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Le syndrome du Papa Disneyland

Le syndrome du Papa Disneyland

Laurene a 3 enfants, 2 garçons et 1 fille de 12,10 et 7 ans. Maman divorcée depuis 2 ans.

Elle a la garde de ses enfants; elle travaille à 70%, jongle entre les horaires de ses enfants, ses horaires professionnels, les trajets entre la maison, l’accueil de jour pour ses enfants, le club de judo de son aîné, les entraînements de foot du second.

Elle s’efforce d’offrir un maximum de choses à ses enfants, de les éduquer dans un cadre organisé, avec des règles de vie, des heures de sommeil suffisant, quand elle peut elle fait les devoirs avec l’aîné; elle se culpabilise beaucoup de ne pas avoir de plus temps et souvent plus d’énergie pour sortir avec eux et leur offrir plus de fun.

Le weekend du Papa arrive! Youpiiie!!! les garçons sont super motivés, ils sont prêts en moins de temps qu’il faut pour le dire. Le Papa toujours à l’heure, pressé le plus souvent, échange quelques mots avec Laurene au sujet des enfants puis s’en va!

Laurene a son weekend  pour elle mais ne se détend pas. Que se passe-t-il?

papa super hero

Chez Papa c’est Disneyland!

On y fait tout ce qu’on veut et on s’y amuse comme des fous: dessins animés et jeux vidéos à volonté, pizzas, hamburgers, popcorns, chips, sodas, bonbons, bonbons, bonbons, pas de tâches, pas de vaisselle, dodo quand on en peut plus, et même pas le bain si on a pas envie!

Lorsque Papa ramène les enfants dimanche soir, l’échange est bref: tip top tout s’est bien passé! Tu m’étonnes! Les enfants bien que fatigués, sont tout excités, racontent bruyamment tout ce qu’ils ont fait avec Papa qui est trop coool! Même qu’on est allé au Parc aquatique avec son pote et les enfants de ce dernier.

Alors que Laurene essaye de demander le calme et de ranger les affaires, les enfants n’écoutent rien, exclu de faire les devoirs pas faits pendant chez Papa et grosse crise de commentaires désagréables lorsqu’il s’agit d’aller se coucher. Le lundi matin le réveil est difficile, les garçons ont remplacé leur exubérance par une mausse-attitude qui a le don d’exaspérer Laurene.

Un profond sentiment de lassitude et de solitude envahit Laurene qui a le sentiment de vivre que pour payer les factures à la fin du mois, assumer la vie des enfants: nourriture,santé, scolarité, sécurité, éducation et transmissions des valeurs.

Frustrée et dépitée, elle a de plus en plus de peine à éprouver du plaisir avec ses enfants, notamment les jours qui succèdent les weekends chez Papa, car elle a l’impression de tous les efforts qu’elle fait pour leur transmettre ses valeurs sont balayés en moins de 48 heures.

Alors qu’est-ce qui explique que ce Papa, qui auparavant, bien que très souvent absent pour son travail, s’impliquait dans l’éducation de ses enfants, semble être devenu le babysitter de ses enfants pour laisser un weekend sur deux de libre à son ex-épouse.

Les anglo-saxons appellent cela le syndrome Disneyland. 

Ce syndrome atteint des tas de Papas divorcés ou séparés partout dans le monde.

Première chose importante à noter ici: le divorce et la séparation d’avec les enfants est un réel tremblement de terre pour les Papas aussi. Certes ils sont moins enclins à s’exprimer sur leur désarroi; cependant il est important de s’arrêter un moment et de s’imaginer le vide que cela crée de devoir partir s’installer (ou rester) seul et de devoir rentrer sans plus entendre le brouhahas des enfants, de se lever sans eux le matin, de rentrer le vendredi soir et de se demander ce qu’on va faire tout le weekend.

D’aucunes diront qu’ils ne s’occupait pas plus que cela des enfants lorsqu’il était encore à la maison. Soit.

Il n’empêche que le choc du changement est rude, la confrontation à la nouvelle réalité guère plus simple pour les pères que pour le reste de la famille.  

Pour avoir discuté avec plusieurs d’entre eux, le fait de voir les enfants qu’à quinzaine, très rapidement les pères perdent le sens de leur présence et pensent qu’ils ne peuvent plus prendre de part active à leur éducation.  Ils ne savent plus ce qu’ils sont, ce qu’ils représentent vraiment pour leurs enfants qui changent si vite.

Peut-être ont-ils essuyé quelques revers de comportement, notamment avec les plus âgés, alors qu’ils tentaient de fixer des limites ou simplement de leur demander quelque chose.

Parfois ils sont désemparés devant la tristesse des plus petits qui supportent mal la séparation d’avec la maman.

Peu enclin à partager leurs préoccupations, ces Papas-là décident que le mieux est de passer du bon temps avec leurs enfants, loin de toutes contraintes, évitant ainsi toute confrontation ou échanges difficiles, se donnant par la même occasion, l’illusion de réparer les dommages du divorce.  

Et pour les Papas, passer du bon temps ressemble à Disneyland! On se lâche, comme s’ils confondaient leur besoin de lâcher la pression qu’ils vivent eux-mêmes avec le besoin de passer des bons moments avec Papa.  

Mais chaque médaille a son revers… alors…

Quels sont les effets pervers d’une telle attitude?

  • Les enfants risquent de se lasser avec le temps: même Disneyland quand on y va trop souvent on finit par s’y ennuyer.
  • Alors qu’ils pensent créer une bonne relation avec leurs enfants, en réalité ils construisent une relation superficielle basée sur le  plaisir matériel et l’absence de structure, l’absence de contraintes.
  • Les Papas risquent avec le temps de perdre leur crédibilité et dans le même temps, le respect de leurs enfants: Le jour où, pour une raison ou une autre, le Papa voudra exiger quelque chose de son aîné par exemple, ou se permettra de lui faire remarquer que la vie n’est pas seulement une partie de plaisir, sa crédibilité sera faible
  • Les enfants se bâtissent une image de leur père qui n’est pas ce qu’il est en réalité. En effet, s’ils voient leur Maman travailler toute la semaine et exiger un minimum d’aide, de cadre et de discipline, ils perçoivent leur père comme un super copain avec qui on s’amuse bien mais chez qui on n’apprend rien de la vie . De plus ils vont très vite s’imaginer que Papa est super riche alors que Maman dit toujours non parce que tout est très cher. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que pour Papa aussi c’est cher… et que lui aussi travaille comme un forcené toute la semaine.
  • Les Papas Disneyland risquent de perdre leur place de père modèle au profit d’un beau-père plus conséquent.

La chose la plus redoutée des pères est l’arrivée d’une nouvelle image paternelle au domicile de leurs enfants. Si d’aventure le “nouveau” de Madame est super investi dans l’éducation des enfants, alors c’est là que les choses risquent de sérieusement se compliquer.

Les enfants risquent dans un premier temps d’adorer ce nouveau Papa qui s’occupent d’eux, les aident à faire les devoirs, va les chercher à l’entraînement, et bricole au garage avec eux le weekend. Mais voilà que, solidaire de Maman, il commence à poser des limites… alors là non! « Tu n’est pas mon père et d’ailleurs même mon père ne me pose pas de limite »

L’enfant va cependant se sentir dans un difficile conflit affectif intérieur entre un père qui se comporte comme un copain, mais qui est son père et un homme qui se comporte comme un père mais qui ne l’est pas.

Pareille configuration n’est pas bonne pour l’identification de l’enfant au père dans la mesure où l’enfant sera partagé entre le choix d’un modèle qui le structure( le beau-père) et la loyauté affective à son père qui lui interdit ce choix.

C’est à l’adolescence que sortira cette phrase si douloureuse: “ouais mon père il est cool! Bon …c’est plus un bon pote que vraiment un père! Mais il est cool!”  

On pourrait allonger la liste des inconvénients d’un tel choix.

Car même “labelisé” sous le terme Syndrome du Papa Disneyland,  il s’agit bien d’un choix! D’un choix de positionnement personnel en tant que père: et il ne s’agit que de cela. 

L’important est de considérer ici les avantages pour TOUS, à rester un père même dans la distance, même dans la douleur de la séparation, même si c’est difficile.

  • L’enfant continue d’évoluer et de se construire dans deux espaces éducatifs différents mais qui font partie de ses racines, de son background.
  • L’enfant peut profiter de connaître son père de manière exclusive et donc peut-être plus en profondeur.
  • L’enfant réalise que, comme avant, même si Papa et Maman sont différents, ils possèdent tous les deux des valeurs qui sont importantes. Certaines d’entre elles sont le mêmes.
  • La cohérence dans l’éducation des enfants même dans la séparation crée un continum dans l’esprit des enfants qui pourront, malgré la nouvelle situation, dire : mes parents, comme entité parentale et non seulement: chez mon père, chez ma mère, ou mon père. ma mère de façon systématiquement différenciée.

Les héros ne sont jamais des personnages qui ont tout donné sans effort! Les héros sont des personnages qui ont donné de leur personne pour conduire et guider les autres vers leurs buts, leurs destinées, leurs rêves. Voulez-vous être les héros de vos enfants? Donnez de votre personne en marchant, luttant avec eux, à leur côté, pour qu’ils deviennent le meilleur d’eux mêmes.

Souvenons-nous qu’on garde en mémoire les fois où l’on nous a dit NON et du chemin qu’on a fait pour recevoir un oui! ET de la fierté et de la satisfaction que nous avons ressenti d’avoir répondu aux attentes de notre père.

Tout ce qui vient automatiquement, même sans qu’on le demande, perd avec le temps de sa saveur. On parle alors d’enfants gâtés et ce sont eux qu’on juge.

Chers Papas, si vous vivez votre rôle de mari comme un échec, que vous êtes blessés dans votre coeur d’homme, tout cela est légitime et bien compréhensible. 

Etre père est un rôle différent qui peut s’assumer et se vivre en dehors de tout autre rôle. A vous de choisir de ne pas le laisser tomber. 

Envie de changer cela:

Téléchargez les 10 trucs pour éviter le syndrome Disneyland(google drive) 

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Papa d’hier, Papa d’aujourd’hui qu’est-ce qui a changé?

Papa d’hier, Papa d’aujourd’hui qu’est-ce qui a changé?

Au rythme de l’évolution de la femme dans la société et de sa place dans le monde du travail, la place et le rôle du père ont changé au cours de ces dernières décennies.

Jusqu’à la fin du XXème siècle en Occident, le rôle du père est principalement d’incarner la loi. Garant du cadre familial, il est dévolu à enseigner à l’ensemble de sa famille les règles de vie interne(famille) et externe (société); ainsi la maman peut utiliser la “menace de la sanction paternelle” face l’enfant récalcitrant, même en l’absence du père. Le père représente donc l’autorité.

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Ce schéma traditionnel laisse ainsi la place soignante, affective et attentive à la maman. 

Au fur et à mesure que la maman s’absente du foyer familial essentiellement pour aller travailler, mais également pour entretenir sa vie sociale (formation, sport, activités diverses) les rôles s’équilibrent pour aller vers un partage des tâches et des responsabilités; on parle aujourd’hui de co-parentalité.

Cette forme de co-parentalité se renforce avec l’augmentation des familles séparées et/ou recomposées.

Qu’est ce que cette évolution à modifié dans la place des pères? 

  • Les Papas se voient plus investis dès la toute petite enfance dans la prise en charge de bébé.
  • Les Papas s’accordent le droit d’exprimer leur tendresse et leur affection à leurs petits notamment en ayant plus de moments clefs avec eux: préparer et donner le repas, donner le bain, habiller, raconter des histoires, faire les rituels de coucher, aller faire les courses sans Maman, aller jouer dehors, partager le jeu des enfants (pas seulement les jeux vidéos! ).
  • Les Papas sont présents dans l’ensemble du développement de l’enfant, tout au long de sa vie.
  • Les Papas apportent une alternative à la relation fusionnelle maman-enfant
  • Le Papa cependant reste image d’autorité et normative.

Cette évolution est réellement bénéfique pour tous, les enfants, le couple et l’équilibre familial.

Cependant l’adaptation aux nouveaux modèles familiaux demande du temps; de fait il reste beaucoup de manque de confiance sur “L’Art parternel de s’occuper des enfants”.

Il est incontestable que les papas ont une autre façon de faire qui laisse souvent les mamans au mieux perplexes, au pire inquiètes.

Alors comment faire pour d’une part favoriser et d’autre part faire confiance en les compétences éducatives et affectives des papas.

  • Reconnaître le bien-être des enfants lorsqu’ils passent du temps avec leur Papa
  • Reconnaître leur Art basé plus sur la débrouillardise et la spontanéité que sur la technique gestuelle et l’anticipation.
  • Reconnaître le plus qu’ils apportent notamment en matière de prise de risque, d’exploration, et d’esprit d’aventure au détriment d’une conduite sécuritaire de tous les instants. Sans s’en rendre compte, cela apporte aux enfants des capacités d’adaptation et d’autonomie que, la surveillance bienveillante mais parfois trop prévoyante de la Maman, freine un peu.
  • Laisser certaines tâches et certains moments du quotidien, préférentiellement au Papa Exple:  donner les soins du soir ou du matin (repas, habillement, préparation pour l’école ou l’accueil, devoirs, bains, mise au lit), organiser le samedi matin, faire les courses du weekend,  (laissant Maman un peu tranquille en matinée), ritualiser certaines plages de jeu dans la semaine etc.
  • Reconnaître que si les modèles maternels sont vieux comme le monde, les nouveaux modèles paternels viennent d’éclorent et donc ont besoin de temps pour se parfaire et devenir plus naturels et donc mieux exercés aussi.
  • Lâcher prise et profiter de ce partage des tâches éducatives pour se ressourcer, plutôt que de se faire du souci et donc de superviser.
  • Reconnaître que les Papas sont tout autant capables d’éduquer, de donner de l’attention et de l’affection que les Mamans.
  • Reconnaître que les Papas sont tout aussi responsables du bien-être physique, émotionnel et de l’apport affectif nécessaire au bon développement de leurs enfants, que les Mamans.

Dans leurs différences physiques, éducationnelles, émotionnelles, mentales, liées au fait qu’ils sont issus de familles différentes, d’histoires de vie différentes, de background différents, les parents sont des ressources différenciées très bénéfiques pour le développement de l’enfant. 

De fait aucune de ces ressources doit être privilégiée au détriment d’une autre. 

C’est bien en matière de diversité de valeurs, de points de vue, de façons de faire et de savoir-être que la co-parentalité est un réel plus pour la génération actuelle; cependant l’équilibre dans le couple face à ces différences demande beaucoup de communication, de partage et de tolérance. L’idéal serait d’en parler avant l’arrivée des enfants afin d’être un peu préparé à réagir et à se positionner au moment de la réalité de l’éducation. Il est bien moins simple qu’il n’y paraît de se situer dans de nouvelle configurations. Ainsi les pères se sentent bien souvent perdus entre ce “nouveau” droit à être des Papas soignants et le rôle d’autorité et normatif qu’ils continuent d’endosser. De leur côté, les Mamans présentent parfois des comportements ambivalents voire contradictoires dans leurs attentes face au père de leurs enfants: « Qu’il participe à l’éducation oui! de cette façon non! Qu’il soit gentil et tendre oui! mais qu’il reste ferme et sévère aussi!

L’égalité dans les rôles parentaux est finalement loin d’être acquise et peut-être même pas entièrement acceptée et souhaitée, tant les croyances et les valeurs en la matière sont ancrées profondément dans l’inconscient collectif. Mêmes  certains psychologues s’en mêlent, décriant ces façons d’être « père-soignant-sensible-attentif-pas assez directif » qui priveraient peu à peu les enfants d’une image d’autorité normative; selon ces propos cette absence serait une des causes de la perte de repères chez les adolescents d’aujourd’hui.

De mon point de vue, penser comme cela ne mène nul part. S’il est primordial pour les enfants qu’ils soient aimés, encouragés, guidés ET qu’ils apprennent les règles de vie qui leur permettent de vivre de manière autonome et adaptée, il est bien moins important de savoir de qui ils ont reçu quoi. Les parents sont avant tout des êtres humains dotés de points forts et de vulnérabilité avec une même vocation: celle d’aimer de faire le mieux pour leurs enfants.  

L’art d’éduquer ses enfants ensemble est entre autre la capacité d’utiliser toutes les compétences parentales présentes, indépendamment du sexe, de la culture, du milieu social ou encore du niveau économique. Ainsi, si un papa est plus doué pour les soins et une maman plus encline à faire respecter le cadre, l’important c’est que l’un et l’autre mettent ses compétences au service de l’éducation des enfants plutôt que de chercher à être dans le rôle (socialement) attendu. Ou pire de se reprocher mutuellement de ne pas correspondre à l’attitude attendue. 

De prochains articles traiteront des situations problématiques, tout en essayant de proposer des solutions.

Pour en lire plus sur le sujet: 

Article Planet Verbaudet: Nouveaux pères comment trouver ses repères.

Article dans Slate:  Les nouveaux pères ne sont pas des gens fabuleux

Article dans Psychologie: Les nouveaux pères sont-ils trp mères?

Petits mensonges et Cie

Petits mensonges et Cie

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Après avoir lutté avec lui  dans ses comportements parfois usants, voilà que votre adorable petit bonhomme qui a grandi, va à l’école et discute comme un grand avec vous pour votre plus grand plaisir, se met à vous mentir avec un aplomb qui vous déconcerte.

Si les premières distorsions de la réalité apparaissent vers l’âge de 4 ans, le mensonge sur des faits réels et vérifiables arrivent pour beaucoup de parents avec l’âge de la scolarité.

Votre enfant passe une partie de sa journée sans votre compagnie, avec d’autres personnes avec qui il doit “dealer” : la maîtresse, les camarades de classe, les animateurs de l’accueil de jour, les copains du quartier… Bref votre enfant est confronté à des tas de situations différentes tout au long de la journée.

Tant que tout va bien, aucune raison pour vous de soupçonner que votre tête blonde est capable de faire des choses qu’il tente de vous cacher ou de vous livrer sous un autre éclairage que la vérité.

Le profond sentiment de blessure et d’impuissance ressenti par le parent qui découvre pour la première fois que son enfant a menti est souvent vécu comme un tournant dans le relation. Certains parents le vivent très mal et comme une atteinte à leur personne, comme un ébranlement de tout ce en quoi il a cru jusque là.  La remise en question et la culpabilisation prennent le relai du sentiment de tristesse: qu’est-ce que j’ai fait de faux, (sous-entendu, j’étais tellement sûr de cultiver la confiance mutuelle), qu’est-ce j’ai loupé, (sous-entendu ; qu’est-ce que je n’ai pas vu chez mon enfant pour qu’il choisisse de me cacher des choses).

Tous ces sentiments sont normaux et légitimes. Cependant l’important est de ne pas en rester là et de voir comment gérer cette nouvelle réalité.

Laissons donc ces sentiments négatifs et douloureux pour essayer de comprendre ce qui se passe réellement.

Tout d’abord: que se passe-t-il dans le développement de l’enfant entre 7-11 ans ?

C’est une période qu’on appelle aussi l’âge de latence ou l’âge de raison. Petit à petit l’enfant sort de son égocentrisme pour s’intéresser aux autres et aux choses qui l’entourent. Il a une activité physique et mentale intense. Il aime faire des grands discours comme s’il s’écoutait être capable de parler comme les adultes. Son imagination déborde et est alimentée par ce qu’il apprend à l’école, par le contact avec les amis du quartier mais aussi les jeux, les jeux vidéos, les livres, les revues, la télévision etc. En mesure de faire des liens dans leurs connaissances, de développer des logiques, les enfants sont capables de s’inventer des histoires à mi-chemin entre la réalité et des mondes imaginaires incroyables.

Vers 7-8 ans l’enfant acquiert également de nouvelles facultés sociales: il s’intègre à un groupe, il s’en approprie les règles et les partage; c’est l’âge où il expérimente la solidarité, où il dénonce la triche, le mensonge. Puis vers 9 ans il commence de se soucier de ce les autres pensent de lui, comprend les enjeux d’être leader ou au contraire d’être l’exclu. Il va s’atteler à être du “bon côté » du groupe.

Vers 10 ans il commence à se détacher de ses parents; c’est-à-dire qu’il ne ressent plus le besoin de savoir où ils sont ou ce qu’ils font. Les enfants sont alors capables de passer des journées ensemble notamment en vacances sans jamais s’inquiéter de l’absence ou de la présence de leurs parents. C’est l’âge où il développe une véritable vie sociale en dehors de sa famille : il commence à partager de choses avec d’autres qu’il ne partage pas avec ses parents, des petits secrets entre amis, des histoires qu’il choisit de garder pour lui; il peut aussi s’attacher à un coach sportif par exemple et laisser son parent en dehors de cette relation. Le coach devient alors la référence au grand damne du parent qui se sent dépossédé de son rôle de conseiller.

Dans cette période l’enfant suit de manière plus consciente les discussions des adultes et perçoit aussi que parfois, ces derniers ont recours à une certaine distorsion de la vérité …

C’est dans ce contexte d’activité mentale et sociale intense que l’ enfant va formuler ses premiers mensonges.

Le mensonge est une stratégie de communication que tout le monde utilise. C’est que le mensonge a différents rôles que le petit humain découvre très tôt.

  • Eviter les conséquences de ses actes (punitions)
  • Affirmer sa personnalité
  • Protéger ceux qu’on aime

Une étude menée au Canada démontre que 60% des filles et des garçons de 6-8 ans mentent occasionnellement et 20% fréquemment.

La psychologue clinicienne, psychothérapeute Dana Castro, auteure de “ Petits silences, petits mensonges”* préconise de laisser ce droit à l’enfant: “c’est le considérer comme une personne à part entière, singulière et vraie qui va interagir avec ses parents”

Chez les plus jeunes (4-5 ans) il s’agit plus d’affabulations, de faire preuve de créativité pour décrire la réalité selon leur imagination que de vrais mensonges (tordre volontairement et consciemment les faits).

Ainsi des petits sont capables de raconter que leurs parents font des choses inouïes et impensables (mon Papa il porte sa voiture comme ça, au-dessus de la tête, ou désignant son père: c’est pas mon Papa) ou alors ils  racontent des exploits dont ils sont les héros. Le problème c’est que parfois cela peut porter à confusion et mener à des situations désagréables si on  prend ces récits au pied de la lettre, sans vérifier ce qui paraît bizarre.
Toutes ces affabulations servent à l’enfant à construire sa relation aux autres, à tester l’impact qu’ils peuvent avoir sur les adultes, et sur leurs paires; la découverte de ce pouvoir est la découverte d’un espace de liberté dont ils vont user à tort (et à travers) si le parent n’est pas là pour la canaliser sans la briser.

Entre 5-10 ans le mensonge, en tant que acte conscient, consistant à transformer l’information, est un moyen pour l’enfant de gérer une situation inconfortable, de tenter de se soustraire aux conséquences de ses actes, ou d’éviter de faire face à ses émotions du moment.  L’enfant utilise également le petit mensonge rapide pour éviter de parler plus longuement ou de garder quelque chose pour lui. 

Alors comment réagir face au mensonge?

  • Commencer par se rappeler que l’enfant ne cherche pas à vous blesser ou à vous déstabiliser: cela vous fait mal certes, et c’est votre enfant qui est en position de déstabilisation: il doit rendre des comptes de quelque chose dont il n’est pas fier.
  • Envisager cette échange comme un moment d’apprentissage pour votre enfant plutôt qu’une confrontation avec vous. Observez ses gestes, son ton de voix, son regard et mesurez son désarroi, sa gêne, sa lutte pour garder la face. Nul besoin de vous emporter il, elle est déjà assez mal comme cela. 

Si vous savez pertinemment qu’il, qu’elle vous ment, faites lui part de votre surprise et dites lui ce que vous savez et comment vous l’avez su, mais continuez de laisser le dialogue ouvert: « ah bon? T’es sûr de ce que tu me racontes là? »  L’enfant va entrer dans une phase de justification qui est le meilleur indice du mensonge.  Alors continuez:  » ah bon parce que j’ai discuté avec ta maîtresse pendant que tu discutais avec ta copine et elle m’a dit que …. » S’il persiste dans son mensonge:

  • Reconnaissez son sentiment de crainte, de malaise ou de fierté: « je comprends que tu sois inquiet des conséquences que tu risque d’avoir » ou « je comprends que tu ne sois pas très à l’aise là … ou encore  » je comprends que c’est pas facile d’admettre que tu as fait un truc pas terrible »
  • Confirmez que vous savez que sa version n’est pas la vérité et que vous lui laissez un moment pour réfléchir à comment il pourrait rétablir la vérité pour se sentir moins mal.
  • Créez un climat de confiance: vous n’êtes pas fâché, ni déçu, (c’est à lui-même qu’il fait du tort) mais vous n’acceptez pas: ni le mensonge, ni ce qu’il a fait; vous êtes à l’aise avec l’idée que le mensonge doit avoir une conséquence.

Exemple: « je ne suis pas fâché contre toi que tu ne puisses pas dire la vérité, tu comprends cependant que je ne peux pas accepter et que comme tu te l’imagines il y aura une conséquence. Alors quand tu es prêt on en discute et on règle cette histoire. En attendant on retourne à nos activités, toi tu fais tes devoirs, moi je prépare le dîner. »

S’il, elle se fâche ou tente de recommencer à se justifier, dites lui calmement que vous n’entrez plus dans aucune discussion si ce n’est pas pour dire la vérité. Et vaquez à vos occupations.

Lorsque votre enfant est décidé à vous raconter ce qu’il c’est réellement passé, écoutez-le puis questionnez le sur ses sentiments, sur les sentiments qu’il l’ont poussé à d’abord raconter un mensonge ainsi que sur ce qu’il elle ressent maintenant qu’il, elle a dit la vérité. Cela l’aidera à comprendre sa stratégie et à ressentir dans quel état ça le met.

  • Reconnaissez ses efforts et la fierté que vous ressentez. 
  • Rappelez- lui qu’il y a quand même des conséquences et faites lui en part. (de manière proportionnée).
  • Lorsqu’il a fait ce que vous attendiez de lui, d’elle, remerciez-le, remerciez-la, et terminez l’histoire. “ merci pour tes efforts, ça me fait plaisir de voir que tu as compris. On en reste là pour cette histoire? OK Give me 5 ou s’il est encore petit “serre moi fort (un câlin)” je t’aime si fort tu sais…

Si vous soupçonnez que votre enfant ment mais n’avez rien présentement pour vous le confirmer :

Exemple: La maman de la petite K, 6 ans me raconte que K revient de l’école avec son T-shirt déchiré et une griffure dans le cou. Rien de bien grave mais manifestement sa fille s’est battue. Avant que sa mère puisse poser la moindre question K s’engage dans un récit enflammé visant à rendre responsable son copain de classe. Cette attitude défensive laisse entrevoir le mensonge.

Questionnez le, la sans virer à l’interrogatoire de police! Exemple: “attends là, je ne comprends pas bien ce que tu me racontes. Reprenez ce qu’il vous dit : “ tu étais dans la cour tranquillement en train de jouer avec tes copines  et L est arrivé. Et là que c’est-il  passé? Hmm Il t’a sauté dessus comme cela sans raison… tu lui as même pas parlé et il t’a sauté dessus?… » alors la description va commencer à changer. 

Amenez votre enfant à reconnaître sa part de responsabilité dans l’évènement. Questionnez-le sur ce qu’il pense de son geste s’il a finalement tapé en premier ou même s’il a seulement rendu: “ et faire ça? tu trouves ça bien toi? “ Attention au ton sur lequel vous posez la question? C’est une question que vous posez! Ce n’est pas une accusation sur la forme interrogative!!

Il prend ainsi conscience qu’il sait que ce n’est pas approprié.

S’il refuse de vous raconter alors faites ce que votre enfant attend de vous: que vous preniez le temps de suivre l’affaire et chercher les informations qui vous manquent. C’est une façon pour l’enfant de s’assurer que vous êtes concernés par ce qu’il lui arrive en dehors de la maison, une façon d’accaparer votre temps pour sa propre situation.

« Je vois que tu ne veux pas me raconter cependant moi j’ai besoin de savoir ce qu’il t’es réellement arrivé et la part de ta responsabilité. Je parlerai avec ton Papa de ce qui est le mieux de faire,  j’irai trouver ta maîtresse, la maman de ton copain etc.” En attendant va faire tes devoirs etc…. “

  • Pour la suite c’est la même chose.

La gestion des mensonges est importante pour

  • apprendre à construire la relation à l’autre. Interdire le mensonge n’a pas de sens car il est quasi impossible de ne jamais mentir. Il est préférable de prôner l’honnêteté, la transparence  et la confiance mutuelle comme valeurs familiales.
  • apprendre à gérer ses sentiments de honte et apprendre à prendre ses responsabilités. Tout le monde a droit à l’erreur pour apprendre à faire mieux. Bien éduqué dans sa gestion émotionnelle, sagement guidé à gérer les informations qu’il divulgue et les conséquences qui en découlent, l’enfant deviendra un adolescent conscient de sa responsabilité et gèrera beaucoup mieux cet espace de liberté d’expression: « je ne fais pas tout ce que je veux, mais je choisis tout ce que je fais, sachant que chaque acte a sa conséquence: positive ou négative. »
  • Consolider la confiance entre vous et vos enfants.

A éviter de faire face au mensonge: 

  • Se fâcher systématiquement ou culpabiliser l’enfant sur le fait qu’il a menti ne lui apprend pas à gérer ce “défaut de communication”; cela l’enfonce dans un monde qui n’a pas de sens: “le mensonge comme la vérité amènent à la colère de mes parents”. Il ne peut pas prendre confiance en lui, ni en votre parole. Il développera des stratégies d’évitement.
  • Ignorer le mensonge a le même effet que y sur-réagir. Il enferme l’enfant dans une logique de communication qui ne construit ni sa confiance en lui, ni sa confiance en les autres: « je mens car ça me permet de tout faire, mes parents se rendent compte de rien et de toutes les façons ils ne cherchent même pas à savoir « (sous-entendu: ils ne m’accordent pas d’attention).
  • Faire du mensonge un “grosse affaire morale” n’est pas constructif non plus. Faire de longs discours autour du fait que votre enfant a menti, en insistant en plus sur le fait que c’est très blessant et que cela ne se fait pas, surtout pas dans votre famille et que et que et que… ne va que pousser l’enfant à mentir par omission. Il apprendra: « C’est mieux de ne rien dire que de prendre le risque de dire quelque chose que peut-être ils vont pas croire…..ça va faire de monstres histoires. »

L’importance des conséquences. 

Le mensonge est un acte qui implique une conséquence au même titre que les autres bêtises.

Cependant il vaut la peine de nuancer.

  • Quand les enfants sont encore petits. il est important de donner une conséquence à la bêtise, plus que au fait qu’il ait menti. Le mensonge étant un moyen de gérer la situation c’est plus important qu’il apprenne de la situation. Il est cependant important de lui répéter sans cesse qu’il vaut mieux dire la vérité car c’est comme cela qu’on construit la confiance.
  • Lorsqu’ils deviennent plus grands et qu’ils comprennent bien la visée de leur mensonge ou que leur mensonge aggrave la situation alors il est important que les conséquences soient relatives aux deux: au mensonge et au sujet du dit mensonge.

Quels sont les objectifs importants: 

  • Apprendre à l’enfant comment composer avec les situations inconfortables, les erreurs commises autrement que en mentant.
  • Apprendre que si le mensonge permet un petit délai avant de devoir faire face à son comportement, les conséquences de ses actes finissent toujours par arriver. Mentir de fait rallonge le problème sans jamais le résoudre.
  • Apprendre à l’enfant les conséquences qu’un mensonge peut avoir surtout quand il implique d’autres personnes.
  • Apprendre que le mensonge peut l’éloigner des autres et entacher la relation qu’il entretient avec vous ou/et ses paires. Car personne n’aime qu’on lui mente car il se sent trompé, parfois trahi. Si le mensonge devient son moyen de communiquer alors il risque de perdre ses amis ou tout du moins leur confiance et la vôtre aussi.
  • Apprendre que mentir c’est: raconter autre chose que ce qui s’est passé, en dire qu’une partie, ou ne pas en parler du tout (mensonge par omission).

Si on peut discuter un moment de savoir si l’omission est un mensonge ou pas, l’important est de noter que l’omission amène les mêmes complications que la déformation de l’information.

Ce qu’il est important de garder à l’esprit:

Ne jamais prendre le mensonge comme une offense à votre personne, ni un signe d’immoralité de votre enfant, ni d’un manque d’éducation de votre part, mais bien comme un choix de communication visant à gérer une situation inconfortable ou à éviter les conséquences d’une bêtise.

Mettre de côté vos sentiments de tristesse, de colère, de déception pour vous concentrer sur votre souci d’aider votre enfant à s’exprimer en confiance,  dire la vérité et d’en comprendre l’importance.

Etre clair avec vous-mêmes sur les conséquences que vous allez imposer.

Ne pas trahir la confiance que vous travaillez à  instaurer avec votre enfant en vous énervant une fois que vous avez appris la vérité. Il en déduira qu’il vaut mieux ne jamais avouer car après c’est encore pire.

Transmettre à votre enfant que quoique qu’il fasse de faux, d’incongru ou de vraiment inattendu, vous l’aimez par dessus-tout et que rien ne changera jamais ce sentiment.

Il n’y a pas de façon unique de réagir au mensonge. Cela dépend de chaque situation. Cet article donne un aperçu. N’hésitez pas à soumettre vos exemples de situation. Je répondrai à certaines d’entre elles comme exemple de cas.

N’hésitez pas à laisser vos commentaires, questions ou compléments

MHM

A lire pour en apprendre plus:

Dans Psychologie: quand les enfants nous racontent des histoires

 

Dana Castro, Petits silences, petites mensonges, Le jardin secret de l’enfant

Albin Michel, 2012

Petits silences, petits secrets

Enfants en opposition: stade normal de développement? Problème d’éducation ou trouble psychologique?

Enfants en opposition: stade normal de développement? Problème d’éducation ou trouble psychologique?

Cette semaine nous allons traiter le sujet délicat et si prenant pour les parents, de l’opposition chez l’enfant.

I.Phase du non

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Dès l’âge de 18 mois environ, l’enfant prend un certain pouvoir sur son environnement en général et sur son entourage en particulier: il marche et il parle. Deux compétences essentielles pour le début de l’autonomie et de l’affirmation de soi.

il commence à vouloir faire des choses par lui-même, il décide d’en faire sans demander d’aide; il s’impose dans ses désirs, peut se montrer intransigeant avec les autres enfants, faisant comme si tout était à lui; s’il a découvert vers 8-10 mois qu’il est un être différencié de sa maman et des autres membres de la famille, il en acquiert la conviction et commence à en comprendre les bénéfices.

C’est dans cette phase et jusqu’à presque 3 ans que l’enfant se met à dire non à tout! 

  • Il dit non à tout ce que vous lui demandez
  • Il répond par la négative à toutes les questions
  • Il refuse de s’assoir dans son siège auto
  • Il refuse de mettre ses chaussures
  • Il refuse de donner la main
  • Il refuse de mettre sa casquette alors que le soleil tape, de prendre le bain, de manger son assiette, d’aller au lit, de, de , de …… du matin au soir!!!

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La découverte de ce pouvoir qu’il peut avoir sur les adultes qui l’entourent, en particulier ses parents ou ses grands frères et soeurs peut vite devenir un enfer si on en comprend pas les tenants et aboutissants et donc qu’on ne sait pas comment y réagir.

  • Dire non lui permet de tester les réactions. Tester dans le sens expérimental, puis si les limites n’arrivent pas ou de manière irrégulière et incohérente, dans le sens “jusqu’où et pourquoi” Pourquoi parfois Maman se fâche et parfois pas; par essais répétitifs l’enfant essaye.
  • Dire non lui permet donc de comprendre les règles de conduite, les règles de communication avec ses parents.
  • Dire non permet à l’enfant de se situer dans le jeu relationnel des membres de sa famille et de se faire sa place.

Même si cette attitude répétitive devient très fatigante et irritante le mieux est de prendre cela avec recul, sachant que cela ne dure qu’un temps, pour autant bien sûr que les limites soient fixées. Oui mais comment ?

Extérieurement: 

  • Regardez toujours votre enfant pour ce qu’il est: un tout petit être humain en train d’apprendre.
  •  Acceptez qu’il a besoin de ces manifestations bruyantes pour passer au stade suivant, ça veut dire
  • Laissez le crier, s’énerver tout en sachant faire deux choses essentielles:
  • Confirmez et reconnaissez ses sentiments: je vois et je comprends que tu es en colère, cependant je ne changerai pas d’avis.
  • Ne vous laissez pas intimider par les regards désapprobateurs de gens lorsque vous êtes à l’extérieur. Ces regards ne sont pas vraiment des critiques; les gens se sentent mal à l’aise eux-mêmes par l’énergie dominatrice de l’enfant; ils cherchent juste à se débarrasser de ce sentiment désagréable et passent donc par vous! Dites-vous à ce moment: mon enfant apprend, l’important c’est ce que je lui enseigne pour son bien-être.
  • Dédramatisez et sachez parfois dire ok: non!

Intérieurement: 

  • Pensez avant de fixer une limite, au sens de votre limite puis n’en changez plus.
  • Départagez votre état émotionnel de celui de votre petit: sa colère n’est pas la vôtre. Il fait une montagne d’un rien: n’en bâtissez pas une autre en face de lui.
  • Restez calme, ce qu’il fait est normal; que vous vous mettiez à crier ne l’est pas. Quand l’agacement est trop fort
  • Prenez quelques minutes pour vous: demandez à votre conjoint de prendre le relais, allez à la salle de bains regardez-vous dans la glace et dites vous que ça va et rigolez avec vous-mêmes, regardez loin dehors et respirez profondément, entonnez votre chanson préférée, etc….

Avec votre enfant: 

  • Restez en contact avec votre enfant dans sa crise. Cela veut dire restez attentif à l’évolution, gardez une juste distance physique et émotionnelle avec lui, et lorsqu’il est calmé, 
  • Parlez avec lui, elle. 
  • Ne lui faites pas de reproche car il sort d’un moment éprouvant.
  • RECONNAISSEZ TOUJOURS son sentiment de colère, puis 
  • Expliquez lui les raisons de votre prise de décision avec douceur et bienveillance.
  • Différenciez votre état émotionnel du sien. Exemples: “ je ne suis pas en colère, je ne veux pas te mettre en colère; je dois juste te montrer ce que tu peux faire et ce que tu ne peux pas faire. Et là…… ça tu ne pouvais pas faire. Je ne peux pas accepter que tu me parles comme cela, que tu cries comme cela au magasin etc…
  • Exprimer des paroles visant à encourager, renforcer et apaiser. Je suis contente que tu te sentes mieux.   Je vois que tu comprends mieux et je suis très fier(e). Tu es un super petit garçon, une super petite fille. Je t’aime très fort. » etc

A éviter absolument: 

  • toute parole culpabilisante : « t’es  insupportable ! » (c’est vous qui ne supportez pas), « tu es méchant »: (il n’y aucun intention méchante dans le comportement du tout petit), tu m’énerves etc.
  • toute parole dévalorisante: à ton âge…ton frère ta soeur est plus gentil(le),  t’es qu’un bébé (eh ben oui c’est un bébé!)
  • les menaces: « tu vas voir quand papa va revenir » (met Papa dans une position de méchant potentiel et apprend à l’enfant à en avoir peur), « si tu n’arrêtes pas je t’en mets une… » etc. Même si vous ne le faites pas, votre ton et votre regard trahissent votre colère et effraye votre petit. Cela fragilise la relation au lieu de renforcer la confiance qu’il a en vous. 
  • les promesses de punition décalée dans le temps: « on ira pas à la piscine demain, tu n’auras pas de glace au dessert,  (de surcroit quand de toutes les manières vous ne les tenez pas)

Votre tout petit n’a aucun moyen de se projeter dans l’avenir. Ce qu’il vit, il le vit intensément et maintenant. Il ne fait aucun lien entre “être en colère maintenant” et “ne pas aller à la piscine demain.” C’est aussi saugrenu pour lui que si on vous disait “si vous ne vous calmez pas “(parce que vous êtes fâchés qu’on ouvre pas une caisse supplémentaire alors que la queue est longue comme pas possible,) quand vous aurez 40 ans (alors que vous avez 25) vous ne pourrez plus aller au cinéma. Cela n’a aucun sens ? Ridicule me direz-vous! Et bien ni plus ni moins que de menacer son petit de ne pas allez à la piscine demain après-midi parce que il ne veut pas mettre son pantalon ce matin. 

  • La contradiction entre parents: vous n’êtes pas d’accord avec votre conjoint(e) sur son attitude face à l’enfant en crise. Prenez votre mal en patience et discutez-en après, à l’écart de l’enfant. Trouvez des compromis sur les limites à fixer selon vos valeurs.

Partagez vos difficultés avec vos amis(ies)! Tout le monde passe par les mêmes moments. Cela déculpabilise de ne pas savoir comment arrêter “cela” et au final on trouve cela presque amusant. 

L’EQUILIBRE FAMILIAL EST A LA PORTEE DE TOUS

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