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Faut-il laisser sortir nos jeunes ados?!

Faut-il laisser sortir nos jeunes ados?!

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Les weekends prolongés de mai et juin sont des occasions idéales pour les jeunes adolescents (12-15 ans) pour organiser ou participer à leur première sortie « tardive ».

Pour les parents qui sont confrontés pour la 1ère fois à cette demande, c’est souvent un grand dilemme.

Entre l’envie de faire plaisir à son « bébé » devenu « grand », l’angoisse d’envoyer le dit « bébé » dans la gueule d’un loup (appelé  tour à tour: alcool, marijuana, drague, sexe ou encore …? vous avez certainement plein d’autres noms! ), l’envie de ne PAS passer pour un parent ringard, la prise de tête pour trouver LA raison indiscutable de dire NON, certains parents passent un très mauvais moment face à cette demande qui n’a en soit rien d’exceptionnel. 

Alors comment faire pour 

  1. prendre une décision qui vous convienne
  2. la transmettre
  3. la faire respecter
  4. passer une bonne soirée, quelque soit la décision

Je vous propose de

  1. Discuter avec votre conjoint, si possible quelques années avant … de l’âge qui vous paraît raisonnable pour sortir avec ses amis, le soir, sans surveillance parentale ( ce qui ne veut pas dire sans surveillance adulte, obligatoire jusqu’à 16 ans). Confronter vos points de vue, vos raisons et trouvez un consensus. Si vous l’avez pas fait et que votre rejeton attend sa réponse alors que vous êtes en train de lire cet article … ou que vous n’avez pas de conjoint, passez au point 2.
  2. Accueillez la demande de votre jeune pré-ado avec intérêt: demandez lui d’expliquer clairement. Où, avec qui, à quelle heure, dans quel cadre, son implication dans l’organisation de cette fête. Etc. C’est pas tant pour faire l’inspecteur mais plus pour vous donner le temps d’observer votre fille, votre fils. Est-il, est-elle à l’aise, essaye-t-il d’en rajouter pour vous convaincre etc..
  3. Si votre réponse est claire d’entrée, énoncer la avec assurance. Ne la rediscutez pas. 
  4. Le mieux est de demander un temps de réflexion. Premièrement parce que 8/10 fois on en a besoin et deuxièmement parce que c’est bon pour l’ado en devenir d’apprendre que les réponses à des requêtes spéciales ont un délai de réponse un peu plus long que : maintenant immédiatement tout de suite.  (pensez bien qu’ils prennent aussi le temps de trouver la façon idéale de vous faire leur requête)
  5. Préparez clairement dans votre esprit le cadre que vous désirez fixer; c’est-à-dire le moyen d’y aller ou de revenir, la personne avec qui vous souhaitez qu’il, elle s’y rende, les limites d’habillement (attention particulière aux jeunes filles), le comportement attendu face à l’alcool, la fumée  (interdits jusque’à 16 ans) et autres produits illicites. Et bien sûr l’heure de rentrée. Pour la 1ère sortie je déconseille la négociation. Fixez l’heure vous-mêmes et imposez la.*  Plus vous êtes au clair avec vous-mêmes, et convaincus de votre positionnement, plus vous serez clair et serein en l’annonçant.
  6. Commencez par dire que c’est oui, et que ça vous fait plaisir qu’il puisse aller à sa première sortie. Partagez sa joie! Evitez le MAIS qui, en principe, suit le ok.  Le mais introduit un sentiment négatif; vous passez de trop cool à restrictif sans transition. Préférez lui dire que vous aussi. vous avez quelques attentes… : exemple: je te rappelle que l’alcool et la cigarette sont interdits jusqu’à 16 ans. Je sais que tu respectes ces règles et je suis déjà fier de penser que tu vas les respecter dans ce cadre là aussi. Pression positive. Cela ne veut pas dire qu’il, elle n’essayera pas si l’occasion se présente, mais il, elle pensera à vous et à vos paroles en le faisant, au lieu de penser à comment le cacher le moment venu.
  7. Fixez et avertissez-les des conséquences auxquelles ils s’exposent si d’aventure ils devaient ne pas respecter le cadre.

Une fois que tout est dit:

  • ne revenez pas sur vos dires.
  • Evitez également toute pression inutile du genre… « je me demande si j’ai bien fait de te dire oui », ou encore s’il,elle, vous énerve entre temps « bonjour la reconnaissance… moi je t’autorise à sortir et c’est comme cela que tu me remercies? »
  • Evitez tout chantage genre: « si tu continues, tu pourras dire dommage à ta sortie de ce weekend. » Il est préférable de traiter chaque situation de suite et séparément. Le jeune ne fait pas de lien entre ses comportements du moment et les évènements futurs. Il ne comprendra donc pas pourquoi vous revenez sur votre décision si ce n’est pas pour des raisons graves. Ou c’est que vous avez dit oui alors que le comportement de votre enfant était déjà tel, qu’ une sortie de ce genre n’était ni appropriée, ni cohérente.

Le soir venu: évitez de lui tourner autour jusqu’à ce qu’il, elle soit dehors..etc. Vous avez décidé qu’il,elle était assez grand pour sortir alors considérez le, la comme tel(le): autonome!

  • Evitez de l’appeler sur son portable ou de lui écrire des sms toutes les demi-heures. Vous prenez le risque de le pousser à boucler son téléphone ce qui n’arrangera rien à votre stress…
  • Faites quelque chose pour vous durant les 2-3 heures où votre bébé est dehors…
  • Pensez positivement! Une catastrophe a 100% plus de chance d’arriver quand on y pense intensivement.
  • Pour les plus jeunes allez les chercher à l’heure prévue.

P.S : les sorties des moins de 16 ans font l’objet d’une réglementation du Code civil suisse.

* http://www.genevefamille.ch/N117330/nos-ados-et-la-loi.html

Lire également: Les teens party posté sur la page FB

N’hésitez pas à laisser vos commentaires ou à poser vos questions. J’y répondrai avec plaisir.

MHM

Mon enfant argumente pour tout

Mon enfant argumente pour tout

Mon enfant argumente pour tout! Que faire?

Je n’ai malheureusement pas trouvé de vidéo en français aussi parlante que celle-ci.

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Ce n’est pas très important de comprendre ce que dit ce petit garçon mais bien plutôt de comprendre comment il mène la conversation, comment la conversation évolue entre lui et sa maman, et comment sa maman cadre ce dialogue qui en fait ressemble plus à un jeu de rôle, un monologue commenté, qu’à une véritable conversation.

Dès que l’enfant possède suffisamment de vocabulaire pour être compris des adultes, il expérimente la conversation. Entre 24 mois en 3 ans les acquisitions de langage permettent à l’enfant de construire des phrases, d’adapter son niveau de vocabulaire selon son interlocuteur (il utilisera des mots plus simples avec les plus jeunes que lui), de varier les mots utilisés ou encore de développer des explications lorsqu’il ne se sent pas compris.

Certains enfants, se mettent alors à argumenter pour tout et rien. Parfois au détriment de nos oreilles, de notre saturation en matière de blabla incessants et de notre patience. D’où le risque de répondre de manière inappropriée à notre enfant qui ne fait rien d’autre que apprendre à discuter.

Alors comment comprendre ce comportement: Caprice? Caractère affirmé? ou jeu relationnel?

Voyons ce qui se passe dans cette vidéo.

Le contexte: la Maman a dit non pour un Cupcake mais apparement le petit est allé le demander à sa Grandmère. La Maman pas très contente de cette démarche, le lui fait savoir et réaffirme le fait qu’elle a dit non.L’argumentation commence alors. Pas tant pour avoir un Cupcake mais bien plutôt pour expérimenter l’argumentation.

L’enfant ici est le plus souvent dans l’imitation: “Listen, listen to me. Ecoute, écoute moi”. C’est bien ce que dit sa mère ici présentement et certainement des dizaines de fois par jour.

Chacun demande à l’autre de l’écouter: symétrie! La Maman n’écoute guère plus que le petit!

Puis il appelle sa mère par son prénom: Linda puis par un petit nom : Honey, autrement dit: chérie! ce qui est totalement inapproprié à sa position d’enfant mais qui montre bien qu’il est dans un jeu de rôle, dans de l’imitation: soit de sa mère à son égard( effet miroir) ou de discussions entendues entre son père et sa mère ou d’autres personnes dans la famille.

Dans son argumentation le petit parle de choses qui n’ont rien à voir avec ce que dit sa mère; puis il parle de sa mère qui met tout par terre (montre la vaisselle dans le buffet) ou la table qu’il fait semblant de renverser; cependant il n’est pas dans la menace. Il est hors sujet!

Si on observe bien, rien dans son attitude montre qu’il soit en colère. Le Cupcake n’est plus l’objectif de la discussion. Le fait qu’il ferme les yeux, sa manière de poser ses mains sur ses hanches, le fait qu’il coupe sa maman lorsqu’elle tente de lui répéter qu’elle n’apprécie pas qu’il aille quémander ailleurs ce qu’elle lui a refusé, tout dans son attitude montre bien qu’il a compris et que l’argumentation qui s’en suit est plus un jeu pour rester dans la communication que une tentative d’extorsion de Cupcake.

A plusieurs reprises il répète mot pour mot ce que sa Maman dit: “I am done arguing with you!” “Je ne veux plus me disputer avec toi!” ce que le petit répète comme un automate; il entre des phrases type dans sa mémoire!

A ce stade de l’échange qui a commencé avant la séquence filmée ici, même s’il n’a pas perdu de vue qu’il désire un Cupcake, ce petit bonhomme est entré dans une autre phase du dialogue, alors que sa Maman reste sur son objectif. Le petit expérimente quelque chose auquel il a certainement assisté: la discussion animée entre adultes (dans laquelle chacun coupe la parole à l’autre pour tenter de faire passer son point de vue en force!) alors que la Maman insiste pour faire passer son message, malheureusement sans vérifier que son petit bonhomme l’a reçu 5/5!

Ce qui est intéressant de comprendre ici:

  • les objectifs de l’enfant et de la maman sont totalement différents.
  • alors que l’enfant joue, la Maman éduque
  • le jeu de communication comme le message éducatif (qui en soit est très bien énoncé) perdent  ici leur sens, comme leur portée.

Que faire dans une situation comme celle là ou lorsque votre enfant argumente?

  • Rester bien au clair sur le message qui a été transmis et ne pas en changer. Si vous avez dit non, c’est non (même si sous le charme de votre petit interlocuteur vous vous dites que….)
  • Ecoutez ET OBSERVEZ votre enfant dans son argumentation. Que dit-il, que dit-elle, quel est son ton, son attitude, ses gestes. Vous comprendrez très vite s’il l’enfant entre dans une phase de frustration ou s’il tente de continuer le dialogue.
  • Si elle ou il entre dans une humeur colérique alors reconnaissez sa frustration ( je comprends que cela te mette (un peu) en colère); redites-lui que vous avez décidé que c’était non,  donnez une raison, expliquez la brièvement et simplement, puis signifiez lui que vous n’allez pas changer d’avis, même s’il est triste (vous reconnaissez encore une fois son sentiment et sa légitimité!).
  • si cela ne suffit pas, tentez de détourner son attention sur autre chose; pour lui, elle, c’est tout un fromage mais pas pour vous! Alors banalisez et amenez, aidez votre enfant à passer à autre chose.
  • s’il entre en dialogue pour expérimenter l’argumentation: reconnaissez son désir: (je comprends bien que t’aies envie de discuter) et orientez l’argumentation: dans le cas qui nous occupe, la Maman aurait pu dire: « je t’écoute, je t’écoute, raconte moi!  Puis lui demander: et toi? as-tu compris ce que je t’ai dit?  » Captez son attention sur le fait que l’important pour vous c’est qu’il ait compris le message; s’il répond oui, alors demandez lui de vous expliquer à son tour. L’enfant risque de continuer son monologue, même s’il a su expliquer votre message, car à cet âge la transition d’une discussion vers une autre est très compliquée.
  • A vous de mettre un terme à la discussion. “Ok, je vois qu’on s’est entendu, je suis contente! (approbation+ renforcement positif!). Viens on va faire autre chose.” Ou posez-lui à votre tour une question inattendue. Interpellez-la, en l’appelant à votre tour par son prénom, ou son petit nom habituel; il, elle sortira de son personnage, pour se recentrer sur sa propre personne.
  • Si cela ne suffit pas, alors mettez-vous à sa hauteur, prenez le par la main, demandez lui de vous écouter et dites-lui: « tu m’as entendu, j’ai dit pas de Cupcake avant le dîner, je sais que tu m’as comprise, alors là je te demande d’arrêter cette discussion et si tu es d’accord on va faire autre chose. ok? » Surpris il risque de ne pas répondre ou de tourner la tête. Dites lui que vous avez adoré discuter lui, qu’il cause très bien et que vous aimeriez faire ou parler d’autre chose maintenant.(reconnaissance + renforcement positif de ses progrès en matière de communication)
  • Demandez-lui de partager un câlin, serrez le fort puis passez à autre chose. (la discussion est close, je ne suis pas fâchée, je t’aime comme tu es)

Gardez toujours à l’esprit:

  • Il est normal qu’entre 3-5 ans les enfants argumentent. Ils ne font qu’utiliser leur vocabulaire pour se faire comprendre et essayer d’intégrer les règles et les codes de communication. Ces argumentations leur permettent aussi de se situer face à l’autre et de tester leur capacité à se faire comprendre. Pour s’approprier ces codes, ils imitent, il répètent ce qu’ils entendent et expérimentent. A nous de les guider dans cet apprentissage.
  • Ce genre d’échange est constructif pour l’enfant, tant que le parent le maîtrise: c’est à-dire tant que le parent ne cède pas, agacé par les arguments de son enfant, ou que le parent n’entre pas en symétrie en s’énervant parce que l’enfant ne cède pas.
  • l’enfant ne cherche pas à vous défier! l’enfant cherche soit à satisfaire son envie, soit à baisser sa frustration ou alors tout simplement à communiquer.
  • vous n’avez AUCUNE RAISON de changer d’avis si votre décision est censée et réfléchie.
  • le maître du dialogue c’est vous! c’est vous qui connaissez les moyens de poursuivre, d’arrêter, ou d’orienter une discussion. Votre enfant ne fait que apprendre.
  • l’imitateur c’est l’enfant! pas vous! S’il fait une montagne pour un rien nul besoin de le suivre sur sa montagne ou d’en construire une autre en face!
  • Mettez-vous à sa hauteur pour lui parler! Pourquoi? Imaginez-vous en train de demander ou de négocier une augmentation de salaire avec votre patron qui mesurerait 2m et qui de plus serait perché sur un tabouret!  C’est la vision que votre enfant de 3 ans a de vous lorsque vous êtes debout face à lui!
  • Quoiqu’il en soit restez calme !

Si votre enfant est le roi de l’argumentation c’est qu’il possède une nature communicative et qu’il aime cela! Le couper systématiquement risquerait de stopper cette énergie communicative; le laisser sans limite l’empêcherait d’apprendre à structurer et gérer ce besoin impératif de communiquer; le guider dans cette compétence lui garantit d’en faire un atout majeur dans son futur rapport aux autres.

Dans un autre article nous aborderons l’opposition systématique, et l’argumentation et la négociation lorsque les enfants sont plus âgés. Notamment à l’adolescence.

N’hésitez pas à laisser un commentaire ou à poser des questions.

MHM

Les petits enfants n'ont pas d'intention négative à l'égard des parents

Les petits enfants n'ont pas d'intention négative à l'égard des parents

Mais il, elle le fait exprès pour me faire enrager !! Il me déteste! Il me cherche!

Qui n’a pas pensé une telle chose de  sa petite créature qui aligne les bêtises du matin au soir.

 

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Mais voilà ! Tout ceci n’est autre que la conséquence directe du développement de la partie de son cerveau appelée cortex préfrontal.

Sans entrer dans un cours de neuro bio psychologie, juste dire ici que c’est la partie du cerveau qui permet la pensée logique, l’élaboration de stratégies ainsi que la prévision et la mesure des conséquences des actes. Cette aire est aussi le siège du contrôle des pulsions. (suite…)