5 étapes pour créer une collaboration parents-enseigants gagnante-gagnante

5 étapes pour créer une collaboration parents-enseigants gagnante-gagnante

 

Bien souvent les enseignants, comme les parents font appel l’un à l’autre QUE lorsque l’enfant présente une difficulté d’apprentissage compromettant sa réussite scolaire; ou lors de troubles du comportement récurrents qui mettant en péril l’ordre dans la classe. 

Soit le courant passe bien entre l’enseignant et le parent et la collaboration est un soutien pour l’enfant, soit les points de vue divergent, les émotions prennent le dessus, et la rencontre est un échec ou tout du moins n’apporte pas le résultat bénéfique escompté.

Le parent comme l’enseignant, ne se sentant pas entendu ou compris dans son propos, ne se sentant pas reçu dans ses inquiétudes, ou ses attentes, vont, tour à tour critiquer ou mal juger de la qualité de l’implication de l’un et  de l’autre auprès de l’enfant.

 

La confrontation ou l’évitement qui s’en suit va se faire au détriment de l’enfant.

 

Alors que se passe-t-il pour l’enfant? Que ressent-il? Qui fait quoi pour l’aider? Comment peut-il gérer le fait que son parent et son enseignant ne sont pas d’accord à son sujet, mais surtout se “chamaillent” à cause de lui.

 Le Dr Doug Haddad, spécialiste de l’Enfance à l’école, coach et mentor auprès des enseignants de l’école publique du Connecticut dit et affirme que,

 

Lorsque enseignants et parents sont unis, ils créent l’un des plus puissant partenariat qu’un enfant puisse avoir besoin. Doug Haddad.

 

Pour le Dr Haddad, les points clef de la bonne collaboration entre parents et enseignants, sont l’ouverture, l’intérêt du parent pour le programme et les objectifs des enseignants, le contact régulier entre parents et enseignants, même bref, l’intérêt de l’enseignant pour les observations des parents, la volonté de part et d’autre de mettre l’enfant et ses besoins en terme d’apprentissage et de tâches de développement au centre du programme scolaire.

 

1. Approcher l’enseignant,e de votre enfant le plus tôt possible

 Le plus tôt possible, c’est-à-dire dès la 1ère semaine, ou le 1er mois.

Faites sa connaissance comme vous feriez connaissance avec une, un collègue ou collaborateur. Vous allez ensemble accompagner votre enfant durant les 12 prochains mois dans sa tâche d’écolier, alors pourquoi le faire séparément ? Doug Haddad

 

2. Aborder l’enseignant(e) comme un(e) futur(e) allié(e) 

 Si l’enseignant(e) est « le Maître à bord » de sa classe avec son savoir et son “ savoir enseigner »,  (il),elle n’en reste pas moins un être humain comme vous, soucieux(se) de bien faire sa tâche, avec ses points forts, et ses vulnérabilités.

 Comme vous, il,elle a des doutes, des moments de découragements, de moments où il,elle a aussi besoin de soutien et de feedback lui signifiant comment les enfants vivent sa présence et son enseignement.

 Vous, vous êtes le parent, soucieux(se) du bien-être de votre enfant, qui venez avec des enjeux émotionnels que l’enseignant(e) n’a certes pas; cependant vous connaissez votre enfant dans des détails que l’enseignant(e) ne connaît pas et qui pourraient lui être utile de savoir pour mieux le,la comprendre.

L’espace où le parent et l’enseignant se rencontrent, c’est à la croisée de ces deux connaissances que vous avez ensemble de l’enfant: sa personnalité et ses particularités émotionnelles, (vous êtes le spécialiste) ses particularités d’apprentissage et de socialisation (l’enseignant est le professionnel spécialiste).

 

Abordez donc l’enseignant, comme le nouveau partenaire de développement de votre enfant. 

 

Présentez-vous, signifiez votre envie de collaborer dans l’éducation scolaire de votre enfant, son élève, et de votre disponibilité pour apporter des réponses à des questions qu’il,elle pourrait avoir au sujet de son élève, votre enfant dans le but de lui offrir les meilleures conditions d’apprentissage, de plaisir et de bien-être avant-pendant et après le temps scolaire.

 

3. Voyez quels sont les sujets sur lesquels vous en savoir plus pour mieux collaborer.

 

  • Les règles de conduites en classe (comme cela vous les connaissez et votre enfant sait que vous les connaissez)
  • Les exigences en matière de devoirs
  • Les points sur lesquels l’enseignant est peu flexible ou au contraire plus souple.

Puis de manière régulière, en quelques minutes intéressez-vous à un sujet crucial du temps scolaire: la socialisation de votre enfant, posez des questions:

  • comment le percevez-vous au sein de ses camarades?
  • comment se comporte-il?
  • comment réagit-il aux interactions avec les autres,
  • quelle place a-t-il, elle au sein des camarades, dans les activités en petits groupes, est-il accepté(e), acceptant(e), isolé(e) etc.
  • Intéressez-vous à son état émotionnel dominant: le,la  sentez-vous heureux(se) , confiant, (e), compétitrice(eur), soucieux, tendu(e), envahissant(e).

 

L’enseignant saura très bien vous répondre et vous dire si des situations particulières créent des émotions particulières chez votre enfant. Vous apprendrez des choses sur votre enfant qui pourront vous servir pour lui apprendre  à s’affirmer, à prendre confiance en lui, à laisser la place aux autres, à modérer son énergie.

 

  • Le programme de l’année ou du semestre, non pas pour le faire à l’avance ou pour vous insurger dès le moindre retard. Pour soutenir votre enfant lorsqu’il est en difficulté et l’aider à fixer de petits objectifs connaissant le grand (ce que les enseignants n’ont souvent pas le temps de faire)

 

  • Après quelques mois, intéressez-vous aux forces et aux points faibles observés par l’enseignant de votre enfant, tant dans le cadre des apprentissages académiques que dans les disciplines récréatives ou créatrices. Cela vous permettra d’échanger avec l’enseignant en quoi cela rejoint ce que vous savez de votre enfant et en quoi vous pouvez travailler au renforcement des zones plus vulnérables de votre enfant.

 

4. Si cette démarche vous semble difficile à faire, considérer les avantages à agir ainsi

  • Créer les fondations d’une relation parent-enfant collaborative plutôt qu’une collaboration réactive dépendante des évènements (malheureusement le plus souvent les négatifs)
  • Favoriser la pro-action des uns et des autres; l’enseignant, comme vous, serez plus enclin à communiquer au plus rapide une inquiétude ou un questionnement, plutôt que d’attendre que la situation soit arrivée à un point critique.
  • Communiquer à votre enfant un message positif: sa scolarité est importante pour vous, vous prenez  le temps nécessaire pour vous pré-occuper, tout au long de l’année de son bien-être à l’école. Et pas seulement quand cela ne va pas très bien. 
  • Créer un pont de communication pour votre enfant, entre son enseignant(e et vous-même.
  • Eviter de créer un fossé entre le monde de l’école et celui de la maison; les enfants pensent souvent qu’ils vaut mieux séparer les deux soit par peur des représailles, soit par crainte de décevoir le parent. Pendant ce temps, parents comme enseignants pensent que l’enfant communique et informe les uns les autres de ce qui se passe d’un côté, comme de l’autre.

L’interprétation est souvent: « s’il, elle ne raconte rien c’est que ça doit aller. » ou « L’institutrice me dira bien si il y a quelque chose qui ne va pas »;

Lors de la réunion de parents ou du carnet scolaire c’est la douche froide! Et le pire dans ce cas….c’est que le réflexe est de s’en prendre à l’enfant aussi: « pourquoi tu ne m’a rien dit ? »

 

5. Rencontrer l’enseignant(e) de façon régulière, même quelques minutes.

La régularité est signe d’engagement, tant pour votre enfant que pour l’enseignant(e). Ne vous transformez pas en parent inquisiteur, cela pourrait submerger l’enseignant,e qui finirait par angoisser à chaque fois qu’il vous voit arriver et de fait anéantir tous les effets positifs de la collaboration. Dough Haddad

Petit conseil: dès le début voyez avec l’enseignant,e quel moyen de communication il, elle préfère ainsi que les moments les plus propices: par téléphone, de vive voix, par email, plutôt avant la classe, plutôt après, plutôt sur rendez-vous etc.

 

Comme avec nos enfants, mieux le cadre est clair et établi pour tout le monde, plus on évite les écueils des incompréhensions, des attentes non satisfaites et des insatisfactions qui en découlent. 

 

L’EQUILIBRE FAMILIAL EST A LA PORTEE DE TOUS

MH

Chamailleries & Disputes entre frères et soeurs: prévenir & gérer

Chamailleries & Disputes entre frères et soeurs: prévenir & gérer

Léo: « Maman elle m’a traité de nul! »

Ana: « C’est pas vrai d’abord c’est toi qu’a commencé ».

Léo: « Oui t’as dit et t’as même jeté mon cahier par terre ».

Ana:« Bouuuh le bébé à sa maman, va vite pleurer »

Maman: « Arrête d’embêter ton frère; t’es la grande tu peux montrer l’exemple ».

Ana: « Oui mais toi tu vois jamais ce qu’il fait lui! A son frère: attends un peu que Maman soit partie tu vas voir!! »

Léo: « Maman elle continue! »

Léo: “je te déteste”

Ana: « oui ben ça tombe bien moi aussi et encore plus ».

Chamailleries

Journellement peut-être assistez-vous à ce genre d’échanges comme Christine, la Maman de Ana et Léo (9 et 6 ans).

Les frères et soeurs se chamaillent, se provoquent, parfois se battent; nous l’avons certainement aussi fait, aussi vécu. Personnellement, je me souviens que mon frère cadet avait l’art de me mettre en boule puis d’aller pleurer vers sa maman qui prenait toujours son parti.

Parfois les mots peuvent devenir très blessants, ou alors les enfants en viennent aux mains.

Tant la répétition de ces séquences, que le bruit que cela génère, sans parler de la banalité des mots échangés, rendent les parents nerveux, agacés, et peuvent parfois les faire sortir à leur tour de leurs gongs.

Soyons francs, disons le bien fort et tous ensemble: qu’est que c’est énervant!!! SI seulement ils pouvaient arrêter.

Voilà c’est dit. Mais malheureusement cela ne  les fait pas arrêter, pas plus que nos 25 “ça suffit” par jour, ou encore “chacun dans sa chambre!”, ou “aller jouer dehors!” ou… “je vais en prendre un pour taper l’autre!”. Même si ce propos peut les surprendre (elle va faire cela comment?), cela ne les démotive pas de guetter la prochaine occasion d’envoyer une remarque des  plus désagréables à l’autre.

Tout cela est pris avec beaucoup d’humour et de distance; il n’en reste pas moins que ces attitudes, qui peuvent parfois perdurer des années, conduisent souvent  le parent à devenir agressif, et à tenir des propos rejetants, dévalorisants, ou encore menaçants. C’est bien cela que vous voulons éviter.

Bien que l’intention ne soit que de les stopper ou/et de les protéger  (notamment lorsque l’un des enfants est clairement dominé par le ou les autres), l’agression ou la menace verbale n’est jamais la bonne solution. Ni dans son résultat immédiat, ni dans l’impact sur l’enfant.

Faut-il  se mêler des disputes de nos enfants? 

Il se dit plusieurs choses à ce sujet, ce qui met les parents dans la confusion ou l’incertitude de l’attitude à adopter.

Parfois on dit qu’il est mieux pour les enfants, que les parents les laissent gérer leurs conflits sans “trop s’en mêler”; cela leur apprendrait à régler les conflits.  D’autres disent qu’on ne peut pas ignorer les tensions entre les enfants; d’une part par mesure de protection; d’autre part les enfants ont besoin de l’aide des parents pour apprendre à gérer leurs frustrations. Le fait est que  l’intervention parentale est souvent maladroite car empreinte des propres frustrations et incompréhensions.

Voyons ensemble quelles sont les attitudes les plus efficaces:

  1. OBSERVER avant D’AGIR. 

C’est valable pour ceux qui sont plutôt prompts à l’action, comme ceux qui préfèrent laisser aller les choses en espérant que cela se calme.

“Cela m’énerve tellement que dès qu’ils commencent, je les sépare” me confiait Eric, père de 2 filles et 2 garçons, incapables de passer une seule journée sans se chamailler ». 

Prendre un temps de recul et noter ce qui se passe: séparer les faits des émotions générées par les faits. Cela est valable même pour les plus petits: parfois ils ne  font que se parler un peu plus fort, pour s’imposer; puis ils se calment rapidement car ils ont trouvé une solution, ou ils se sont compris.

Nous réagissons aux émotions que cela génère en nous plus qu’à ce que les enfants font réellement.  C’est souvent la raison du décalage et de l’inefficacité de l’intervention parentale.

Ecouter ce qu’ils se disent: leurs mots vont:  permettre au besoin, de corriger les propos “menteurs”: “tu es sûre que c’est cela qu’il t’a dit parce que moi j’ai entendu autre chose” ; puis donner une indication sur l’intensité de la dispute. Espèce de charlotte aux fraises n’a pas la même gravité  que “pauv taré” par exemple ou pire…

Laisser un peu de temps “tout en restant attentif”; leur laisser l’espace nécessaire pour régler le différent à leur façon. Tant que la dispute ne dégénère pas, soit que le langage devient  grossier, les propos menaçants ou humiliants ou encore que la dispute dégénère en dispute physique, il est préférable, le plus souvent de ne pas intervenir.

2. Superviser, montrer notre présence.

Surtout chez les plus jeunes, (4-8 ans), le seul fait d’être là, dans les parages, et notifier que nous les entendons, suffit souvent à calmer les esprits. Le parent devient alors le signal rassurant que malgré les petites frustrations, tout va bien.

Dédramatiser et détourner l’attention: les enfants ont toujours envie de jouer ensemble, ils ne savent souvent juste pas comment gérer les frustrations engendrées par le jeu et la distribution de l’autorité entre eux.

Ils font l’apprentissage de la négociation, du consensus, du “laisser la place à l’autre” et c’est difficile.

Intervenir sur un ton calme: “oh oh oh, je sens que la colère monte ici. Est-ce que tout le monde va bien?”; si les tensions deviennent trop importantes avertir: « Si vous ne trouvez pas une solution pour vous entendre, je vais décider qu’on arrête le jeu, ou qu’on change d’activité”. 

L’envie de continuer le jeu est le plus souvent supérieure à la volonté de faire passer sa volonté.

Ne pas hésiter parfois, si vous avez le temps,  à les inviter à faire autre chose avec vous. « A vous entendre, il semble que ce jeu ne vous rend pas très heureux; que diriez vous qu’on préparent des gâteaux ou qu’on aille un peu dehors, etc ».

3. Apprendre aux enfants, comment s’exprimer tout en écoutant l’autre. 

Une fois que les choses se sont calmées, chacun son tour, l’enfant explique ce qu’il se passe pour lui. Puis réfléchir à  une solution pour ne pas se chamailler: “qu’est-ce qu’on fait maintenant?” ou “comment tu pourrais faire maintenant pour qu’il te prête son jouet?”, “que pourrais-tu lui dire pour que cela ne la mette pas en colère, au lieu des mots moqueurs?”

L’apprentissage de l’écoute active, (je t’écoute sans parler, sans te juger) peut se faire sans qu’il y  ait eu dispute, comme un jeu que l’on fait régulièrement.

Le jeu du bâton de parole est très efficace et très apprécié des enfants.

Inspiré des traditions africaines et amérindiennes, ce jeu a pour but de réguler les temps de parole et d’écoute. Seul celui qui tient le bâton peut parler, les autres doivent écouter. La règle est  chacun parle de soi-même, de ses pensées, de ses propres sentiments et expériences, de ses propres idées, et non pour l’autre ni « sur l’autre ». L’animateur, de préférence le parent tant que les enfants sont petits, passe le bâton, comme un relais afin que chacun ait son tour de parole. Il le fait soit sur demande de l’enfant, soit lorsqu’il juge qu’un des enfants ne s’exprime pas assez ou ne s’exprime pas spontanément.

[wpvideo i2ZHeSWw]

Cet exercice a aussi pour vertu de rééquilibrer les échanges au sein de la famille lorsque un des enfants (ou l’un des parents) a tendance à monopoliser l’espace de parole.

Ce jeu peut-être pratiqué comme un rituel à la fin de chaque journée pour relater les évènements ou partager quelque chose de spécial ou de façon ponctuelle après une journée difficile ou une dispute.

Il est capital de terminer le jeu par un câlin, une parole enrichissante et bienveillante: “merci ça me fait chaud au coeur quand on peut parler comme cela tous ensemble; venez que je vous serre fort”. Eviter à tout prix le : “c’est mieux quand on peut discuter calmement plutôt que de…. « ; cela réactive immédiatement les souvenirs et donc une partie des émotions générées pendant la dispute ET cela insuffle un  sentiment de culpabilité totalement contre productif. Il y a une différence entre renforcer positivement un état présent: on se sent bien n’est-ce pas ? et comparer un nouvel état positif à un autre, passé et négatif: « je me sens mieux quand on parle que, quand vous-vous disputez. Pas vous? ». Nous avons besoin de nous souvenir QUE de ce qui est positif. Alors n’insistons que sur ce qui est positif: « je suis heureuse de voir comme vous avez su trouver une solution »; « ça nous fait très plaisir à Maman et à moi de vous entendre vous parler gentiment« .

J’insiste un peu car, c’est une habitude venue de notre éducation, parfois presque culturelle, de terminer sur une note moralisatrice alors que tout le monde se sent apaisé et a réussi à traverser le moment difficile avec succès.  Pourtant cela n’apporte rien de plus.

Après une grosse dispute, encourager les enfants à se reconnecter : on se sert la main, on se fait un bisou, on se propose chacun un jeu: « on joue à ton jeu d’abord, puis on joue au mien ». Les plus petits sont assez spontanés dans la reconnexion. C’est parfois plus difficile avec les  adolescents, qui, suivant l’intensité de la dispute, ont besoin d’un moment chacun de leur côté, pour digérer.

4. Poser des règles de bases familiales La charte de famille est quelque chose qui fonctionne assez bien. Elle représente les valeurs de la famille; elle se doit de poser des limites de comportements: tout le monde a le droit d’être fâché, agacé par l’un ou par l’autre, le sentiment d’injustice est légitime, exprimer ses émotions et donner son point de vue est un droit. Par contre: les menaces, les atteintes physiques et les paroles humiliantes ne sont pas autorisées. 

Même si cela oblige les enfants à inventer d’autres mots en guise d’injures, cela est toujours préférable à une salve de gros mots dégradants et souvent même pas vraiment compris par les enfants eux-mêmes.

La charte doit être visible pour tout le monde afin que chacun puisse s’y référer à tout instant. Les enfants peuvent se la rappeler mutuellement: « tu vois ce qui est écrit là: tu n’as pas le droit de me taper »; plutôt que de rendre le coup par exemple. (Article relatif aux limites)

5. Eviter les partis pris, ou le favoritisme

Il est important de ne jamais prendre parti, ni favoriser l’un par rapport à l’autre; que ce soit pour des raisons de genre: « c’est une fille, on ne tape pas les filles », ou d’âge: « c’est le petit, tu peux bien comprendre », ou encore de « handicap ou difficultés quelconques: « tu sais que que c’est plus difficile pour elle; sois sympa » . Chaque enfant doit être traité avec la même considération et soumis aux mêmes règles de conduite ; Dans notre exemple, la fillette se plaint que sa Maman ne voit pas tout. On retrouve l’importance de l’observation même si, nous le savons bien, certaines choses nous échappent; cependant, certains enfants sont très affûtés à agir hors de l’attention parentale; de fait la situation diffère de ce qui paraît évident.

Donner la responsabilité aux plus âgés, sous forme de: « tu pourrais quand même montrer l’exemple t’es l’aîné(e) », forme de (dé)favoritisme, est souvent un poids qu’ils ont de la peine à gérer; cette pression peut parfois les frustrer, les effrayer ou encore les rendre jaloux; leur comportement ne tardera pas les trahir: « coup » par derrière, agressivité vis-à-vis du cadet, intolérance: si je ne le laisse jamais m’approcher, je ne devrai pas veiller sur lui, elle, et je ne me ferai pas disputer.  D’où les : « sors de ma chambre » systématiques, « laisse-moi jouer seule », « non je te prête pas mes crayons », « non tu ne peux pas jouer avec nous, t’es trop petit! » (dehors avec les copains de quartier).

 

soeurs-réconciliées

Le fameux « c’est à toi de montrer l’exemple » peut être exprimé par: « toi tu sais bien, voudrais tu qu’on explique ensemble à ton petit frère ». ; « tu te souviens comme tu as appris à demander sans taper, ta petite soeur devrait apprendre aussi. Qu’est-ce que tu en penses. Tu pourrais lui apprendre toi. »

Lorsque la différence d’âge est importante, il arrive que l’aîné(e) se sente un peu mis à l’écart et crée des disputes pour manifester sa frustration. Dans ce cas, intervenir avec empathie est toujours un succès: « hmmm, je me demande si tu n’as pas un peu l’impression qu’on s’occupe trop de tes nouveaux petits frères et soeurs….je suis désolée que tu te sentes triste pour cela, car c’est pas du tout notre intention. Qu’est-ce qu’on pourrait faire pour que ce soit plus facile pour toi? « 

Puis instaurer des moments “privilégiés” pour l’aîné (e) et l’engager, dans certaines activités communes, à se comporter en grand frère, grande soeur responsable.

5. Leur apprendre des techniques de résolution de problèmes ou la séquence de communication non violente: ce que tu fais, ce que je ressens, ce dont j’ai besoin, ce que je souhaite que tu fasses.

Exemple:

  • « Quand tu entres dans ma chambre sans frapper, ça me fait sursauter, et ça m’énerve; j’ai besoin d’être tranquille pour faire mes devoirs: je souhaite que tu frappes avant d’entrer; je souhaite que tu entres que si je dis oui. » 
  • « Quand tu dis des mots moqueurs ça me rend triste et en colère; j’ai besoin qu’on m’encourage et je souhaite que tu ne dises plus ces mots. »
  • « Quand tu joues aux jeux vidéos sans me laisser mon tour ça me met en colère; j’ai aussi envie de jouer et je souhaite que tu ne dises plus que je suis un bébé ». 

Pour les ados: demander aux enfants de se calmer séparément s’ils ne peuvent pas parler sans hurler dans la maison. Puis les encourager à reparler, au calme de la situation, à l’extérieur de leur chambre, avec le parent en médiateur. S’ils se sentent de se parler sans les parents, il est bien ne pas s’imposer. Cependant il est important de ne pas les laisser rester sur une dispute non résolue; elle resurgira tôt ou tard; l’accumulation de conflits non résolus finit en principe par une rupture ou par une rancune sans fin.

“ok je vois que vous êtes calmés. Etes-vous prêts à re discuter de vos différents? Qui veut commencer. Laisser les enfants s’exprimer librement; le parent est là que pour s’assurer que chacun écoute sans être interrompu. Lorsque vous voulez donner votre avis avertissez: “ je peux ajouter quelque chose là ? “ puis toujours commencer par quelque chose de positif et/ou empathique: “je trouve très intéressant ta proposition ou je comprends tout à fait la peine que cela te fait, ce que je vous suggère, ou ce que je pourrais ajouter à cela c’est…” 

L’adolescent est toujours prêt à écouter lorsqu’il a le sentiment qu’il a été écouté aussi et entendu sans jugement.

Puis même chose que pour les plus petits: re connexion: accolade, poignée de main etc…

Le temps pris par un parent pour encourager et guider les enfants à trouver leurs propres solutions dans leur relation à autrui est un cadeau pour le reste de leur vie.

La résolution de problème est la compétence no 1 pour traverser la vie relationnelle de façon confiante.  Beaucoup d’adolescents sont en rupture scolaire ou professionnelle car ils n’ont pas développé cette compétence. Ne sachant pas faire face aux “problèmes nouveaux” posés par les exigences de la vie professionnelle, pour faire face aux problèmes plus complexes de la vie adulte, ces adolescent fuient par peur et par honte de se sentir incompétents.

Conclusions: la gestion des conflits entre frères et soeurs, qu’ils soient simples chamailleries ou grandes disputes, est en fait plus une question d’apprentissage, que de gestion, ou d’évitement. Cependant il est possible et important de les anticiper: vaut mieux prévenir que guérir dit le dicton.

Les disputes de frères et soeurs est une chose quasi inévitable; tout tenter pour les empêcher, ou les “avorter” en « sur réagissant » ou de façon trop prompte,  n’est pas très constructif et risque de créer d’autres problèmes; il est bien plus intéressant de guider les enfants à les traverser sans dommage, c’est à dire en leur évitant de se blesser “méchamment” que ce soit physiquement ou émotionnellement. Les disputes deviennent alors un “terrain d’apprentissage” pour la régulations des frustrations et  la gestion des différents. Le plus tôt ils apprennent, le mieux ils sauront éviter de se disputer pour tout et surtout pour des petits riens!

Les frères et soeurs ne sont pas toujours complices et parfois leurs différences de personnalités sont difficilement compatibles

Dans ce cas ils ont besoin de l’aide des parents pour apprendre à 1. connaître leurs propres traits de personnalité, et 2. composer avec les traits de personnalités de l’autre. Ces apprentissages sont valables pour le restant de la vie et c’est en cela qu’ils méritent toute l’attention et l’implication bienveillante des parents.

Les parents peuvent, et se doivent de prévenir les disputes violentes ou trop fréquentes par un apprentissage progressif de la gestion des relations interpersonnelles.

Naturellement, le mieux nous adaptons notre façon de gérer nos propres relations, le mieux les enfants peuvent apprendre en modélisant notre façon d’être.

Nous verrons dans un autre article, car cela mérite d’être traité aussi en détail, comment intervenir lorsque de disputes qui ont dégénéré.

A lire

Frères et Soeurs sans rivalité

A. Faber & E Mazlish  Frères et Soeurs sans rivalité

L’EQUILIBRE FAMILIAL EST LA PORTEE DE TOUS

MHM

Manque de respect, injures, menaces: mon enfant ne m’aime pas ! 

Khadja, maman de 3 enfants se présente à une séance de coaching. En pleurs elle m’explique l’attitude de sa fille aînée, 10 ans.

 

« J’essaye d’être gentille et compréhensive mais rien n’y fait. Ma fille me manque tellement de respect. Elle me répond sur un ton et avec de mots que je n’oserais même pas utiliser, elle m’appelle par mon prénom pour me faire ses demandes, elle argumente et se moque de moi lorsque je lui fais remarquer qu’elle n’a pas respecté mes demandes. J’essaye de pratiquer une éducation bienveillante, en reconnaissant ses émotions mais rien ne semble la toucher. J’ai l’impression que ma fille ne m’aime pas ». 

 

Qu’est-ce qui rend cette situation si douloureuse pour cette maman ? (suite…)

Tabs, Smartphones, Jeux vidéos, comment gérer, comment limiter

Tabs, Smartphones, Jeux vidéos, comment gérer, comment limiter

Sous beaucoup de sapins, le Père Noël a déposé un écran ou 2 ou 3…

Si la surprise (ou pas) a certainement été largement appréciée, il se pourrait que pour plusieurs d’entre vous, les questions et les tensions soient apparues durant les jours suivants.

L’école a repris, le trimestre d’hivers est long, les enfants vont moins jouer dehors et vous vous demandez peut-être comment réduire le temps que votre enfant passe avec son écran.

Si la question n’est pas tout à fait encore un problème pour les plus jeunes, elles se posent sérieusement pour les 10-13 ans et devient carrément un problème digne des grandes négociations internationales avec les adolescents.

excèsecrans

Pour la génération qui a grandi sans technologie, et je posais cette question au repas du Réveillon:

« Je me demande quel objet nous tenait tellement à coeur qu’on aurait hurlé comme si on nous arrachait un bras et la tête en même temps, lorsqu’on nous le confisquait ». Alors que les adultes ont ri et apprécié de replonger dans les souvenirs, les adolescents présents, ont alors levé les yeux de leur écran, (ce qui me prouve que la question était hautement appropriée et intéressante!)  pour nous lancer un… »mais c’est quoi votre problème avec la technologie! Si vous trouvez cela si inquiétant, pourquoi vous y êtes autant accros que cela! « 

Et voilà la question et sa réponse dans la même phrase.

L’ambivalence est bien présente et c’est bien cela qui rend cette question le plus souvent épineuse. (suite…)

5 choses que j’ai apprises en disant OUI à ma fille pendant 24H

5 choses que j’ai apprises en disant OUI à ma fille pendant 24H

Alors que je m’apprêtais à poster l’article suivant sur le thème du non, cette fois du point de vue du parent, voilà que je tombe sur un article sur « dire Oui« . Je n’ai pas hésité! Par ce beau dimanche, dire OUI est bien plus réjouissant que parler du NON.

L’article est un témoignage touchant et magnifique, d’une Maman qui a accédé à la demande de sa petite fille de 6 ans. Ce qu’elle retire de cette expérience sublime toute théorie! Alors bonne lecture et bon dimanche! (suite…)

Recevez nos articles inédits directement dans votre boîte email
Protéger vos données est notre priorité