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Enfants en opposition, les 3-7 ans

Enfants en opposition, les 3-7 ans

Comportements de recherche d’attention

 Une maman fait appel à mes services car, me dit-elle, sa petite fille de 6 ans adorable  le matin au réveil  devient insupportable après l’école et ce jusqu’au moment d’aller se coucher.

 Je constate que cette petite fille, très autonome, est tout à fait capable le matin de s’habiller toute seule, de prendre son petit-déjeuner en compagnie de sa soeur aînée. Elle sollicite sa maman pour l’aider à se coiffer avant d’aller à l’école et s’en va de bonne humeur non sans oublier d’embrasser sa maman.

 Le midi, c’est la Grand-mère qui l’accueille pour repas. Après l’école, elle passe chez sa voisine qui lui donne le goûter et commence parfois les devoirs avec elle, bien que la préférence soit de jouer avec sa soeur ou les voisines de l’immeuble dehors.

 La maman arrive du travail vers 17h00 et récupère ses filles chez la voisine.

 A peine la porte de l’appartement est-elle passée que la petite commence à se disputer avec sa maman. Elle lui répond agressivement, fait tout le contraire de ce qu’elle lui demande, court partout dans la maison au lieu de faire ses devoirs, discute âprement chaque demande, refuse d’aller dans son bain ou alors appelle sa mère toutes le 3 min, impose ce qu’elle désire manger, fait plier sa maman pour regarder les dessins animés en même temps qu’elle fait ses devoirs )ou en lieu et place.

 Le moment d’aller au lit est tout aussi pénible et peut durer jusqu’à 22h00.

Epuisée la maman tombe sur le canapé quand cela s’arrête enfin et se met à pleurer en pensant à tout ce qu’elle a à faire encore avant d’aller se coucher elle-même.

 

Comment cette petit fille peut-elle passer de l’enfant sans problème à cette petite fille qui semble faire de sa maman absolument ce qu’elle veut.

 

Nous sommes ici face à une situation qui se rencontre très souvent: l’enfant en demande d’attention intensive. 

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Chez les plus petits ne sachant pas encore s’exprimer suffisamment cela se manifeste de différentes manières comme:

 

  • simuler des pleurs
  • tirer les habits de l’adulte ou le bras de manière répétitive
  • appeler son parent sans raison apparente (surtout lorsqu’ils sont déjà couchés)
  • courir à travers l’appartement et se rendre inatteignable
  • jouer très bruyamment
  • embêter le petit frère
  • pleurnicher, crier

 

Dans le cas qui nous occupe, la petite fille s’arrange pour que sa mère n’ait pas un seul instant sans être occupée par elle; en manque de la présence de maman à cause de l’organisation de la journée, la petite ne trouve pas d’autres moyens pour accaparer sa Maman que d’occuper l’espace physique et sonore quitte à recaler sa soeur qui, de fait choisit de s’effacer.

 

Pourquoi les enfants utilisent de tels moyens pour demander de l’attention jusqu’à en rendre “dingues” les parents, et pourquoi finalement les parents cèdent et accèdent aux demandes de leurs enfants, au risque de perdre toute crédibilité.

 

La première chose à noter pour rassurer tout le monde est que  ces comportements de recherche d’attention des jeunes enfants jusqu’à 7 ans est tout à fait normal.

 

A cet âge les enfants ont beaucoup de raisons d’avoir besoin d’attention ou d’être rassurés: ils s’ennuient, ils ont faim, ils sont fatigués, sont parfois frustrés sans savoir pourquoi; ils ont passé la journée à la garderie, à l’école, chez la maman de jour.; ils ont dû s’adapter à plein de personnes différentes, essuyer des refus, peut-être ont-ils été blessés par des copains d’école, bref des tas de sentiments différents tout au long de la journée. Ils ont parfois des sensations physiques bizarres, parfois des douleurs car ils grandissent; bref les raisons d’avoir besoin de l’adulte sont multiples.

 

Le problème c’est que à leur âge ils ne sont pas encore en mesure de décrypter leurs besoins, de les classer, ni de les articuler avec un comportement visant à les satisfaire. De fait il leur est très difficile de les exprimer. Sinon que depuis tout petit ils ont appris que pleurer, “chouiner” crier attire l’attention de l’adulte qui finit toujours par prendre soin d’eux. Le plus simple est donc de solliciter cette attention, de manière répétitive et bruyante voire agressive.  

 

C’est alors que les parents peuvent mesurer quel type de communication ils ont instauré ou veulent instaurer entre eux et leurs enfants.

 

L’enfant se programme mentalement à chaque fois qu’il reçoit une réponse à sa demande. Rapidement il va mémoriser le schéma: mon désir-mon comportement-la réponse reçue et  va utiliser la stratégie qui fonctionne le mieux et le plus souvent. 

 

Les enfants qu’on “désigne” comme “tyrans” sont des enfants qui ont appris que crier permet de tout avoir et de crier plus fort permet d’avoir encore plus rapidement; leur puissance est proportionnelle à l’attitude de retrait ou “d’abandon” de son parent.

 

L’important ici est donc bien plus d’apprendre à réagir à ces manifestations plutôt que d’essayer de comprendre les raisons précises de leurs agissements. 

 

Que faire? 

 

Etre patient: considérez votre enfant pour ce qu’il est : un petit vous, un petit être humain en apprentissage.

Dans ce sens connaître ce que votre enfant est capable de faire au regard de son développement est une réelle aide pour comprendre. Cela n’implique pas que vous acceptiez tout sous prétexte que son développement ne lui permet pas de faire différemment;

cela implique seulement que vous ne prenez pas son attitude comme un moyen de vous mettre à bout, mais une conséquence de son immaturité mentale et affective. Cela va vous aider parfois à

Ignorer ses comportements. Ignorer ses simagrées et ses crises. Ignorer ne signifie pas faire la sourde oreille. Ignorer signifie passer par dessus le comportement pour se concentrer sur les raisons, ses besoins. Cela vous permet alors d’

Etre en empathie. Reconnaître son état. C’est capital. C’est LA clef qui fait 90% du temps toute la différence. 

Même pour nous cela fait une énorme différence; si notre conjoint(e) nous dit, lorsque nous sommes irritables: je sais chéri(e) tu as beaucoup ces temps et t’aurais besoin d’un break. » au lieu de « t’as pas besoin de t’énerver comme cela!! « 

Exemple: je vois que tu aimerais que je t’écoute; mais quand que tu me parles sur ce ton, je n’entends rien.

Exemple: c’est ok d’être fâché, et je vois cela. Crier ne t’aide pas. Si tu as besoin de crier tu peux le faire, mais pas juste là dans mes oreilles.

Si l’enfant continue vous pouvez vous permettre d’ignorer dès que vous avez signalé à votre enfant que vous avez reçu sa demande d’attention. Cependant soyez sûr(e) que l’enfant ne se sente jamais rejeté.

Exemple: j’ai bien compris que tu aimerais que je joue avec toi, et j’ai bien envie aussi. Avant cela, j’ai besoin que tu te calmes. Dès que tu te sens prêt tu viens me chercher; en attendant, je retourne à ce que je faisais. Je t’attends.

Différencier la simple demande d’attention du réel besoin d’urgence,

Vous n’êtes pas tenu de donner satisfaction immédiatement lorsque la demande d’attention surgit. Plutôt l’enfant apprend à attendre un peu le mieux il saura gérer ses  demandes et par la suite à y répondre parfois par lui-même.

Cependant l’enfant doit aussi apprendre à faire la différence entre “avoir besoin de Papa ou Maman en urgence” car il est soit en danger soit en réelle mauvaise posture et “ j’aimerais bien que Papa ou Maman vienne me donner un coup de main” ou encore “ cela me ferait plaisir que Papa ou Maman s’occupe de moi ou joue avec moi”. 

Quand ces différents niveaux de besoin d’attention sont clairs dans la tête des parents alors ils sont en mesure de les enseigner aux enfants.

Exemple: je veux bien t’aider à ranger ta chambre; donne-moi 10 min et j’arrive. Tu peux commencer.

Et bien sûr vous tenez vos promesses. Rien de plus frustrant pour les enfants lorsque Papa ou Maman ne font pas ce qu’ils disent… d’autant que eux! attendent de moi que je fasse ce qu’ils demandent.

Exemple: quand tu cries comme cela comme si quelque chose de grave t’étais arrivé cela me fait très peur. Tu sais que je viens si tu m’appelles, même si tu dois attendre 1 minute. S’il te plaît, tu veux bien ne plus m’effrayer comme cela?

 

Etablir des règles de conduites claires avec vos enfants. 

Certes on peut répéter chaque jour: stpl ne me crie pas dans les oreilles, essaye de m’expliquer au lieu de pleurer etc.

L’enfant ayant besoin de temps pour intégrer et acquérir le comportement attendu, l’enfant ayant besoin de cette phase, répéter va vous fatiguer, vous agacer et finalement, lassés, vous allez vous aussi avoir besoin de vous énerver.

Etablir des règles de conduite valables pour tous en tout temps, permet de se libérer un peu de cette contrainte de la répétition. Elles deviennent alors les valeurs de la maison, et tout le monde appartenant à cette famille ou vivant dans cette maison (de manière permanente ou occasionnelle ) respectent ces valeurs, ces règles de conduite. Il n’empêche qu’il faut les apprendre et les intégrer. 

Les règles de conduites peuvent faire l’objet d’une Charte valable et visible par tous les Membres de la famille à laquelle vous renverrez vos enfants plutôt que répéter les choses indéfiniment.

Construisez-la avec vos enfants plutôt que de l’imposer (qui revient au même que de crier! Tout aussi inutile et sans portée dans le temps).

En y participant les enfants s’y engagent aussi car ils se sentent concernés. Exposez la Charte à un endroit où tout le monde la voit, le plus souvent possible. Même si l’enfant ne sait pas lire il se souviendra de ce qu’elle signifie. On peut également (et c’est vivement conseillé! ) l’agrémenter de dessins explicites.

La Charte une fois établie, acceptée et exposée, elle devient valable pour TOUS les membres de la famille, parents compris!!

 

Exemples de choses qui peuvent paraître dans la Charte:

  • Eviter de crier, choisir de parler
  • Ecoutez la réponse avant de s’énerver
  • S’aider les uns les autres lorsque cela est possible

Pour la rendre accueillante et augmenter le sentiment d’appartenance on peut l’intituler par exemple: Dans notre maison, ou chez les …. ,  ! Agrémenter de couleurs, d’un soleil, de symboles de bonheur et de joie de vivre.

 

Expliciter les attentes: dites à vos enfants ce que vous souhaitez et dites leur pourquoi. :

Exemple: « je voudrais pouvoir parler avec toi plutôt que crier ensemble. Lorsqu’on crie tous les deux on est triste tous les deux.  j’aimerais que tu sois heureux, j’aimerais être heureuse, j’aimerais que tout le monde soit heureux.” 

Exemple: “J’aimerais que tu me laisses du temps pour terminer ce que je fais, comme cela j’aurai du temps pour m’occuper de toi ensuite. “

Exemple: “Quand tu cries cela me fait mal aux oreilles, Crier ne me fait pas venir plus rapidement, alors je préfères que tu attendes gentiment”

 

Etre consistant. la régularité est la clef pour un apprentissage en profondeur. C’est difficile pour les parents, cependant cela assure des comportements positifs de la part des enfants. 

Une fois c’est oui, une fois c’est non. C’est d’abord non puis finalement c’est oui. L’enfant ne sait jamais à quoi s’attendre et exprime ce sentiment d’instabilité et l’inconfort qui en résulte pour lui par des cris, des mots parfois cruels, à l’extrême des coups. “Je te montre comment ça me fait mal de ne pas savoir où tu es, ni ce que tu veux répondre ou décider pour moi.” 

Etre consistant signifie, rester sur ses paroles, quitte à souffrir de voir son petit en pleurs, ou insatisfait. Etre consistant signifie savoir ce qu’on veut transmettre comme valeur. Etre consistant signifie être en accord avec soi-même;  Etre consistant c’est savoir montrer une image de solidité face à ses enfants, même si au fond de nous, nous sommes en doute. Etre consistant c’est se soutenir entre parents face à l’enfant même lorsqu’on est pas d’accord. 

Les remises en questions doivent se faire pour soi-même, à l’écart des enfants et aboutir sur de nouvelles résolutions ou prises de décisions dont on est convaincu.

 

Donner de l’attention à l’enfant. Finalement c’est bien cela qu’il s’agit de faire.

Donner du temps de qualité plutôt que de la quantité. 

Beaucoup de parents sont occupés en journée par les activités professionnelles. 

Au retour du bureau, au retour de la crèche ou du lieu d’accueil de jour, il y est PRIMORDIAL d’être totalement attentif à votre enfant. Avec les plus grands, trouvez un moyen de passer du temps avec eux;

 

Le réflexe est souvent de:

  • préparer le repas,
  • faire les devoirs
  • prendre le bain
  • préparer les affaires de demain
  • regarder un peu la télé
  • brosser les dents

DODO…..

Le tout sous un rythme effréné car dans l’idéal tout et tout le monde doit être rangé à 20h00 soit 3 heures après être arrivés!!

Fatigués vous-mêmes, les cris, les bagarres entre frères et soeurs, les « c’est pas bon, je veux ce dessin animé, j’arrive pas à faire mes devoirs, je prendrai ma douche demain, etc… »

tout ressemble à des montagnes ou en tous les cas sont autant de gouttes qui font déborder un votre vase déjà plein.

Il vaudra toujours mieux 30 minutes intensives avec l’entier de votre attention et de votre amour que 3h à être là en attention alternative: je t’écoute, je ne t’écoute plus, je t’écoute mais je fais autre chose aussi. Je te parle depuis l’autre bout de l’appartement etc.

 

Relire: l’Article: Dire je t’aime, passer du temps de qualité.

 

A éviter:

Crier aussi: à ce jeu, l’enfant gagnera ou si c’est l’adulte c’est qu’il effraye plus l’enfant qu’il ne l’éduque.

Comme vu plus haut, le risque est de construire un mode de communication basé sur les cris. D’où la remarque entendue parfois: dans notre famille tout le monde s’engueule tout le temps, on ne sait pas faire autrement, mais on s’aime quand même ». 

L’amour n’est pas remis en doute ici. Mais ce mode de communication est fatiguant et cause des blessures dont le plus souvent, personne ne parle.

Culpabiliser les enfants: les enfants ne sont ni coupables de ce que leur développement ne leur permet pas de faire, ni de ne pas savoir ce qu’on leur a pas enseigné.

Pousser ses propres limites à l’extrême en acceptant tout de ses enfants par peur d’être jugés. Vous risquez le burnout, la dépression, la perte de confiance en vous etc. Presque tous les parents passent par là; alors personne n’attend de personne qu’il soit parfait(e).

Préférez partager vos difficultés que tout essayer par vous-mêmes ou souffrir en silence.

 

En conclusion: 

Les comportements de recherche d’attention peuvent être harassants et difficiles à supporter pour les parents.

Souvenons-nous à la fin de chaque journée que tout cela est totalement normal:

les comportements comme les sentiments de fatigue et de découragement.

Egalement que c’est une étape obligatoire du développement de l’enfant et que cela va passer. 

Avec suffisamment de conscience, de consistance et d’amour, en prenant la peine d’expliquer vos attentes et de les clarifier sans cesse, vos enfants vont se développer  harmonieusement, apprendre de vous, d’eux-mêmes et finalement vous apporter tout le bonheur du monde en retour de vos efforts. 

Pensez à vous récompenser vous-mêmes aussi chaque fois que vous observez que vos efforts ont porté vos enfants plus loin. 

 

 

Maman j'ai besoin de te dire quelque chose Maman j’ai besoin de te dire quelque chose

 

 L’EQUILIBRE FAMILIAL EST A LA PORTEE DE TOUS

 

N’hésitez pas à poster vos commentaires, questions ou compléments d’informations.

 

MH

 

Enfants en opposition: stade normal de développement? Problème d’éducation ou trouble psychologique?

Enfants en opposition: stade normal de développement? Problème d’éducation ou trouble psychologique?

Cette semaine nous allons traiter le sujet délicat et si prenant pour les parents, de l’opposition chez l’enfant.

I.Phase du non

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Dès l’âge de 18 mois environ, l’enfant prend un certain pouvoir sur son environnement en général et sur son entourage en particulier: il marche et il parle. Deux compétences essentielles pour le début de l’autonomie et de l’affirmation de soi.

il commence à vouloir faire des choses par lui-même, il décide d’en faire sans demander d’aide; il s’impose dans ses désirs, peut se montrer intransigeant avec les autres enfants, faisant comme si tout était à lui; s’il a découvert vers 8-10 mois qu’il est un être différencié de sa maman et des autres membres de la famille, il en acquiert la conviction et commence à en comprendre les bénéfices.

C’est dans cette phase et jusqu’à presque 3 ans que l’enfant se met à dire non à tout! 

  • Il dit non à tout ce que vous lui demandez
  • Il répond par la négative à toutes les questions
  • Il refuse de s’assoir dans son siège auto
  • Il refuse de mettre ses chaussures
  • Il refuse de donner la main
  • Il refuse de mettre sa casquette alors que le soleil tape, de prendre le bain, de manger son assiette, d’aller au lit, de, de , de …… du matin au soir!!!

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La découverte de ce pouvoir qu’il peut avoir sur les adultes qui l’entourent, en particulier ses parents ou ses grands frères et soeurs peut vite devenir un enfer si on en comprend pas les tenants et aboutissants et donc qu’on ne sait pas comment y réagir.

  • Dire non lui permet de tester les réactions. Tester dans le sens expérimental, puis si les limites n’arrivent pas ou de manière irrégulière et incohérente, dans le sens “jusqu’où et pourquoi” Pourquoi parfois Maman se fâche et parfois pas; par essais répétitifs l’enfant essaye.
  • Dire non lui permet donc de comprendre les règles de conduite, les règles de communication avec ses parents.
  • Dire non permet à l’enfant de se situer dans le jeu relationnel des membres de sa famille et de se faire sa place.

Même si cette attitude répétitive devient très fatigante et irritante le mieux est de prendre cela avec recul, sachant que cela ne dure qu’un temps, pour autant bien sûr que les limites soient fixées. Oui mais comment ?

Extérieurement: 

  • Regardez toujours votre enfant pour ce qu’il est: un tout petit être humain en train d’apprendre.
  •  Acceptez qu’il a besoin de ces manifestations bruyantes pour passer au stade suivant, ça veut dire
  • Laissez le crier, s’énerver tout en sachant faire deux choses essentielles:
  • Confirmez et reconnaissez ses sentiments: je vois et je comprends que tu es en colère, cependant je ne changerai pas d’avis.
  • Ne vous laissez pas intimider par les regards désapprobateurs de gens lorsque vous êtes à l’extérieur. Ces regards ne sont pas vraiment des critiques; les gens se sentent mal à l’aise eux-mêmes par l’énergie dominatrice de l’enfant; ils cherchent juste à se débarrasser de ce sentiment désagréable et passent donc par vous! Dites-vous à ce moment: mon enfant apprend, l’important c’est ce que je lui enseigne pour son bien-être.
  • Dédramatisez et sachez parfois dire ok: non!

Intérieurement: 

  • Pensez avant de fixer une limite, au sens de votre limite puis n’en changez plus.
  • Départagez votre état émotionnel de celui de votre petit: sa colère n’est pas la vôtre. Il fait une montagne d’un rien: n’en bâtissez pas une autre en face de lui.
  • Restez calme, ce qu’il fait est normal; que vous vous mettiez à crier ne l’est pas. Quand l’agacement est trop fort
  • Prenez quelques minutes pour vous: demandez à votre conjoint de prendre le relais, allez à la salle de bains regardez-vous dans la glace et dites vous que ça va et rigolez avec vous-mêmes, regardez loin dehors et respirez profondément, entonnez votre chanson préférée, etc….

Avec votre enfant: 

  • Restez en contact avec votre enfant dans sa crise. Cela veut dire restez attentif à l’évolution, gardez une juste distance physique et émotionnelle avec lui, et lorsqu’il est calmé, 
  • Parlez avec lui, elle. 
  • Ne lui faites pas de reproche car il sort d’un moment éprouvant.
  • RECONNAISSEZ TOUJOURS son sentiment de colère, puis 
  • Expliquez lui les raisons de votre prise de décision avec douceur et bienveillance.
  • Différenciez votre état émotionnel du sien. Exemples: “ je ne suis pas en colère, je ne veux pas te mettre en colère; je dois juste te montrer ce que tu peux faire et ce que tu ne peux pas faire. Et là…… ça tu ne pouvais pas faire. Je ne peux pas accepter que tu me parles comme cela, que tu cries comme cela au magasin etc…
  • Exprimer des paroles visant à encourager, renforcer et apaiser. Je suis contente que tu te sentes mieux.   Je vois que tu comprends mieux et je suis très fier(e). Tu es un super petit garçon, une super petite fille. Je t’aime très fort. » etc

A éviter absolument: 

  • toute parole culpabilisante : « t’es  insupportable ! » (c’est vous qui ne supportez pas), « tu es méchant »: (il n’y aucun intention méchante dans le comportement du tout petit), tu m’énerves etc.
  • toute parole dévalorisante: à ton âge…ton frère ta soeur est plus gentil(le),  t’es qu’un bébé (eh ben oui c’est un bébé!)
  • les menaces: « tu vas voir quand papa va revenir » (met Papa dans une position de méchant potentiel et apprend à l’enfant à en avoir peur), « si tu n’arrêtes pas je t’en mets une… » etc. Même si vous ne le faites pas, votre ton et votre regard trahissent votre colère et effraye votre petit. Cela fragilise la relation au lieu de renforcer la confiance qu’il a en vous. 
  • les promesses de punition décalée dans le temps: « on ira pas à la piscine demain, tu n’auras pas de glace au dessert,  (de surcroit quand de toutes les manières vous ne les tenez pas)

Votre tout petit n’a aucun moyen de se projeter dans l’avenir. Ce qu’il vit, il le vit intensément et maintenant. Il ne fait aucun lien entre “être en colère maintenant” et “ne pas aller à la piscine demain.” C’est aussi saugrenu pour lui que si on vous disait “si vous ne vous calmez pas “(parce que vous êtes fâchés qu’on ouvre pas une caisse supplémentaire alors que la queue est longue comme pas possible,) quand vous aurez 40 ans (alors que vous avez 25) vous ne pourrez plus aller au cinéma. Cela n’a aucun sens ? Ridicule me direz-vous! Et bien ni plus ni moins que de menacer son petit de ne pas allez à la piscine demain après-midi parce que il ne veut pas mettre son pantalon ce matin. 

  • La contradiction entre parents: vous n’êtes pas d’accord avec votre conjoint(e) sur son attitude face à l’enfant en crise. Prenez votre mal en patience et discutez-en après, à l’écart de l’enfant. Trouvez des compromis sur les limites à fixer selon vos valeurs.

Partagez vos difficultés avec vos amis(ies)! Tout le monde passe par les mêmes moments. Cela déculpabilise de ne pas savoir comment arrêter “cela” et au final on trouve cela presque amusant. 

L’EQUILIBRE FAMILIAL EST A LA PORTEE DE TOUS

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Mon enfant argumente pour tout

Mon enfant argumente pour tout

Mon enfant argumente pour tout! Que faire?

Je n’ai malheureusement pas trouvé de vidéo en français aussi parlante que celle-ci.

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Ce n’est pas très important de comprendre ce que dit ce petit garçon mais bien plutôt de comprendre comment il mène la conversation, comment la conversation évolue entre lui et sa maman, et comment sa maman cadre ce dialogue qui en fait ressemble plus à un jeu de rôle, un monologue commenté, qu’à une véritable conversation.

Dès que l’enfant possède suffisamment de vocabulaire pour être compris des adultes, il expérimente la conversation. Entre 24 mois en 3 ans les acquisitions de langage permettent à l’enfant de construire des phrases, d’adapter son niveau de vocabulaire selon son interlocuteur (il utilisera des mots plus simples avec les plus jeunes que lui), de varier les mots utilisés ou encore de développer des explications lorsqu’il ne se sent pas compris.

Certains enfants, se mettent alors à argumenter pour tout et rien. Parfois au détriment de nos oreilles, de notre saturation en matière de blabla incessants et de notre patience. D’où le risque de répondre de manière inappropriée à notre enfant qui ne fait rien d’autre que apprendre à discuter.

Alors comment comprendre ce comportement: Caprice? Caractère affirmé? ou jeu relationnel?

Voyons ce qui se passe dans cette vidéo.

Le contexte: la Maman a dit non pour un Cupcake mais apparement le petit est allé le demander à sa Grandmère. La Maman pas très contente de cette démarche, le lui fait savoir et réaffirme le fait qu’elle a dit non.L’argumentation commence alors. Pas tant pour avoir un Cupcake mais bien plutôt pour expérimenter l’argumentation.

L’enfant ici est le plus souvent dans l’imitation: “Listen, listen to me. Ecoute, écoute moi”. C’est bien ce que dit sa mère ici présentement et certainement des dizaines de fois par jour.

Chacun demande à l’autre de l’écouter: symétrie! La Maman n’écoute guère plus que le petit!

Puis il appelle sa mère par son prénom: Linda puis par un petit nom : Honey, autrement dit: chérie! ce qui est totalement inapproprié à sa position d’enfant mais qui montre bien qu’il est dans un jeu de rôle, dans de l’imitation: soit de sa mère à son égard( effet miroir) ou de discussions entendues entre son père et sa mère ou d’autres personnes dans la famille.

Dans son argumentation le petit parle de choses qui n’ont rien à voir avec ce que dit sa mère; puis il parle de sa mère qui met tout par terre (montre la vaisselle dans le buffet) ou la table qu’il fait semblant de renverser; cependant il n’est pas dans la menace. Il est hors sujet!

Si on observe bien, rien dans son attitude montre qu’il soit en colère. Le Cupcake n’est plus l’objectif de la discussion. Le fait qu’il ferme les yeux, sa manière de poser ses mains sur ses hanches, le fait qu’il coupe sa maman lorsqu’elle tente de lui répéter qu’elle n’apprécie pas qu’il aille quémander ailleurs ce qu’elle lui a refusé, tout dans son attitude montre bien qu’il a compris et que l’argumentation qui s’en suit est plus un jeu pour rester dans la communication que une tentative d’extorsion de Cupcake.

A plusieurs reprises il répète mot pour mot ce que sa Maman dit: “I am done arguing with you!” “Je ne veux plus me disputer avec toi!” ce que le petit répète comme un automate; il entre des phrases type dans sa mémoire!

A ce stade de l’échange qui a commencé avant la séquence filmée ici, même s’il n’a pas perdu de vue qu’il désire un Cupcake, ce petit bonhomme est entré dans une autre phase du dialogue, alors que sa Maman reste sur son objectif. Le petit expérimente quelque chose auquel il a certainement assisté: la discussion animée entre adultes (dans laquelle chacun coupe la parole à l’autre pour tenter de faire passer son point de vue en force!) alors que la Maman insiste pour faire passer son message, malheureusement sans vérifier que son petit bonhomme l’a reçu 5/5!

Ce qui est intéressant de comprendre ici:

  • les objectifs de l’enfant et de la maman sont totalement différents.
  • alors que l’enfant joue, la Maman éduque
  • le jeu de communication comme le message éducatif (qui en soit est très bien énoncé) perdent  ici leur sens, comme leur portée.

Que faire dans une situation comme celle là ou lorsque votre enfant argumente?

  • Rester bien au clair sur le message qui a été transmis et ne pas en changer. Si vous avez dit non, c’est non (même si sous le charme de votre petit interlocuteur vous vous dites que….)
  • Ecoutez ET OBSERVEZ votre enfant dans son argumentation. Que dit-il, que dit-elle, quel est son ton, son attitude, ses gestes. Vous comprendrez très vite s’il l’enfant entre dans une phase de frustration ou s’il tente de continuer le dialogue.
  • Si elle ou il entre dans une humeur colérique alors reconnaissez sa frustration ( je comprends que cela te mette (un peu) en colère); redites-lui que vous avez décidé que c’était non,  donnez une raison, expliquez la brièvement et simplement, puis signifiez lui que vous n’allez pas changer d’avis, même s’il est triste (vous reconnaissez encore une fois son sentiment et sa légitimité!).
  • si cela ne suffit pas, tentez de détourner son attention sur autre chose; pour lui, elle, c’est tout un fromage mais pas pour vous! Alors banalisez et amenez, aidez votre enfant à passer à autre chose.
  • s’il entre en dialogue pour expérimenter l’argumentation: reconnaissez son désir: (je comprends bien que t’aies envie de discuter) et orientez l’argumentation: dans le cas qui nous occupe, la Maman aurait pu dire: « je t’écoute, je t’écoute, raconte moi!  Puis lui demander: et toi? as-tu compris ce que je t’ai dit?  » Captez son attention sur le fait que l’important pour vous c’est qu’il ait compris le message; s’il répond oui, alors demandez lui de vous expliquer à son tour. L’enfant risque de continuer son monologue, même s’il a su expliquer votre message, car à cet âge la transition d’une discussion vers une autre est très compliquée.
  • A vous de mettre un terme à la discussion. “Ok, je vois qu’on s’est entendu, je suis contente! (approbation+ renforcement positif!). Viens on va faire autre chose.” Ou posez-lui à votre tour une question inattendue. Interpellez-la, en l’appelant à votre tour par son prénom, ou son petit nom habituel; il, elle sortira de son personnage, pour se recentrer sur sa propre personne.
  • Si cela ne suffit pas, alors mettez-vous à sa hauteur, prenez le par la main, demandez lui de vous écouter et dites-lui: « tu m’as entendu, j’ai dit pas de Cupcake avant le dîner, je sais que tu m’as comprise, alors là je te demande d’arrêter cette discussion et si tu es d’accord on va faire autre chose. ok? » Surpris il risque de ne pas répondre ou de tourner la tête. Dites lui que vous avez adoré discuter lui, qu’il cause très bien et que vous aimeriez faire ou parler d’autre chose maintenant.(reconnaissance + renforcement positif de ses progrès en matière de communication)
  • Demandez-lui de partager un câlin, serrez le fort puis passez à autre chose. (la discussion est close, je ne suis pas fâchée, je t’aime comme tu es)

Gardez toujours à l’esprit:

  • Il est normal qu’entre 3-5 ans les enfants argumentent. Ils ne font qu’utiliser leur vocabulaire pour se faire comprendre et essayer d’intégrer les règles et les codes de communication. Ces argumentations leur permettent aussi de se situer face à l’autre et de tester leur capacité à se faire comprendre. Pour s’approprier ces codes, ils imitent, il répètent ce qu’ils entendent et expérimentent. A nous de les guider dans cet apprentissage.
  • Ce genre d’échange est constructif pour l’enfant, tant que le parent le maîtrise: c’est à-dire tant que le parent ne cède pas, agacé par les arguments de son enfant, ou que le parent n’entre pas en symétrie en s’énervant parce que l’enfant ne cède pas.
  • l’enfant ne cherche pas à vous défier! l’enfant cherche soit à satisfaire son envie, soit à baisser sa frustration ou alors tout simplement à communiquer.
  • vous n’avez AUCUNE RAISON de changer d’avis si votre décision est censée et réfléchie.
  • le maître du dialogue c’est vous! c’est vous qui connaissez les moyens de poursuivre, d’arrêter, ou d’orienter une discussion. Votre enfant ne fait que apprendre.
  • l’imitateur c’est l’enfant! pas vous! S’il fait une montagne pour un rien nul besoin de le suivre sur sa montagne ou d’en construire une autre en face!
  • Mettez-vous à sa hauteur pour lui parler! Pourquoi? Imaginez-vous en train de demander ou de négocier une augmentation de salaire avec votre patron qui mesurerait 2m et qui de plus serait perché sur un tabouret!  C’est la vision que votre enfant de 3 ans a de vous lorsque vous êtes debout face à lui!
  • Quoiqu’il en soit restez calme !

Si votre enfant est le roi de l’argumentation c’est qu’il possède une nature communicative et qu’il aime cela! Le couper systématiquement risquerait de stopper cette énergie communicative; le laisser sans limite l’empêcherait d’apprendre à structurer et gérer ce besoin impératif de communiquer; le guider dans cette compétence lui garantit d’en faire un atout majeur dans son futur rapport aux autres.

Dans un autre article nous aborderons l’opposition systématique, et l’argumentation et la négociation lorsque les enfants sont plus âgés. Notamment à l’adolescence.

N’hésitez pas à laisser un commentaire ou à poser des questions.

MHM

Les petits enfants n'ont pas d'intention négative à l'égard des parents

Les petits enfants n'ont pas d'intention négative à l'égard des parents

Mais il, elle le fait exprès pour me faire enrager !! Il me déteste! Il me cherche!

Qui n’a pas pensé une telle chose de  sa petite créature qui aligne les bêtises du matin au soir.

 

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Mais voilà ! Tout ceci n’est autre que la conséquence directe du développement de la partie de son cerveau appelée cortex préfrontal.

Sans entrer dans un cours de neuro bio psychologie, juste dire ici que c’est la partie du cerveau qui permet la pensée logique, l’élaboration de stratégies ainsi que la prévision et la mesure des conséquences des actes. Cette aire est aussi le siège du contrôle des pulsions. (suite…)