirer les habits de l’adulte ou le bras de manière répétitive
  • appeler son parent sans raison apparente (surtout lorsqu’ils sont déjà couchés)
  • courir à travers l’appartement et se rendre inatteignable
  • jouer très bruyamment
  • embêter le petit frère
  • pleurnicher, crier

 

Dans le cas qui nous occupe, la petite fille s’arrange pour que sa mère n’ait pas un seul instant sans être occupée par elle; en manque de la présence de maman à cause de l’organisation de la journée, la petite ne trouve pas d’autres moyens pour accaparer sa Maman que d’occuper l’espace physique et sonore quitte à recaler sa soeur qui, de fait choisit de s’effacer.

 

Pourquoi les enfants utilisent de tels moyens pour demander de l’attention jusqu’à en rendre “dingues” les parents, et pourquoi finalement les parents cèdent et accèdent aux demandes de leurs enfants, au risque de perdre toute crédibilité.

 

La première chose à noter pour rassurer tout le monde est que  ces comportements de recherche d’attention des jeunes enfants jusqu’à 7 ans est tout à fait normal.

 

A cet âge les enfants ont beaucoup de raisons d’avoir besoin d’attention ou d’être rassurés: ils s’ennuient, ils ont faim, ils sont fatigués, sont parfois frustrés sans savoir pourquoi; ils ont passé la journée à la garderie, à l’école, chez la maman de jour.; ils ont dû s’adapter à plein de personnes différentes, essuyer des refus, peut-être ont-ils été blessés par des copains d’école, bref des tas de sentiments différents tout au long de la journée. Ils ont parfois des sensations physiques bizarres, parfois des douleurs car ils grandissent; bref les raisons d’avoir besoin de l’adulte sont multiples.

 

Le problème c’est que à leur âge ils ne sont pas encore en mesure de décrypter leurs besoins, de les classer, ni de les articuler avec un comportement visant à les satisfaire. De fait il leur est très difficile de les exprimer. Sinon que depuis tout petit ils ont appris que pleurer, “chouiner” crier attire l’attention de l’adulte qui finit toujours par prendre soin d’eux. Le plus simple est donc de solliciter cette attention, de manière répétitive et bruyante voire agressive.  

 

C’est alors que les parents peuvent mesurer quel type de communication ils ont instauré ou veulent instaurer entre eux et leurs enfants.

 

L’enfant se programme mentalement à chaque fois qu’il reçoit une réponse à sa demande. Rapidement il va mémoriser le schéma: mon désir-mon comportement-la réponse reçue et  va utiliser la stratégie qui fonctionne le mieux et le plus souvent. 

 

Les enfants qu’on “désigne” comme “tyrans” sont des enfants qui ont appris que crier permet de tout avoir et de crier plus fort permet d’avoir encore plus rapidement; leur puissance est proportionnelle à l’attitude de retrait ou “d’abandon” de son parent.

 

L’important ici est donc bien plus d’apprendre à réagir à ces manifestations plutôt que d’essayer de comprendre les raisons précises de leurs agissements. 

 

Que faire? 

 

Etre patient: considérez votre enfant pour ce qu’il est : un petit vous, un petit être humain en apprentissage.

Dans ce sens connaître ce que votre enfant est capable de faire au regard de son développement est une réelle aide pour comprendre. Cela n’implique pas que vous acceptiez tout sous prétexte que son développement ne lui permet pas de faire différemment;

cela implique seulement que vous ne prenez pas son attitude comme un moyen de vous mettre à bout, mais une conséquence de son immaturité mentale et affective. Cela va vous aider parfois à

Ignorer ses comportements. Ignorer ses simagrées et ses crises. Ignorer ne signifie pas faire la sourde oreille. Ignorer signifie passer par dessus le comportement pour se concentrer sur les raisons, ses besoins. Cela vous permet alors d’

Etre en empathie. Reconnaître son état. C’est capital. C’est LA clef qui fait 90% du temps toute la différence. 

Même pour nous cela fait une énorme différence; si notre conjoint(e) nous dit, lorsque nous sommes irritables: je sais chéri(e) tu as beaucoup ces temps et t’aurais besoin d’un break. » au lieu de « t’as pas besoin de t’énerver comme cela!! « 

Exemple: je vois que tu aimerais que je t’écoute; mais quand que tu me parles sur ce ton, je n’entends rien.

Exemple: c’est ok d’être fâché, et je vois cela. Crier ne t’aide pas. Si tu as besoin de crier tu peux le faire, mais pas juste là dans mes oreilles.

Si l’enfant continue vous pouvez vous permettre d’ignorer dès que vous avez signalé à votre enfant que vous avez reçu sa demande d’attention. Cependant soyez sûr(e) que l’enfant ne se sente jamais rejeté.

Exemple: j’ai bien compris que tu aimerais que je joue avec toi, et j’ai bien envie aussi. Avant cela, j’ai besoin que tu te calmes. Dès que tu te sens prêt tu viens me chercher; en attendant, je retourne à ce que je faisais. Je t’attends.

Différencier la simple demande d’attention du réel besoin d’urgence,

Vous n’êtes pas tenu de donner satisfaction immédiatement lorsque la demande d’attention surgit. Plutôt l’enfant apprend à attendre un peu le mieux il saura gérer ses  demandes et par la suite à y répondre parfois par lui-même.

Cependant l’enfant doit aussi apprendre à faire la différence entre “avoir besoin de Papa ou Maman en urgence” car il est soit en danger soit en réelle mauvaise posture et “ j’aimerais bien que Papa ou Maman vienne me donner un coup de main” ou encore “ cela me ferait plaisir que Papa ou Maman s’occupe de moi ou joue avec moi”. 

Quand ces différents niveaux de besoin d’attention sont clairs dans la tête des parents alors ils sont en mesure de les enseigner aux enfants.

Exemple: je veux bien t’aider à ranger ta chambre; donne-moi 10 min et j’arrive. Tu peux commencer.

Et bien sûr vous tenez vos promesses. Rien de plus frustrant pour les enfants lorsque Papa ou Maman ne font pas ce qu’ils disent… d’autant que eux! attendent de moi que je fasse ce qu’ils demandent.

Exemple: quand tu cries comme cela comme si quelque chose de grave t’étais arrivé cela me fait très peur. Tu sais que je viens si tu m’appelles, même si tu dois attendre 1 minute. S’il te plaît, tu veux bien ne plus m’effrayer comme cela?

 

Etablir des règles de conduites claires avec vos enfants. 

Certes on peut répéter chaque jour: stpl ne me crie pas dans les oreilles, essaye de m’expliquer au lieu de pleurer etc.

L’enfant ayant besoin de temps pour intégrer et acquérir le comportement attendu, l’enfant ayant besoin de cette phase, répéter va vous fatiguer, vous agacer et finalement, lassés, vous allez vous aussi avoir besoin de vous énerver.

Etablir des règles de conduite valables pour tous en tout temps, permet de se libérer un peu de cette contrainte de la répétition. Elles deviennent alors les valeurs de la maison, et tout le monde appartenant à cette famille ou vivant dans cette maison (de manière permanente ou occasionnelle ) respectent ces valeurs, ces règles de conduite. Il n’empêche qu’il faut les apprendre et les intégrer. 

Les règles de conduites peuvent faire l’objet d’une Charte valable et visible par tous les Membres de la famille à laquelle vous renverrez vos enfants plutôt que répéter les choses indéfiniment.

Construisez-la avec vos enfants plutôt que de l’imposer (qui revient au même que de crier! Tout aussi inutile et sans portée dans le temps).

En y participant les enfants s’y engagent aussi car ils se sentent concernés. Exposez la Charte à un endroit où tout le monde la voit, le plus souvent possible. Même si l’enfant ne sait pas lire il se souviendra de ce qu’elle signifie. On peut également (et c’est vivement conseillé! ) l’agrémenter de dessins explicites.

La Charte une fois établie, acceptée et exposée, elle devient valable pour TOUS les membres de la famille, parents compris!!

 

Exemples de choses qui peuvent paraître dans la Charte:

  • Eviter de crier, choisir de parler
  • Ecoutez la réponse avant de s’énerver
  • S’aider les uns les autres lorsque cela est possible

Pour la rendre accueillante et augmenter le sentiment d’appartenance on peut l’intituler par exemple: Dans notre maison, ou chez les …. ,  ! Agrémenter de couleurs, d’un soleil, de symboles de bonheur et de joie de vivre.

 

Expliciter les attentes: dites à vos enfants ce que vous souhaitez et dites leur pourquoi. :

Exemple: « je voudrais pouvoir parler avec toi plutôt que crier ensemble. Lorsqu’on crie tous les deux on est triste tous les deux.  j’aimerais que tu sois heureux, j’aimerais être heureuse, j’aimerais que tout le monde soit heureux.” 

Exemple: “J’aimerais que tu me laisses du temps pour terminer ce que je fais, comme cela j’aurai du temps pour m’occuper de toi ensuite. “

Exemple: “Quand tu cries cela me fait mal aux oreilles, Crier ne me fait pas venir plus rapidement, alors je préfères que tu attendes gentiment”

 

Etre consistant. la régularité est la clef pour un apprentissage en profondeur. C’est difficile pour les parents, cependant cela assure des comportements positifs de la part des enfants. 

Une fois c’est oui, une fois c’est non. C’est d’abord non puis finalement c’est oui. L’enfant ne sait jamais à quoi s’attendre et exprime ce sentiment d’instabilité et l’inconfort qui en résulte pour lui par des cris, des mots parfois cruels, à l’extrême des coups. “Je te montre comment ça me fait mal de ne pas savoir où tu es, ni ce que tu veux répondre ou décider pour moi.” 

Etre consistant signifie, rester sur ses paroles, quitte à souffrir de voir son petit en pleurs, ou insatisfait. Etre consistant signifie savoir ce qu’on veut transmettre comme valeur. Etre consistant signifie être en accord avec soi-même;  Etre consistant c’est savoir montrer une image de solidité face à ses enfants, même si au fond de nous, nous sommes en doute. Etre consistant c’est se soutenir entre parents face à l’enfant même lorsqu’on est pas d’accord. 

Les remises en questions doivent se faire pour soi-même, à l’écart des enfants et aboutir sur de nouvelles résolutions ou prises de décisions dont on est convaincu.

 

Donner de l’attention à l’enfant. Finalement c’est bien cela qu’il s’agit de faire.

Donner du temps de qualité plutôt que de la quantité. 

Beaucoup de parents sont occupés en journée par les activités professionnelles. 

Au retour du bureau, au retour de la crèche ou du lieu d’accueil de jour, il y est PRIMORDIAL d’être totalement attentif à votre enfant. Avec les plus grands, trouvez un moyen de passer du temps avec eux;

 

Le réflexe est souvent de:

  • préparer le repas,
  • faire les devoirs
  • prendre le bain
  • préparer les affaires de demain
  • regarder un peu la télé
  • brosser les dents

DODO…..

Le tout sous un rythme effréné car dans l’idéal tout et tout le monde doit être rangé à 20h00 soit 3 heures après être arrivés!!

Fatigués vous-mêmes, les cris, les bagarres entre frères et soeurs, les « c’est pas bon, je veux ce dessin animé, j’arrive pas à faire mes devoirs, je prendrai ma douche demain, etc… »

tout ressemble à des montagnes ou en tous les cas sont autant de gouttes qui font déborder un votre vase déjà plein.

Il vaudra toujours mieux 30 minutes intensives avec l’entier de votre attention et de votre amour que 3h à être là en attention alternative: je t’écoute, je ne t’écoute plus, je t’écoute mais je fais autre chose aussi. Je te parle depuis l’autre bout de l’appartement etc.

 

Relire: l’Article: Dire je t’aime, passer du temps de qualité.

 

A éviter:

Crier aussi: à ce jeu, l’enfant gagnera ou si c’est l’adulte c’est qu’il effraye plus l’enfant qu’il ne l’éduque.

Comme vu plus haut, le risque est de construire un mode de communication basé sur les cris. D’où la remarque entendue parfois: dans notre famille tout le monde s’engueule tout le temps, on ne sait pas faire autrement, mais on s’aime quand même ». 

L’amour n’est pas remis en doute ici. Mais ce mode de communication est fatiguant et cause des blessures dont le plus souvent, personne ne parle.

Culpabiliser les enfants: les enfants ne sont ni coupables de ce que leur développement ne leur permet pas de faire, ni de ne pas savoir ce qu’on leur a pas enseigné.

Pousser ses propres limites à l’extrême en acceptant tout de ses enfants par peur d’être jugés. Vous risquez le burnout, la dépression, la perte de confiance en vous etc. Presque tous les parents passent par là; alors personne n’attend de personne qu’il soit parfait(e).

Préférez partager vos difficultés que tout essayer par vous-mêmes ou souffrir en silence.

 

En conclusion: 

Les comportements de recherche d’attention peuvent être harassants et difficiles à supporter pour les parents.

Souvenons-nous à la fin de chaque journée que tout cela est totalement normal:

les comportements comme les sentiments de fatigue et de découragement.

Egalement que c’est une étape obligatoire du développement de l’enfant et que cela va passer. 

Avec suffisamment de conscience, de consistance et d’amour, en prenant la peine d’expliquer vos attentes et de les clarifier sans cesse, vos enfants vont se développer  harmonieusement, apprendre de vous, d’eux-mêmes et finalement vous apporter tout le bonheur du monde en retour de vos efforts. 

Pensez à vous récompenser vous-mêmes aussi chaque fois que vous observez que vos efforts ont porté vos enfants plus loin. 

 

 

Maman j'ai besoin de te dire quelque chose Maman j’ai besoin de te dire quelque chose

 

 L’EQUILIBRE FAMILIAL EST A LA PORTEE DE TOUS

 

N’hésitez pas à poster vos commentaires, questions ou compléments d’informations.

 

MH