Select Page
Punitions? Conséquences? Que faut-il croire?

Punitions? Conséquences? Que faut-il croire?

Un bon comportement n’est pas “magique”! Si certains enfants sont plus “faciles” que d’autres, savoir adapter son comportement est une compétence ou plutôt l’ensemble de 3 compétences. Dr James Lehmann, Spécialiste des questions de l’Enfance et Adolescence avec trouble de l’opposition

(suite…)

Enfants manipulateurs ou mode de communication?

Enfants manipulateurs ou mode de communication?

 Beaucoup de parents se sentent dépassés et très frustrés par la façon manipulatrice dont leur enfant tente de les faire plier à leur volonté.

Alors comment sortir de cet inconfort relationnel avec ses enfants?

Maman manipulée? C’est souvent difficile de rester calme face à un enfant qui essaye de vous pousser dans vos limites et très douloureux de sentir que votre propre enfant cherche à tirer avantage de vous. (suite…)

Comment remotiver un enfant qui  ne veut plus rien faire

Comment remotiver un enfant qui ne veut plus rien faire

Motivation et démotivation. Même comportement exprimant des choses différentes.

Votre enfant semble démotivé pour tout: se lever le matin, se préparer, aller à l’école, mettre la table, ranger ses affaires, faire ses devoirs, aller au foot, aller chez les grands parents qu’il adore, même aller chercher son voisin.  Les 2 seules choses pour lesquelles il semble motivé: jouer aux jeux vidéos et vérifier l’état du frigo.

ado

 

 

Vos sollicitations, que vous soyez mielleux, ou que vous essayez la méthode “voix de G.I”  rien n’y fait! Votre enfant semble s’être transformé en un morceau de tissu de la même couleur que le canapé; de plus il parle mal, quand il parle! la plupart du temps ses phrases ressemblent à un grognement que même le chien n’arrive pas à comprendre. Exaspéré vous hésitez entre l’ignorer totalement et finalement l’emmener chez l’empailleur car au moins ça donnerait un sens à son immobilisme.

Ce que vous ne savez pas, c’est que votre enfant a une GRANDE motivation dans ces moments là: celle de résister. C’est sa façon à lui, à elle, de prendre le contrôle. non sur vous-mêmes, mais sur son monde, sur sa réalité.

Il désire commencer de faire les choses à SA manière et non selon le protocole imposé (routines journalières, devoirs imposés, obligations familiales etc). Ne sachant pas comment s’y prendre, comment communiquer ses frustrations, sa gêne peut-être ou encore son impuissance, ses sentiments d’échec, il choisit de s’immobiliser et de résister.

Un enfant qui ne fait pas ses devoirs peut être vu de différentes manières: peut-être est-il simplement paresseux. Pas envie un jour ou deux pas de souci, pas envie tous les jours pendant plusieurs semaines, on ne peut pas laisser passer.

La paresse est un trait d’un type de personnalité. L’enfant paresseux pour ses devoirs et pas pour jouer une partie de jeu vidéo par exemple, a une façon de concevoir le travail à fournir comme une montagne infranchissable ou interminable. C’est-à-dire qu’il se focalise sur la quantité de choses à faire au lieu de se focaliser sur la tâche accomplie et la satisfaction que cela procure. C’est ce qu’on appelle la motivation de l’envahissement.  Les adultes procrastinateurs réfléchissent de cette manière. Cela ne se réduit donc pas à un simple manque de bonne volonté résolu par un “ mets-toi un bon coup de pied … et ça ira mieux ou ce sera fait!”.

Il se trouve que l’enfant qui ne fait systématiquement pas ses devoirs par peur de la masse de travail, peut apprendre à concevoir la tâche différemment, en plusieurs petites étapes par exemple et/ou en s’imaginant comment il se sentira quand c’est fini.

L’enfant qui ne fait plus ses devoirs et rien n’autre non plus, mérite qu’on lui prête attention et que l’on cherche à comprendre qu’est-ce qui le motive à pareil comportement.

La motivation à la résistance est une forme d’expression du sentiment d’impuissance. Lorsque les gens se sentent impuissants ils tentent de retrouver de leur puissance en résistant ou en s’opposant. Nous pouvons le vérifier dans les mouvements sociaux ou les rebellions syndicales. La grève est un exemple classique d’une façon de faire face à un sentiment d’impuissance, en groupe, de façon massive. L’acte de résistance donne un sentiment de pouvoir, de puissance et déclenche une montée de motivation égale au sentiment d’impuissance ressenti.

Un adolescent qui se sent impuissant, impuissant face à un système qui ne lui correspond pas, qu’il ne comprend pas, impuissant face à un système qui le domine, impuissant car il a le sentiment que le monde n’a que des attentes vis-à-vis de lui et que lui ne peut rien en demander, ne trouve souvent pas d’autres issues que la résistance. 

Immobilisé, in-mobilisable, il fait à son tour ressentir à son environnement, ses parents, ses professeurs, un sentiment d’impuissance.

Il retire de la réaction de son environnement, un sentiment de pouvoir; détrompons-nous: son sentiment est bien plus un sentiment d’avoir du pouvoir sur lui, dans le sens avoir le pouvoir de ne pas faire ce qu’on attend de lui, que d’avoir du pouvoir sur les autres.

Plus nous réagissons agressivement, plus nous montrons un comportement d’impuissance, plus nous le comfortons, à tort ! qu’il a raison de penser qu’il a du pouvoir constructif en se comportant ainsi.  

Il est alors de notre devoir d’éducateurs-parents-coachs, de lui montrer qu’il peut acquérir le pouvoir dont il a besoin et souhaite pour se construire et se positionner à son tour dans le monde des adultes, et de lui montrer qu’avec de bonnes stratégies, il trouvera sa place, celle qu’il désire, celle dans laquelle il se sentira à l’aise, entier, respecté et respectable.

Alors comment faire ?

  • Evitez de  nourrir ce sentiment d’impuissance en vous énervant ou en lui criant dessus. Car c’est votre propre impuissance que vous lui transmettez ET un faux sentiment de puissance que vous lui accordez.
  • Reprenez votre souffle, débarrassez-vous de la colère que vous ressentez face à votre impuissance.
  • Evitez les ordres : lève-toi, sors de la salle de bains, va te préparer. fais tes devoirs. Préférez la forme en  “je” : « j’aimerais que tu sortes de ton lit et que tu prépares pour aller à l’école ». « Maintenant j’aimerais que tu te lèves du canapé et que tu ailles faire tes devoirs ». » J’aimerais que tu cesses de râler et que tu laisses ton frère faire ses devoirs ».
  • Sortez de la pièce, de la chambre après votre demande. Vous lui laissez ainsi de l’espace et le choix d’obtempérer ou non. Rappelez-vous que votre enfant souhaite faire ses choix.
  • Rappeler les règles de la maison, les conséquences liées aux choix qu’il fait, le sens des choses: « si tu es trop malade pour aller à l’école tu ne devrais pas te sentir assez bien pour jouer aux jeux vidéos ».  « Si tu te sens trop fatigué pour faire tes devoirs tu ne devrais pas avoir la force de regarder la télévision ». « Je te rappelle que le temps des devoirs ici c’est de 16h30 -18h30 et que le temps de jeux vidéos est proportionnel au temps que t’as passé à faire tes devoirs. Pas de devoir pas de jeu ». Appliquez ce que vous dîtes, sans vous énerver.
  • N’en rajoutez pas. Laissez-le seul avec ses décisions. Cette distance lui permet de s’approprier les décisions. Vous me direz: ce n’est pas un choix. Et je vous répondrai oui s’en est un, même s’il est dirigé. L’enfant doit apprendre à faire des choix responsables. Ce n’est pas la même chose de choisir d’opter pour des stratégies de succès (j’étudie-je réussis vs je m’oppose-je me mets en difficulté) que de choisir son cadeau de Noël dans un grand magasin où j’ai l’embarras du choix.

Il est important qu’à partir d’un certain âge, dès qu’il comprend, au fur à mesure que ses besoins d’être humain s’enrichissent (besoin d’autonomie, besoin d’identification, besoin de différenciation) l’enfant fasse l’expérience de ses choix. Laissez-le donc expérimenter les conséquences, TOUTES les conséquences de ses choix, agréables comme moins agréables, . Laissez-le expérimenter l’échec à un test, une remontrance de l’enseignant. Laissez-le expérimenter votre fierté et votre joie du succès lié à son choix. 

Gardez à l’esprit que votre enfant a besoin d’apprendre donc qu’il a besoin que vous lui indiquiez non pas LE chemin mais LES chemins possibles vers la vie adulte.

  • Evitez A TOUT PRIX les menaces et jugements définitifs: « si tu ne bosses pas à l’école tu deviendras un vagabond, ou comme.. (quelqu’un de votre entourage qui est en difficultés financières), t’es même pas capable, t’arriveras à rien dans la vie, t’es qu’un feignant, si tu crois que c’est comme ça que tu vas réussir quelque chose dans la vie » (signifiant la même chose que: tu n’arriveras à rien), tu n’es pas digne d’être un (nom de famille), nous on a bossé pour réussir! 

Ces phrases blessent les enfants et les adolescents d’une façon qu’on imagine pas. Elles sont dites sous le coup de la colère, sous le sentiment d’impuissance parentale, mais elles sont prises dans leur sens premier par les enfants qui les encaissent comme des cailloux au fond de leur coeur. Lorsqu’elles sont répétées, elles deviennent des étiquettes auxquelles l’enfant finit par croire. Il adaptera alors son comportement pour y correspondre.

  • Prenez l’habitude de renforcer positivement l’effort, la réussite. Cependant laissez l’échec sans conséquence. 

L’échec montre seulement qu’on a pas choisi la bonne stratégie.

Optez pour des attitudes réconfortantes et renforçant la confiance en ses compétences

« En aucun cas tu es mauvais, incapable, stupide, pas à la hauteur etc. Le choix que tu as fait n’était simplement pas le plus adapté. Quel autre choix aurais-tu? « 

 

Encourager  le succès sans punir l’échec remotivera votre enfant au succès.

Par exemple: un moment spécial avec lui, elle, un supplément de temps de jeu, une sortie libre, quelque chose qui réjouit tout particulièrement votre enfant quand les efforts d’amélioration sont notoires.

Formulez comme un renforcement du sentiment de satisfaction plutôt que comme une récompense:

« wahou tes résultats sont supers cette semaine! T’en dis quoi? T’es super content ! Génial moi aussi. Que voudrais tu faire pour célébrer cela!

ATTENTION: les récompenses, comme les punitions amoindrissent la motivation; elles sont comme des relations « marchandes » du succès. Je réussis je suis « payé », je fais moins bien je ne reçois rien. Ce n’est pas ce que nous recherchons! Dans les moments difficiles comme dans les moments de réussite, il est important de renforcer les efforts fournis, et de noter la correlation possible entre efforts et résultats,

jusqu’à ce que la satisfaction de faire de son mieux redevienne la « récompense » naturelle. On parle de motivation intrinsèque.

Attention: ne pas formuler, « si tu me ramènes encore un D il n’y aura plus de sortie ».

Préférez: « souviens-toi, si ton carnet est bon cette semaine, samedi on va au bowling ».

Soyez clair dans vos propos et dans les limites fixées. afin d’éviter les : « oui mais tu avais dit etc… Pas de on verra, ça dépend ton carnet, ou alors au dernier moment: t’as fait un B oui mais toutes les autres notes sont très moyennes ». (De l’art de poser des limites)

comment remotiver un adolescent

Les pré-ado et adolescents qui utilisent la résistance pour manifester leurs sentiments d’impuissance sont souvent des enfants en manque de confiance en eux et en manque de compétences sociales et relationnelles.

Beaucoup de jeunes enfants dès le début de la scolarité se sentent pas en confiance ou pas à la hauteur face à leurs camarades plus “forts” qu’eux en classe. Ils choisissent alors la fuite ou la résistance pour ne pas faire face. « Si je n’ai pas fait mes devoirs, au moins c’est pas faux. Si je ne vais plus à l’école, on ne se moquera plus de moi ». Il est alors important de repérer ces craintes et d’apprendre à nos enfants à résoudre leurs problèmes, à affronter leurs craintes plutôt que les fuir. A parler aux gens plutôt que les éviter. D’où l’importance aussi d’avoir un bon “pont de communication” avec l’enseignant. (post précédent)

Faire face à la difficulté nécessite du courage. Accepter qu’on peut faire faux pour mieux apprendre nécessite de la confiance en soi. Faire face à son parent et à son professeur ou à son patron demande des compétences sociales, verbales.

Arrivé à l’âge de l’adolescence, ce sentiment d’incompétence prend parfois de telles proportions que le jeune décide de ne plus rien affronter.

Le langage défensif souvent utilisés par les adolescents ne fait que mettre en lumière leur manque de compétences de communication.

Il est alors important de leur signifier que vous êtes conscients de ses peurs et qu’elles sont vraies et légitimes. (empathie).

Ensuite il est important de le rassurer sur le fait que ses peurs sont surmontables et qu’il n’est pas tenu d’être parfait.

Rétablir ce dialogue rassurant, comme s’il, elle était redevenu petit(e) est le premier pas pour reprendre la confrontation avec l’extérieur: un patron, un enseignant, toute personne susceptible de lui apprendre ce qu’il ne sait pas encore pour atteindre ses rêves, ses désirs professionnels. 

Ils seront tout contents d’apprendre qu’il est possible d’établir un dialogue constructif avec un adulte, même lorsque, ce que cet adulte a à leur dire, ne fait pas forcément plaisir sur le moment.

Les enfants et les adolescents n’ont que les compétences relationnelles qu’ils ont appris.

Le plus tôt vous apprenez à vos enfants à faire face à leurs choix, aux problèmes, aux difficultés, le mieux ils sauront faire face à l’inconnu, à la nouveauté, aux nouvelles choses à apprendre pour devenir un adulte responsable et autonome.

Pour plus de pistes:

Aidez votre ado à avoir confiance en lui, Laurence Larabi, septembre 2015

Pour en apprendre plus:

Sentiments de pouvoir et d’impuissance, du point de vue de la thérapeutique primale, en considération de l’évolution du cerveau et du développement ontogénétique. Conférence par Esther Odermatt, thérapeute, St Gall, septembre 1999


N’hésitez pas à laisser vos commentaires.

MHM

De l'art de poser des limites

De l'art de poser des limites

Les 3 grands rôles des parents sont:

  1. Coach-éducateurs
  2. « Solutionneurs » de problèmes
  3. Poseur de limites.

Aujour’dhui nous allons traiter du 3ème rôle, nous reviendrons sur les 2 autres ultérieurement.

Fixer des limites

Des parents qui se sentent à l’aise de poser des limites , savent aussi se poser des limites claires à eux-mêmes. Ils sont au clair sur ce qu’ils sont et ne sont pas prêts à accepter, ainsi que sur leur façon de réagir en  présence des comportements inappropriés de leurs enfants.

L’art de poser des limites vient donc de l’intérieur et de la capacité du parent à se respecter lui-même, et non du comportement des enfants. 

(suite…)

Le syndrome du Papa Disneyland

Le syndrome du Papa Disneyland

Laurene a 3 enfants, 2 garçons et 1 fille de 12,10 et 7 ans. Maman divorcée depuis 2 ans.

Elle a la garde de ses enfants; elle travaille à 70%, jongle entre les horaires de ses enfants, ses horaires professionnels, les trajets entre la maison, l’accueil de jour pour ses enfants, le club de judo de son aîné, les entraînements de foot du second.

Elle s’efforce d’offrir un maximum de choses à ses enfants, de les éduquer dans un cadre organisé, avec des règles de vie, des heures de sommeil suffisant, quand elle peut elle fait les devoirs avec l’aîné; elle se culpabilise beaucoup de ne pas avoir de plus temps et souvent plus d’énergie pour sortir avec eux et leur offrir plus de fun.

Le weekend du Papa arrive! Youpiiie!!! les garçons sont super motivés, ils sont prêts en moins de temps qu’il faut pour le dire. Le Papa toujours à l’heure, pressé le plus souvent, échange quelques mots avec Laurene au sujet des enfants puis s’en va!

Laurene a son weekend  pour elle mais ne se détend pas. Que se passe-t-il?

papa super hero

Chez Papa c’est Disneyland!

On y fait tout ce qu’on veut et on s’y amuse comme des fous: dessins animés et jeux vidéos à volonté, pizzas, hamburgers, popcorns, chips, sodas, bonbons, bonbons, bonbons, pas de tâches, pas de vaisselle, dodo quand on en peut plus, et même pas le bain si on a pas envie!

Lorsque Papa ramène les enfants dimanche soir, l’échange est bref: tip top tout s’est bien passé! Tu m’étonnes! Les enfants bien que fatigués, sont tout excités, racontent bruyamment tout ce qu’ils ont fait avec Papa qui est trop coool! Même qu’on est allé au Parc aquatique avec son pote et les enfants de ce dernier.

Alors que Laurene essaye de demander le calme et de ranger les affaires, les enfants n’écoutent rien, exclu de faire les devoirs pas faits pendant chez Papa et grosse crise de commentaires désagréables lorsqu’il s’agit d’aller se coucher. Le lundi matin le réveil est difficile, les garçons ont remplacé leur exubérance par une mausse-attitude qui a le don d’exaspérer Laurene.

Un profond sentiment de lassitude et de solitude envahit Laurene qui a le sentiment de vivre que pour payer les factures à la fin du mois, assumer la vie des enfants: nourriture,santé, scolarité, sécurité, éducation et transmissions des valeurs.

Frustrée et dépitée, elle a de plus en plus de peine à éprouver du plaisir avec ses enfants, notamment les jours qui succèdent les weekends chez Papa, car elle a l’impression de tous les efforts qu’elle fait pour leur transmettre ses valeurs sont balayés en moins de 48 heures.

Alors qu’est-ce qui explique que ce Papa, qui auparavant, bien que très souvent absent pour son travail, s’impliquait dans l’éducation de ses enfants, semble être devenu le babysitter de ses enfants pour laisser un weekend sur deux de libre à son ex-épouse.

Les anglo-saxons appellent cela le syndrome Disneyland. 

Ce syndrome atteint des tas de Papas divorcés ou séparés partout dans le monde.

Première chose importante à noter ici: le divorce et la séparation d’avec les enfants est un réel tremblement de terre pour les Papas aussi. Certes ils sont moins enclins à s’exprimer sur leur désarroi; cependant il est important de s’arrêter un moment et de s’imaginer le vide que cela crée de devoir partir s’installer (ou rester) seul et de devoir rentrer sans plus entendre le brouhahas des enfants, de se lever sans eux le matin, de rentrer le vendredi soir et de se demander ce qu’on va faire tout le weekend.

D’aucunes diront qu’ils ne s’occupait pas plus que cela des enfants lorsqu’il était encore à la maison. Soit.

Il n’empêche que le choc du changement est rude, la confrontation à la nouvelle réalité guère plus simple pour les pères que pour le reste de la famille.  

Pour avoir discuté avec plusieurs d’entre eux, le fait de voir les enfants qu’à quinzaine, très rapidement les pères perdent le sens de leur présence et pensent qu’ils ne peuvent plus prendre de part active à leur éducation.  Ils ne savent plus ce qu’ils sont, ce qu’ils représentent vraiment pour leurs enfants qui changent si vite.

Peut-être ont-ils essuyé quelques revers de comportement, notamment avec les plus âgés, alors qu’ils tentaient de fixer des limites ou simplement de leur demander quelque chose.

Parfois ils sont désemparés devant la tristesse des plus petits qui supportent mal la séparation d’avec la maman.

Peu enclin à partager leurs préoccupations, ces Papas-là décident que le mieux est de passer du bon temps avec leurs enfants, loin de toutes contraintes, évitant ainsi toute confrontation ou échanges difficiles, se donnant par la même occasion, l’illusion de réparer les dommages du divorce.  

Et pour les Papas, passer du bon temps ressemble à Disneyland! On se lâche, comme s’ils confondaient leur besoin de lâcher la pression qu’ils vivent eux-mêmes avec le besoin de passer des bons moments avec Papa.  

Mais chaque médaille a son revers… alors…

Quels sont les effets pervers d’une telle attitude?

  • Les enfants risquent de se lasser avec le temps: même Disneyland quand on y va trop souvent on finit par s’y ennuyer.
  • Alors qu’ils pensent créer une bonne relation avec leurs enfants, en réalité ils construisent une relation superficielle basée sur le  plaisir matériel et l’absence de structure, l’absence de contraintes.
  • Les Papas risquent avec le temps de perdre leur crédibilité et dans le même temps, le respect de leurs enfants: Le jour où, pour une raison ou une autre, le Papa voudra exiger quelque chose de son aîné par exemple, ou se permettra de lui faire remarquer que la vie n’est pas seulement une partie de plaisir, sa crédibilité sera faible
  • Les enfants se bâtissent une image de leur père qui n’est pas ce qu’il est en réalité. En effet, s’ils voient leur Maman travailler toute la semaine et exiger un minimum d’aide, de cadre et de discipline, ils perçoivent leur père comme un super copain avec qui on s’amuse bien mais chez qui on n’apprend rien de la vie . De plus ils vont très vite s’imaginer que Papa est super riche alors que Maman dit toujours non parce que tout est très cher. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que pour Papa aussi c’est cher… et que lui aussi travaille comme un forcené toute la semaine.
  • Les Papas Disneyland risquent de perdre leur place de père modèle au profit d’un beau-père plus conséquent.

La chose la plus redoutée des pères est l’arrivée d’une nouvelle image paternelle au domicile de leurs enfants. Si d’aventure le “nouveau” de Madame est super investi dans l’éducation des enfants, alors c’est là que les choses risquent de sérieusement se compliquer.

Les enfants risquent dans un premier temps d’adorer ce nouveau Papa qui s’occupent d’eux, les aident à faire les devoirs, va les chercher à l’entraînement, et bricole au garage avec eux le weekend. Mais voilà que, solidaire de Maman, il commence à poser des limites… alors là non! « Tu n’est pas mon père et d’ailleurs même mon père ne me pose pas de limite »

L’enfant va cependant se sentir dans un difficile conflit affectif intérieur entre un père qui se comporte comme un copain, mais qui est son père et un homme qui se comporte comme un père mais qui ne l’est pas.

Pareille configuration n’est pas bonne pour l’identification de l’enfant au père dans la mesure où l’enfant sera partagé entre le choix d’un modèle qui le structure( le beau-père) et la loyauté affective à son père qui lui interdit ce choix.

C’est à l’adolescence que sortira cette phrase si douloureuse: “ouais mon père il est cool! Bon …c’est plus un bon pote que vraiment un père! Mais il est cool!”  

On pourrait allonger la liste des inconvénients d’un tel choix.

Car même “labelisé” sous le terme Syndrome du Papa Disneyland,  il s’agit bien d’un choix! D’un choix de positionnement personnel en tant que père: et il ne s’agit que de cela. 

L’important est de considérer ici les avantages pour TOUS, à rester un père même dans la distance, même dans la douleur de la séparation, même si c’est difficile.

  • L’enfant continue d’évoluer et de se construire dans deux espaces éducatifs différents mais qui font partie de ses racines, de son background.
  • L’enfant peut profiter de connaître son père de manière exclusive et donc peut-être plus en profondeur.
  • L’enfant réalise que, comme avant, même si Papa et Maman sont différents, ils possèdent tous les deux des valeurs qui sont importantes. Certaines d’entre elles sont le mêmes.
  • La cohérence dans l’éducation des enfants même dans la séparation crée un continum dans l’esprit des enfants qui pourront, malgré la nouvelle situation, dire : mes parents, comme entité parentale et non seulement: chez mon père, chez ma mère, ou mon père. ma mère de façon systématiquement différenciée.

Les héros ne sont jamais des personnages qui ont tout donné sans effort! Les héros sont des personnages qui ont donné de leur personne pour conduire et guider les autres vers leurs buts, leurs destinées, leurs rêves. Voulez-vous être les héros de vos enfants? Donnez de votre personne en marchant, luttant avec eux, à leur côté, pour qu’ils deviennent le meilleur d’eux mêmes.

Souvenons-nous qu’on garde en mémoire les fois où l’on nous a dit NON et du chemin qu’on a fait pour recevoir un oui! ET de la fierté et de la satisfaction que nous avons ressenti d’avoir répondu aux attentes de notre père.

Tout ce qui vient automatiquement, même sans qu’on le demande, perd avec le temps de sa saveur. On parle alors d’enfants gâtés et ce sont eux qu’on juge.

Chers Papas, si vous vivez votre rôle de mari comme un échec, que vous êtes blessés dans votre coeur d’homme, tout cela est légitime et bien compréhensible. 

Etre père est un rôle différent qui peut s’assumer et se vivre en dehors de tout autre rôle. A vous de choisir de ne pas le laisser tomber. 

Envie de changer cela:

Téléchargez les 10 trucs pour éviter le syndrome Disneyland(google drive) 

Téléchargement le document sur iCloud

Papa d’hier, Papa d’aujourd’hui qu’est-ce qui a changé?

Papa d’hier, Papa d’aujourd’hui qu’est-ce qui a changé?

Au rythme de l’évolution de la femme dans la société et de sa place dans le monde du travail, la place et le rôle du père ont changé au cours de ces dernières décennies.

Jusqu’à la fin du XXème siècle en Occident, le rôle du père est principalement d’incarner la loi. Garant du cadre familial, il est dévolu à enseigner à l’ensemble de sa famille les règles de vie interne(famille) et externe (société); ainsi la maman peut utiliser la “menace de la sanction paternelle” face l’enfant récalcitrant, même en l’absence du père. Le père représente donc l’autorité.

ado

Ce schéma traditionnel laisse ainsi la place soignante, affective et attentive à la maman. 

Au fur et à mesure que la maman s’absente du foyer familial essentiellement pour aller travailler, mais également pour entretenir sa vie sociale (formation, sport, activités diverses) les rôles s’équilibrent pour aller vers un partage des tâches et des responsabilités; on parle aujourd’hui de co-parentalité.

Cette forme de co-parentalité se renforce avec l’augmentation des familles séparées et/ou recomposées.

Qu’est ce que cette évolution à modifié dans la place des pères? 

  • Les Papas se voient plus investis dès la toute petite enfance dans la prise en charge de bébé.
  • Les Papas s’accordent le droit d’exprimer leur tendresse et leur affection à leurs petits notamment en ayant plus de moments clefs avec eux: préparer et donner le repas, donner le bain, habiller, raconter des histoires, faire les rituels de coucher, aller faire les courses sans Maman, aller jouer dehors, partager le jeu des enfants (pas seulement les jeux vidéos! ).
  • Les Papas sont présents dans l’ensemble du développement de l’enfant, tout au long de sa vie.
  • Les Papas apportent une alternative à la relation fusionnelle maman-enfant
  • Le Papa cependant reste image d’autorité et normative.

Cette évolution est réellement bénéfique pour tous, les enfants, le couple et l’équilibre familial.

Cependant l’adaptation aux nouveaux modèles familiaux demande du temps; de fait il reste beaucoup de manque de confiance sur “L’Art parternel de s’occuper des enfants”.

Il est incontestable que les papas ont une autre façon de faire qui laisse souvent les mamans au mieux perplexes, au pire inquiètes.

Alors comment faire pour d’une part favoriser et d’autre part faire confiance en les compétences éducatives et affectives des papas.

  • Reconnaître le bien-être des enfants lorsqu’ils passent du temps avec leur Papa
  • Reconnaître leur Art basé plus sur la débrouillardise et la spontanéité que sur la technique gestuelle et l’anticipation.
  • Reconnaître le plus qu’ils apportent notamment en matière de prise de risque, d’exploration, et d’esprit d’aventure au détriment d’une conduite sécuritaire de tous les instants. Sans s’en rendre compte, cela apporte aux enfants des capacités d’adaptation et d’autonomie que, la surveillance bienveillante mais parfois trop prévoyante de la Maman, freine un peu.
  • Laisser certaines tâches et certains moments du quotidien, préférentiellement au Papa Exple:  donner les soins du soir ou du matin (repas, habillement, préparation pour l’école ou l’accueil, devoirs, bains, mise au lit), organiser le samedi matin, faire les courses du weekend,  (laissant Maman un peu tranquille en matinée), ritualiser certaines plages de jeu dans la semaine etc.
  • Reconnaître que si les modèles maternels sont vieux comme le monde, les nouveaux modèles paternels viennent d’éclorent et donc ont besoin de temps pour se parfaire et devenir plus naturels et donc mieux exercés aussi.
  • Lâcher prise et profiter de ce partage des tâches éducatives pour se ressourcer, plutôt que de se faire du souci et donc de superviser.
  • Reconnaître que les Papas sont tout autant capables d’éduquer, de donner de l’attention et de l’affection que les Mamans.
  • Reconnaître que les Papas sont tout aussi responsables du bien-être physique, émotionnel et de l’apport affectif nécessaire au bon développement de leurs enfants, que les Mamans.

Dans leurs différences physiques, éducationnelles, émotionnelles, mentales, liées au fait qu’ils sont issus de familles différentes, d’histoires de vie différentes, de background différents, les parents sont des ressources différenciées très bénéfiques pour le développement de l’enfant. 

De fait aucune de ces ressources doit être privilégiée au détriment d’une autre. 

C’est bien en matière de diversité de valeurs, de points de vue, de façons de faire et de savoir-être que la co-parentalité est un réel plus pour la génération actuelle; cependant l’équilibre dans le couple face à ces différences demande beaucoup de communication, de partage et de tolérance. L’idéal serait d’en parler avant l’arrivée des enfants afin d’être un peu préparé à réagir et à se positionner au moment de la réalité de l’éducation. Il est bien moins simple qu’il n’y paraît de se situer dans de nouvelle configurations. Ainsi les pères se sentent bien souvent perdus entre ce “nouveau” droit à être des Papas soignants et le rôle d’autorité et normatif qu’ils continuent d’endosser. De leur côté, les Mamans présentent parfois des comportements ambivalents voire contradictoires dans leurs attentes face au père de leurs enfants: « Qu’il participe à l’éducation oui! de cette façon non! Qu’il soit gentil et tendre oui! mais qu’il reste ferme et sévère aussi!

L’égalité dans les rôles parentaux est finalement loin d’être acquise et peut-être même pas entièrement acceptée et souhaitée, tant les croyances et les valeurs en la matière sont ancrées profondément dans l’inconscient collectif. Mêmes  certains psychologues s’en mêlent, décriant ces façons d’être « père-soignant-sensible-attentif-pas assez directif » qui priveraient peu à peu les enfants d’une image d’autorité normative; selon ces propos cette absence serait une des causes de la perte de repères chez les adolescents d’aujourd’hui.

De mon point de vue, penser comme cela ne mène nul part. S’il est primordial pour les enfants qu’ils soient aimés, encouragés, guidés ET qu’ils apprennent les règles de vie qui leur permettent de vivre de manière autonome et adaptée, il est bien moins important de savoir de qui ils ont reçu quoi. Les parents sont avant tout des êtres humains dotés de points forts et de vulnérabilité avec une même vocation: celle d’aimer de faire le mieux pour leurs enfants.  

L’art d’éduquer ses enfants ensemble est entre autre la capacité d’utiliser toutes les compétences parentales présentes, indépendamment du sexe, de la culture, du milieu social ou encore du niveau économique. Ainsi, si un papa est plus doué pour les soins et une maman plus encline à faire respecter le cadre, l’important c’est que l’un et l’autre mettent ses compétences au service de l’éducation des enfants plutôt que de chercher à être dans le rôle (socialement) attendu. Ou pire de se reprocher mutuellement de ne pas correspondre à l’attitude attendue. 

De prochains articles traiteront des situations problématiques, tout en essayant de proposer des solutions.

Pour en lire plus sur le sujet: 

Article Planet Verbaudet: Nouveaux pères comment trouver ses repères.

Article dans Slate:  Les nouveaux pères ne sont pas des gens fabuleux

Article dans Psychologie: Les nouveaux pères sont-ils trp mères?